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ANDY SHEPPARD à Lyon

En résidence à l’Amphi de l’Opéra de Lyon...

D 11 décembre 2013     H 07:51     A Yves Dorison    


Jeudi 05 décembre 2013, Saint Gérald

Andy Sheppard -  voir en grand cette image
Andy Sheppard

Andy Sheppard possède l’art et la manière de définir la mélodie par l’évanescence qui la caractérise. Du son intime, il propulse sans emphase le meilleur du souffle, offre au silence l’espace qui lui revient.
Lors de son duo avec Eivind Aarset, privilège fut donc donné à la douceur pour accompagner le voyageur assis dans l’Amphi de l’Opéra de Lyon. La ligne de partage entre les univers nordique et anglais s’est constamment déplacée d’un pôle à l’autre au gré des sinuosités improvisées sur le socle mouvant d’un courant maritime aux accents gris et bleutés comme seule en recèle la Mer du Nord. En ces lieux la vague est souvent alanguie, du moins l’apparaît-elle. Mue par une force sous-jacente, elle peut sembler de peu de consistance quand elle est, de fait, animée par une puissance souterraine discrète.

Eivind Aarset -  voir en grand cette image
Eivind Aarset

D’elle, on ne retient que la souplesse offerte au regard et, si tant est qu’on l’écoute, l’émotion distillée à l’oreille. Tandis que le guitariste norvégien tissait la trame des profondeurs, l’anglais soufflait sur l’imaginaire d’un filet aux mailles trop lâches pour ne pas laisser glisser les calmes respirations d’une musique ancrée dans la suggestion modeste et l’atemporalité.

Ainsi bercés, nous fûmes surpris et désappointés par la venue en seconde partie de soirée de Rita Marcotulli qui, aussi talentueuse soit-elle, poussa l’excès latin dans ses retranchements, notamment lors du rappel, sur le morceau de Josh Haden, « Spiritual », qu’elle défigura allègrement d’un crescendo en forme de martèlement plus propice à fendre des bûches qu’à caresser l’âme rêveuse de l’auditeur.

Écouter l’original : The blue mood of Spain - Spiritual


Vendredi 06 décembre 2013, Saint Nicolas de Myre

Michel Bénita -  voir en grand cette image
Michel Bénita

Venu, revenu, écouter le trio Libéro (Andy Sheppard / Michel Bénita / Sebastian Rochford), nous fûmes agréablement surpris de constater qu’il serait augmenté de Eivind Aarset.
Autour du répertoire prévu pour leur futur enregistrement, nous pûmes donc reprendre le cours de nos divagations pérégrines entre ondulations venteuses et mélancolie mélodique.
La musique du trio Libéro est un paysage ouvert sur lequel interagissent les individualités musiciennes.

Sebastian Rochford -  voir en grand cette image
Sebastian Rochford

Elle résonne, elle évoque et jamais ne révoque ni son attrait pour les chemins de traverses, ni son désir d’aventure sonore. C’est une musique intelligente qui s’oppose, impavide, à l’appel de la fureur et du clinquant au profit d’un lyrisme élégant servi par l’inventivité de musiciens dévoués à l’écoute et au partage. C’est aussi limpide que les reflets de l’eau devant la plage au clair de lune. Le contemplateur y perd le fil de sa pensée tout occupé qu’il est à suivre le cours des remous harmonieux saisis dans un instant musical baigné de finesse et d’originalité.
Rêvez vous dis-je, il en restera toujours quelque chose.


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