« Le jazz tisse sa toile... »
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« Chronique de la mer gelée » au Triton.

Quarte blanche à Marc Ducret

D 18 avril 2014     H 05:40     A Alain Gauthier, Florence Ducommun    


Ceux qui ont gardé en tête le mélange jazz-polar-ouiski à gogo ont du souci à se faire avec la dernière création de Marc DUCRET : Chronique de la mer gelée. Du souci à se faire parce que Jim Thompson, Dashiell Hammett, Jean-Patrick Manchette et d’autres ont laissé place à Kafka, Stevenson, Michaud. Et même à l’Écclésiaste, Saint Matthieu, Cicéron et Sénèque. Autant dire qu’on a changé de catégorie et que la littérature noire s’est cassée par la porte du fond de scène.

« C’était en été. Je revenais avec ma soeur... » commence Marc DUCRET qui raconte autre chose en parallèle, à la guitare. « Cet homme me fait de la peine » ajoute-t-il. Prison. Tribunal. Procès. Obscurité. Cachot. Heures d’attentes. Atmosphère comme si on y était. Noir c’est noir.

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Sylvaine Hélary et Marc Ducret - Le Triton, 12 avril 2014.
© Florence Ducommun

Outre Marc DUCRET aux guitares, Antonin RAYON au piano et au clavecin, Noémi BOUTIN au violoncelle, Anne MAGOUET, soprano,
 Christiane BOPP au trombone et Sylvaine HÉLARY aux flûtes tricotent, tissent, ravaudent textes, musique écrite et improvisation. Un sextet tisserand et brodeur formé aux points d’Alençon, de Bayeux et d’Argentan. La dentelle, ils connaissent ça par cœur et Ducret a composé spécialement pour eux, pour chacun d’entre eux et son instrument.

Anne MAGOUET s’interroge : « What is life ? », intériorise sa quête, exulte. «  Despair ». Elle se demande, la fille, si ça vaut vraiment le coup sa life.

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Antonin Rayon et Anne Magouët - Le Triton, 12 avril 2014.
© Florence Ducommun

Sylvaine Hélary raconte « nous sommes cinq amis sortis d’une maison...., un sixième.... nous gêne, ….nous avons beau le repousser, il revient ».

Ducret dit que son projet se veut acoustique et à volume faible voulu, pour jouer en-dessous du niveau de la voix. Et nous de tendre l’oreille. Les oreilles.

Noémi Bouttin y va de « Quelle histoire », un solo variable comme un soufflet d’accordéon qui croît et se ratatine, solo tiré de « Si par une nuit d’hiver un voyageur » de Calvino.

Marc Ducret - Le Triton, 12 avril 2014. -  voir en grand cette image
Marc Ducret - Le Triton, 12 avril 2014.
© Florence Ducommun

Et puis et puis « En ce qui concerne la première question : pourquoi l’on trouve plus de sorcières chez les femmes que chez les hommes » qui ne laisse aucune ambiguïté sur la malfaisance de femmes... Vade retro satanettes !!!
Voilà. On est dans une soirée cultureuse, un salon artistique où répéter-ressasser le déjà connu, le mille fois entendu ne fait pas partie du programme. Ici, on explore. Ni groove ni blues, pas d’approximation, pas de ces moments où le public sent que les musiciens se cherchent, tâtonnent et rament.

Ceux-là se sont trouvés.

On fricote avec la musique contemporaine, la lecture publique, la performance, on touille sans faire de bruit. Pas plus fort que la voix humaine.

Au rappel, Anne Magouet met en valeur sa voix exceptionnelle avec cette histoire de crapaud à la masse exceptionnelle, elle aussi. Un lied rénové à la mode d’aujourd’hui. Tiens, pourquoi pas, ici , au Triton, scène des musiques présentes et pile poil ce soir.

> Le Triton - 11 bis, rue du Coq Français - 93260 Les Lilas
MARC DUCRET SEXTET : « Chroniques de la mer gelée » - vendredi 11 avril (chronique) et samedi 12 avril 2014 (photos) à 21h.


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