« Le jazz tisse sa toile... »
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The Drops au Périscope (Lyon)

Une triplette de cadors !

D 5 mai 2014     H 19:48     A Yves Dorison    


> Lyon, le 17 avril 2014

The Drops -  voir en grand cette image
The Drops

Depuis un certain temps déjà, si l’on en croit nos oreilles, tout porte à croire que le rock veut du bien au jazz. Hélas, sept fois hélas, bien des jazz(s) se laissent aspirer et noyer par le flot épais d’une sauce basique qui sied plus à la culotte d’Iggy Pop qu’aux dentelles ternaires de l’esprit du jazz.
N’allez pas croire pour autant que votre serviteur soit un fan inconditionnel de Panassié ; faudrait voir à pas déconner non plus, hein.
Mais le serviteur précité avoue néanmoins sans ambages qu’il affectionne le galbe fin d’un élégant jambage finement ciselé plutôt que le poteau lourdaud d’un gros tas binaire.
Bref, The Drops, et plus précisément Federico Casagrande, Christophe Panzani et Gauthier Garrigue constitue un trio jazz, soyons clairs, qui aime à flirter avec les limites et se tenir sur le bord du rock sans jamais y choir. À raison d’ailleurs car ils ont la maîtrise instrumentale, l’imaginaire et le désir joyeux d’être originaux. Raconteurs d’histoires invétérés, ils aiment les croisements partagés plutôt que les rejets potentiels de la greffe artificielle. Le costume d’explorateur dandy leur est donc pertinent. Si l’on jette un œil à leurs compositions, force est de constater que, ma foi, c’est du sérieux ; et à les regarder sur scène, on est rapidement assuré qu’ils ne se prennent pas au sérieux. Oh mon Dieu, est-ce donc encore possible que des forts en thème soient enjoués ? Il semblerait que oui. Bref, ils sont costauds mais ne roulent pas des mécaniques bien que la dite mécanique soit huilée et les costards ajustés. Et ils font de la musique aussi. Et on ne s’ennuie pas. On se laisse balader, chahuter, caresser les oreilles et l’on se prend à penser qu’après tout, pour faire une musique amène et sincère, il suffit d’être soi ( notez au passage, je vous prie, comment le chroniqueur fait passer une lapalissade pour une sentence bien évidemment définitive ).
Et pour revenir sur cette parenthèse, sachant que la sincérité musicale, le plaisir gratuit d’offrir en partage à autrui le meilleur de soi, est une notion qui se rapproche dangereusement de l’obsolescence, on peut mesurer avec justesse la qualité intrinsèque de trio.
Il ne leur reste qu’à approfondir encore, élaguer un peu le houppier foisonnant de leur créativité, pour devenir sans conteste l’une des propositions musicales les plus intéressantes du moment.


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