« Le jazz tisse sa toile... »
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Jus de Bocse et ses invités

jouent MOOVIES

D 28 janvier 2014     H 19:20     A Alain Gauthier    


Il fait nuit, il pleut, la circulation ne faiblit pas (mais où vont-ils tous un jeudi soir ?), les radars embarqués, la vitesse réduite sur le périph’, François et la responsabilité de son pacte, les media qui racolent dans la petite histoire et le Figaro qui n’informe pas ses lecteurs des aventures judiciaires de son patron : est-ce vraiment responsable de s’en aller écouter de la musique hein Anne-Sophique ?

Médéric Collignon. -  voir en grand cette image
Médéric Collignon.
© Florence Ducommun

Ce soir, Jus de Bocse, pour mémoire Yvan ROBILLARD au Fender Rhodes, Philippe GLEIZES à la batterie, Emmanuel HARANG à la guitare basse, Médéric COLLIGNON aux trompette-voix-clavier-micros-saillies-impétueuses, invite deux hénaurmes saxaltophonistes : Géraldine LAURENT et Christophe MONNIOT, à taper l’incruste dans son projet MOVIES, tissé de musiques de films revisitées, secouées, jazzifiées, magnifiées.

Eh bien, oui, ça valait le coup d’affronter tous ces aléas de la vie d’un soir.

D’un bout à l’autre du concert, la rythmique basse-batterie-fender s’est mise au service des souffleurs avec une générosité pas cotée au CAC 40 et à faire se crisper du porte-monnaie la rentière d’Armentières.
Deux pièces en quartet, la seconde avec un solo vocal galactique de Collignon ( ouais, le Collignon, on nous l’envie du côté d’Andromède) un solo donc, qui nous rappelle combien sa nomination aux victoires du jazz 2013 dans la catégorie musique n’est pas usurpée. Qui d’autre que lui pousse la chansonnette à ce niveau, hein Paulette ?
Quand les deux sax entrent en scène, il règne une ambiance digne des Nuits Blanches du Petit Op’, au siècle dernier, empreinte de jubilation, de déconnade et de prise de risque musical. Les thèmes sont joués avec la gnaque d’un big band et le pupitre des souffleurs masque carrément la rythmique. Ils nous envoient du solo de compétition, du haut du tremplin de saut à ski. Ils sont déjà prêts pour Sotchi ; Poutine, serre les miches, ils arrivent !!

Christophe Monniot - Le Triton, 22 sept. 2013 -  voir en grand cette image
Christophe Monniot - Le Triton, 22 sept. 2013
© Florence Ducommun

Du grand Monniot avec un solo sur un thème lent de Dirty Harry qui le fait atterrir devant nous le regard encore accroché aux martiennes et du sable rouge sur les godasses puis Géraldine Laurent qui pousse un son dense, solide, plein à ras bord et qui s’installe comme chez elle.

Le second set débute en quartet et Collignon, one more time, nous régale de sa voix vocale. Pfff, à quoi il fonctionne ce mec ? Il respire vraiment le même air ?

Et puis voilà. La folie reprend, rien ne les arrête, un clin d’œil et le voisin s’y colle, un autre clignement et hop, attrape le relais !!!
On les rappelle, ils reviennent et s’y remettent comme s’ils venaient juste de commencer.
Ah !!! Ce duo percussif final, Monniot tripotant les clés de son sax, Collignon se foutant des claques bouche ouverte, joues rouges... Ces furieux ne mesurent rien : ni leur engagement, ni les risques, ni le temps. Deux heures et demie de concert jouissif.

Merci. Trop bien.

Médéric COLLIGNON « JUS DE BOCSE » + INVITES : « Moovies » - Le Triton (Les Lilas - 93)
Jeudi 23 janvier 2014 - 21h00


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