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D.H.4tet : La poésie accueille le jazz (#2)

et le jazz s’y sent bien.

D 25 septembre 2012     H 17:34     A Alain Gauthier    


Les 21 et 22 septembre 2012, le batteur-leader Daniel Humair était sur la scène de la Maison de la Poésie à Paris avec son quartet 2012. Il présentait la musique qui figure sur son nouvel album, « Sweet & Sour ».
Les rédacteurs de CultureJazz.fr y étaient : Pierre Gros le 21 et Alain Gauthier le 22...
Une chronique de ces soirées en deux temps et trois mouvements !

Samedi 22 septembre 2012 - Maison de la Poésie, Paris

Voilatipas que la douceur de l’air, nonobstant l’arrivée de l’automne hier, n’a rien à envier au gris soyeux du ciel qui câline les toits du passage Molière. À l’heure de l’apéro et du verre de contact, le vivre ensemble déborde des terrasses en version française du paseo y vino y tapas.

Émile Parisien à Marciac - août 2012 -  voir en grand cette image
Émile Parisien à Marciac - août 2012
© Jean-Louis Neveu

À la Maison de la Poésie, le concert du soir fait comme une avant-première au mois dédié à « HOWL » d’Allen Ginsberg, traduit par Jean-Jacques LEBEL, ce jeune octogénaire qui traverse la contre culture depuis tant d’années ( à lire : Happenings de Jean-Jacques Lebel ou l’insoumission radicale ).

Donc un concert en deux parties.

D’abord le quartet d’Émile PARISIEN, lui-même aux sax ténor et soprano, Julien TOUÉRY au piano préparé ou pas, Ivan GÉLUGNE à la contrebasse et Sylvain DARRIFOURCQ à la batterie et cithare.
Une première pièce, Dieu m’a brossé les dents, nous cueille à froid dans le genre allonzy-les-gars, il-y-a-une-vie-après-l’Art-Ensemble-of-Chicago, la nostalgique musique de boîte à musique du piano et de la cithare laissant place aux cris free car dieu m’a brossé les dents jusqu’aux gencives avec sa brosse métallique. L’Émile nous montre son être-en-sax. Oui, ses petits muscles des doigts, extenseurs, fléchisseurs et abducteurs, sont reliés à ses pointes de pieds, à ses lombaires et l’orientation de son regard échappe à tout contrôle : droit sur l’au-delà. Il joue ou il danse ? Il habite son sax ou son sax l’habite ?

Chocolat Citron prend la suite et c’est rien de dire que le batteur touche sa bille.
Ce mec assure mieux que la mutuelle de mon voisin,
ce mec n’a pas de souci à se faire pour ses lendemains.
Treize pieds : juste une arythmie scripturale pour rendre compte du talent de ce mec. Béret bas !!

Une troisième et dernière pièce : Haricot guide ( Ha !! Rico guide !! ), hilarante, déjantée, épatante. Qui n’est pas sans rappeler Brilliant corners par ses changements de rythme incessants : spidou, lentissime ( des Pyrénées ), normalou, normalou, spidou avec une conclusion à la basse qui évoque le poor lonesome cowboy qui s’éloigne là-bas, là-bas, là-bas ou peut-être un bluesman on the road again, sa gratte sous le bras.

Magnifique quartet, équilibré, survitaminé, bourré d’idées. Merci les gars. À se revoir soon.

Le jeune Daniel HUMAIR ( la jeunesse est un état d’esprit, susurre ma voisine trentenaire ), prend la suite avec son « New Reunion Quartet : Sweet and Sour » : lui-même à la batterie, Émile PARISIEN au sax soprano, Vincent PEIRANI à la boîte à frissons et Jérôme REGARD à la contrebasse.

Daniel Humair à Marciac - août 2012 -  voir en grand cette image
Daniel Humair à Marciac - août 2012
© Jean-Louis Neveu

Après Humair et son Baby Boom, après Humair poussant fort derrière Dave Liebman et Jean-Charles Richard, le voici embarqué dans une nouvelle aventure musicale et humaine. Il le dit lui-même : « Nous tenons Vincent, Emile, Jérôme et moi, à éviter les aimables relectures de pièces bien rodées ainsi que les effets « grosses ficelles » qui fonctionnent et assurent le succès facile d’une musique trop proche du commerce, car nous avons la certitude que, pour continuer à faire vivre le jazz, qui est quand même la musique la plus libre par la large place faite à l’improvisation, il faut sortir d’une routine imposée, prendre des risques, s’égarer quelquefois, profiter de ces égarements pour affiner nos propositions, sans pour cela s’interdire d’interpréter à notre manière, quelques mélodies qui inspirent et séduisent ou de belles compositions d’autres musiciens. »

Voilà, c’est dit.

L’Émile et le Vincent occupent le devant de la scène et ce dernier est insolent de facilité, limite indécent. Un petit bal un de ces soirs avec le répertoire revisité façon Peirani ? Une valse, une marche où une escorte d’écossais enkiltés s’évanesce devant nos yeux, des duos dans le quartet, des soli, de l’a capella, ils nous font tout.

Daniel HUMAIR – PARISIEN – REGARD – PEIRANI : « Sweet & Sour » voir en grand cette image
Daniel HUMAIR – PARISIEN – REGARD – PEIRANI : « Sweet & Sour »
Label Laborie / distribution Abeille Musique

L’air gourmand d’un matou prêt à tout, Humair tient la baraque d’une baguette déterminée même quand les uns ou les autres cherchent une partition qui, mais c’est bien sûr, doit se trouver dans le coffre du scooter...
Seul le bassiste semble un peu en retrait, avec une discrétion louable.

Rappel : une pièce de François Jeanneau, déjà jouée en 1912 ... et dehors, la douceur de l’air tape l’incruste dans la nuit d’ici, les trottoirs continuent de déborder, on est passé du verre de contact au verre luisant. La vie, quoi.


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