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Susie ARIOLI à L’Européen

Une douce soirée, en cette veille de Saint-Valentin...

D 16 février 2013     H 23:25     A Philippe Paschel    


En première partie, une charmante jeune femme d’origine cubaine et répondant au curieux nom de NIUVER -qu’elle nous a épelé-, chanta en espagnol et en français de jolies chansons, s’accompagnant à la guitare, sur des rythmes sud-américains, aidée par un percussionniste muni d’un cajón et de bongos. site à consulter

Susie Arioli -  voir en grand cette image
Susie Arioli
Jazz à Vienne 2010

Après 20 mn d’entr’acte, qu’une partie du public commençait à trouver longue, le groupe de Susie Arioli entra en scène à 21.00.
Susie Arioli est une petite bonne femme à la chevelure noire en choucroute effondrée et portant lunettes, habillée d’une robe marron foncée élargie à la base, quelques 15 cm au-dessus du genou, robe portant quelques paillettes et sur laquelle se trouvait un chandail beige : l’allure d’une ménagère des années 50, fort différente de celle que pouvait laisser penser la photo du disque. Il faut un certain temps pour adapter ce visuel à la musique, d’autant qu’il faut aussi oublier la gestuelle un peu mécanique et omniprésente de la chanteuse, si typique des professionnels du spectacle d’outre-mer.

L’orchestre qui l’accompagnait se composait d’un bassiste parcimonieux et précis, d’un batteur discret et efficace, d’un saxophoniste ténor, à la sonorité fade et qui ne sut guère varier ses effets en fonction du répertoire, et enfin d’un guitariste omni-présent, bruyant, au jeu banal et à la sonorité vulgaire. Pour varier le spectacle, le batteur et le saxo s’éclipsèrent, et Susie Arioli s’accompagna elle-même aux balais sur une caisse claire, ce qu’elle fit excellemment.

Le répertoire est constitué essentiellement de ces grandes chansons américaines d’amour triste, -que l’on trouve sur son dernier disque “All the way”- mais aussi de chansons “pop” plus récentes, de chansons françaises “La Mer” (en anglais), “Nuages” (Django Reinhardt), “Je bois” (Boris Vian), et, pour terminer avec un peu plus d’enthousiasme, d’un vieux rock’n roll, qui déchaîna des mouvements convulsifs chez plusieurs spectateurs.

Susie ARIOLI : « All the way » -  voir en grand cette image
Susie ARIOLI : « All the way »
Jazz Village / Harmonia Mundi)

On retrouva les qualités de Susie Arioli : une diction impeccable, une voix homogène dans le médium, ce velours que l’on entendait malgré une sonorisation aigre. Ce n’est pas une chanteuse de jazz, son articulation droite la place parmi celles qui, utilisant quelques procédés du jazz, font vivre avec bonheur, et pour notre plaisir, ces chansons qui ont été transformées en standards par les musiciens de jazz -comme Liza Minelli, toute proportion gardée.
La salle en U de l’Européen, qui, en quelque sorte, enveloppe l’artiste, permet l’intimité nécessaire à ce répertoire et a permis au public, malheureusement clairsemé, de passer une douce soirée, en cette veille de Saint-Valentin.

> L’Européen, mercredi 13 février 2013 - 20h00
Jordan Officer (guitare) ; Bill Gossanger (basse), Tony Albino (dms), Cameron Wallis (saxophone ténor).


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