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Deux soirs au Chorus

Régulièrement, des affiches rares à Lausanne.

D 7 juin 2013     H 16:47     A Yves Dorison    


> Chorus, Lausanne, samedi 4 mai 2013

SHEILA JORDAN & JAY CLAYTON BAND

Sheila Jordan & Jay Clayton, voc ; Cameron Brown, b ; Jack Wilkins, g

Sheila Jordan -  voir en grand cette image
Sheila Jordan

Sheila Jordan est une jeune chanteuse de 84 ans à l’humour et au rire ravageurs. C’est aussi depuis toujours une pionnère qui a su, tout au long de sa carrière, prendre des risques et imposer une vision nouvelle du chant jazz. Ses collaborations avec George Russell et Roswell Rudd, ses duos avec les bassistes Cameron Brown et Harvie Swartz, sa participation à « Escalator over the hill », en donnent un bon exemple. Mariée à Duke Jordan entre 1952 et 1962, à une époque où la ségrégation était une réalité quotidienne, elle prit là encore un risque qui correspond à son tempérament de battante. Grandement estimée par ses pairs, adoubée dans son pays, elle est étrangement méconnue dans nos contrées ou, pour le moins, très peu programmée (une date à Bordeaux cette année pour sa tournée européenne). C’est donc au Chorus de Lausanne que nous l’avons écoutée. Elle y était accompagnée du fidèle Cameron Brown à la contrebasse, de Jack Wilkins à la guitare et d’une autre chanteuse tout aussi sous-estimée, la discrète Jay Clayton. Autour d’un programme intitulé « From Be Bop to Free Bop », les deux chanteuses et leurs acolytes ont délivré une leçon de bon goût au sein de laquelle leur imparable maîtrise technique s’est effacée devant l’émotion dégagée par l’interprétation de standards revisités au filtre d’une improvisation aventureuse, délivrée des poncifs inhérents à ce type d’exercice.
Fraîcheur dans l’approche renouvelée des mélodies, écoute maximum entre les musiciens, inaltérable bonne humeur, dialogue constant avec le public, tels furent les ingrédients d’une soirée réussie qui vit le public manifester bruyamment son plein accord avec les artistes.


> Chorus, Lausanne, samedi 11 mai 2013

CHICO FREEMAN QUARTET

Chico Freeman, sax ; Antonio Farao, p ; Heiri Känzig, b ; Michael Baker, dm

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Chico Freeman

Earl Lavon (dit Chico) Freeman Jr est un « fils de ». Mais cela fait si longtemps déjà, que sur scène, on oublie aisément son illustre père. D’autant que le rejeton a des atouts à faire valoir et derrière lui une carrière déjà riche. Enfant du free fidèle à la tradition, Chico Freeman n’a eu de cesse d’expérimenter dans tous les genres musicaux, franchissant barrière après barrière, au risque de paraître illisible pour nombre d’observateurs. De fait, c’est un musicien amoureux de toutes les musiques qui subit un choc musical majeur en travaillant avec Elvin Jones, disparu en 2010, au point aujourd’hui d’avoir concocter un projet en son hommage. Sur scène avec l’excellent Antonio Farao, nous avons découvert un formidable contrebassiste nommé Heiri Känzig et hélas un batteur aux bras lourds baptisé Michael Baker. La soirée fut dans l’ensemble de très bonne tenue, avec de belle envolées lyriques dans un registre post Hard bop somme toute assez convenu. Chico Freeman tient bien la scène mais l’on espérait plus de prises de risque de la part d’un musicien ayant fréquenté Sun Ra, Henry Threadgill, Steve McCall, Fred Hopkins, Lester Bowie, Roscoe Mitchell, etc.


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