« Le jazz tisse sa toile... »
Vous êtes ici : Accueil » Sur scène » Sur scène en 2012 » Francesco Bearzatti & Bruno Tocanne au collège.

Francesco Bearzatti & Bruno Tocanne au collège.

Le 30 novembre 2012 à Lyon dans le cadre du LS JAZZ Project 2012/2013.

D 7 février 2013     H 08:20     A Marceau Brayard    


Pour cette deuxième soirée de l’édition « The LS JAZZ Project 2012/2013 » au Collège Jean Baptiste De La Salle (Lyon), nous retrouvions le 30 novembre 2012, le batteur Bruno Tocanne avec le clarinettiste-saxophoniste Francesco Bearzatti.
Cette combinaison à deux, installait son décor avec ses propres repères, émancipés de toutes contraintes. Ils se consacraient à une appropriation active, redoutablement efficace, pour faire surgir des univers comportant des accents d’une familiarité croissante. En opposant des références d’une éloquence diversifiée, ils surplombaient ainsi un dépaysement constant, avec l’énergie d’une fanfare libertaire.
Dans cette connivence, ils se remémoraient les opulences de la pop-music. Ne censurant rien de ces pépites volcaniques ordonnées qui s’ébranlaient jusqu’à dessiner des silhouettes aux corolles tropicales.

JPEG - 57.3 ko
Francesco Bearzatti & Bruno Tocanne : concert au collège (Lyon).
30 nov. 2012 - © Marceau Brayard

Ainsi ils nous propulsaient vers une géographie musicale, qui insufflait une certaine ouverture d’esprit, surement étrangère à tous ceux qui construisent un monde hermétiquement clos autour d’eux, avec des barrières et des murs. Ce promontoire d’universalité submergeait la conception culturelle avec cette pensée aventureuse. Ils habillaient l’espace de ce discours soiffard qui donnait un sentiment tranché à leur élévation.

Bruno Tocanne pouvait infliger à ses cymbales quelques horions des plus retentissants, qui propageaient une illustration passionnelle. Il provoquait des claquages de nuances, dans lesquelles on transitait par des phases orageuses. Le calme effaçait la tempête.
Ce soir-là, il lui fallait concilier avec un partenaire devant lequel il devait déployer tout son bailliage rythmique. Pour se loger dans cette architecture où il traçait la pression nécessaire à ce doublet, cette confluence torrentiellement endiablée.
Nous emmagasinions cette charge qui s’imbriquait dans l’attente de ce que l’autre allait produire. Les ruptures pondérées venaient se fondre à la perspective nourricière que partageait ce duo au centre des schèmes d’actions inédites. Le subterfuge électronique transformait le son du saxophone ténor en guitare saturée. Talonné par la batterie qui arpentait longuement sous ce boisseau obsédant.

Francesco Bearzatti cohabitait avec ses instruments entre l’élan et l’impulsion. Le cadre vierge de cette audace impliquait une pleine créativité d’instrumentiste. Pris entre ses deux tubes, il s’évadait avec cette soif d’exil à venir se délivrer ainsi de toutes les formes musicales sédentarisées. Il ouvrait les portes qui conduisaient à une croyance impénétrable vis à vis de son ressenti musical personnifié, des plus permissifs.
Souffleur à mille effluves kaléidoscopiques, il poussait des sessions explosives jusqu’à l’extrême aplomb. Avec cette personnalité il devenait ce génial expérimentateur qui vous entrainait vers son monde, éclairant sa vision de grands pans des courants tendanciels des trente dernières années.

Tout était inventé sur place. Cela tombait bien puisque l’écrivailleur a horreur de recopier les titres qui lui sont dictés depuis la scène, pour faire croire à celui qui va le lire, qu’en bon spécialiste il connait toute la musique.

Ce ne fut pas un affrontement entre eux deux mais une construction, avec une bonne partie d’auto-stimulation, pour aller puiser une mécanique productive extrême, du coffre-fort mental. Avec cette porosité limitrophe de genres de styles de langages, qui contribuèrent à donner du sens à la jonction d’un no man’s land imaginaire.

Les yeux écarquillés du jeune public laissaient entrevoir des regards d’enfants émerveillés. Leur curiosité fut grandissante et ils en réclamèrent bien au-delà du raisonnable. Emportés par ces accélérations, dans ce temps compté d’une soixantaine de minutes, où les vagues successives créaient de façon incessante, un tourbillon magnétique sur eux.

Collège Jean-Baptiste de La Salle - Lyon (69) - le 30 novembre 2012.
Bruno Tocanne : batterie / Francesco Bearzatti : clarinette et saxophone ténor.


À lire aussi sur CultureJazz.fr :


> Liens :

Prochains concerts à Lyon, en Rhône-Alpes et dans toute la France ?
>AGENDA de CultureJazz.fr !

Dans la même rubrique

28 février 2013 – D’jazz Nevers Festival 2012 (3è partie)

3 janvier 2013 – Cathala à Lyon : la marque de fabrique

27 décembre 2012 – Les « échappées africaines » du festival Africolor.

23 décembre 2012 – Verlaine les Airs

22 décembre 2012 – Dee Dee Bridgewater & China Moses à Lyon