« Le jazz tisse sa toile... »
Vous êtes ici : Accueil » Archives » [archive CD 2005] Yves Rousseau quartet : Sarsara

[archive CD 2005] Yves Rousseau quartet : Sarsara

D 10 janvier 2013     H 15:43     A Thierry Giard    


Les archives de CultureJazz !
Chronique publiée sur CultureJazz.net en juin 2005

> Yves Rousseau -contrebasse- ; Jean-Marc Larché -saxophone soprano- ; Régis Huby -violon, violon ténor- ; Christophe Marguet -batterie, percussions-

> © 2004 - Le Chant du Monde CDM063

Soit, ce disque n’est plus une nouveauté toute chaude. Paru il y a quelques mois, il a déjà été souvent chroniqué, critiqué. Cependant, la bonne musique est trop sérieuse pour être traitée à la va-vite. Il est préférable de la laisser s’épanouir dans nos oreilles. Et ce disque recèle des subtilités d’écriture et de création collective qui méritent une écoute attentive et réfléchie...

Yves Rousseau : « Sarsara » -  voir en grand cette image
Yves Rousseau : « Sarsara »
(2004) Le Chant du Monde / Harmonia Mundi

À la différence des musiciens qui gèrent simultanément plusieurs formations, élargissant ainsi leur champ de création sur des voies parfois très distinctes, Yves Rousseau a centré son travail de leader sur cette unique formation à l’instrumentation singulière. Depuis 2000, date de l’enregistrement du précédent opus, Fées et Gestes, s’appuyant sur la solidité de ce quartet, sur l’amitié des musiciens qui le composent, il en exploite minutieusement les ressources, sans se détourner de sa quête esthétique, comme s’il voulait extraire l’essence de chacune des voix de cet l’ensemble pour exprimer les sentiments les plus sincères et et les plus profonds.

Il faut accepter l’austérité apparente de cette musique pour en découvrir les trésors. Des confins du désert jusqu’à des lieux retirés du bocage normand (Hôtel Vicomte ), Yves Rousseau nous suggère des pistes sans jamais imposer des repères trop évidents. Une musique mouvante, vivante mais exigeante qui suppose un peu de patience pour en découvrir l’entrée.
Entre un bel hommage au cinéaste Werner Herzog et à son film Aguirre, la colère de Dieu (Aguirre), la fête suggérée par touches subtiles (Walid fête l’Aid), les paysages de Sarsara et l’étonnante nappe sonore qui se tisse dans Le jeu (ondulations à peine sensibles des cordes), chacun pourra trouver un élément fort dans ce bel album qui sera la clé pour découvrir patiemment un univers musical d’une grande richesse.

> Yves Rousseau : « Sarsara » - © 2004 - Le Chant du Monde CDM 063 - Distribution Harmonia Mundi