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URSUS MINOR au Périscope (Lyon)

Ça doit être ça le cosmos ?

D 2 avril 2013     H 15:37     A Yves Dorison    


> Lyon, le Périscope, 30 mars 2013

Tony Hymas, claviers et autres machines
François Corneloup, saxophone baryton
Grego Simmons, guitare
Patrick Dorcean, batterie

Invitées
Desdamona, chant
Ada Dyer, chant

Hug me please. -  voir en grand cette image
Hug me please.

Ursus Minor a invité la soul en la personne d’Ada Dyer et le Rap avec Desdamona, grande prêtresse du genre à Minneapolis. Étant entendu que le style Ursus Minor est la fusion des genres musicaux au service d’un collectif regroupant les talents autour de l’inamovible paire Hymas / Corneloup, nous ne fûmes pas surpris d’être encore surpris, étonnés d’être encore étonnés, avec ce concert dédié pêle-mêle à Prokofiev, les Pussy Riots, Jef Lee Johnson et les vaches de Notre Dame des Landes.

Ursus Minor a de l’énergie à revendre et sait la partager avec le public, public qui, soit dit en passant, le lui rend bien. Ursus Minor a de la musique à offrir et il le fait mieux que bien. Souvent la théorie corneloupienne expose le thème avant que le collectif l’explose ou plutôt le diffracte autour du noyau dur mélodique. À ce jeu, force est de constater que les musiciens et leurs invitées sont passés maîtres et, quel que soit le genre abordé, croyez-moi ça ratisse large, la marque de fabrique, le coup de patte de la petite ourse, se pose sur le blues, le rock, la soul, le rap ou les incantations très « preacher » d’Ada Dyer.
Grego Simmons en incendiaire hendrixien et François Corneloup en libertaire affirmé savent faire monter la sauce tandis que Tony Hymas et Patrick Dorcean bétonnent la base, ou la sapent selon le point de vue que l’on adopte.

Au final, on se trouve immergé dans un mouvement musical urbain empreint de raucité et d’urgence, un courant qui ne cède rien et s’affranchit des codes de bonne conduite en portant haut le message universel dénonçant les affres de nos sociétés consuméristes où le profit a pris, depuis longtemps déjà (depuis toujours ?) le leadership sur l’humain.
Il est salutaire de croire encore aux vertus de la musique, et de l’art en général, comme vecteur des émotions et des revendications de chacun à mieux vivre son passage terrestre.
Donc Ursus Minor a raison.
Alors, même s’il nous arrive de nous interroger sur l’efficacité de cette démarche, René Char nous rappelle que «  le doute est à l’origine de toute grandeur » et nous restons convaincus de son bien-fondé.
Mais quelqu’un en doutait-il ?


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