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Franck Tortiller : sacré jazz...

« PSAUMES »

D 20 juillet 2014     H 11:56     A Jacques Revon    


Une création de Franck Tortiller pour un ensemble de jazz, l’Orchestre Franck Tortiller, avec la Maîtrise de Dijon sous la direction d’Etienne Meyer. C’était à l’église Sainte Chantal à Dijon, le vendredi 14 juin 2014.

« Le psaume est la tranquillité de l’âme, l’arbitre de la paix. La psalmodie procure les plus grands biens aux hommes. Le psaume rend les fêtes joyeuses, allège la tristesse. Il est l’œuvre des anges. »
Saint Augustin

L’Orchestre : 8 musiciens, Direction Frank Tortiller.

Franck Tortiller  : vibraphone, composition, arrangements
Patrice Héral  : batterie, percussions, voix
Yves Torchinsky  : contrebasse
Matthieu Vial-Collet  : guitare acoustique
Alexandre Herichon  : trompette, bugle
Jean Gobinet  : trompette, bugle
Alois Benoît  : euphonium, bugle
Simon Girard  : trombone

Maîtrise de Dijon : 50 choristes dirigés par Étienne Meyer.
(20 chanteurs du chœur d’hommes, 15 jeunes filles du chœur des Fiori Musicali et 15 jeunes de classes de 4ème et 3ème.)

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Étienne Meyer et Franck Tortiller - Dijon, juin 2014.
© Jacques Revon

L’École Maîtrisienne régionale de Bourgogne a pour vocation la formation au chant choral de haut niveau. Elle a formé, en 2013/2014 depuis la grande section de maternelle jusqu’à la 3ème, 264 enfants et jeunes.
L’éducation musicale concerne l’enfant tout entier, dans sa structuration, sa relation au monde qui l’entoure, son plaisir et son intérêt d’être et de faire.
Des ensembles professionnels, des festivals de musique, des compositeurs font appel aux divers chœurs d’enfants, de jeunes filles ou d’hommes pour une collaboration toujours enrichissante et formatrice pour ces jeunes chanteurs.
La maîtrise de Dijon s’implique dans différents styles musicaux, à l’occasion de concerts ou d’autres manifestations musicales.
Dans cet esprit, la création de Franck Tortiller était inscrite au programme de la Maîtrise cette année. Les choristes ont partagé pour la première fois la scène avec un orchestre de jazz...

Étienne Meyer - Dijon, juin 2014. -  voir en grand cette image
Étienne Meyer - Dijon, juin 2014.
© Jacques Revon
Étienne Meyer - Dijon, juin 2014. -  voir en grand cette image
Étienne Meyer - Dijon, juin 2014.
© Jacques Revon

Pour Etienne Meyer, « Le projet PSAUMES en liaison avec Franck Tortiller répond de façon formidable à notre mission : c’est l’occasion rêvée de pouvoir mettre en place sur une année scolaire, un véritable travail de coopération qui permet de répondre à de nombreux objectifs pédagogiques. Un travail à long terme sur un répertoire peu abordé, une œuvre à créer avec la venue du compositeur et un travail en collaboration avec le monde professionnel de la musique y concoure de façon tout à fait pertinente. Cette pratique musicale nous permet de faire grandir ces enfants, elle rejaillira d’une manière ou d’une autre dans leur future vie d’adultes  ».

Les voix d’enfants ont toujours occupé une place particulière dans l’histoire de la musique. C’est la raison pour laquelle Franck Tortiller a eu envie d’écrire un programme autour de psaumes pour un petit chœur à 4 voix, mariages entre les couleurs vocales, la transparence des sons et les dynamiques des voix.

L’orchestre est totalement acoustique. Contrebasse, au rôle mélodique, et plus chantant, percussions issues des musiques extra européennes.
L’écriture de Frank Tortiller s’est faite en osmose entre voix et cuivres.
Les psaumes sont des textes poétiques chantés, non comme une simple chanson mais comme une supplique, une prière.
Ici pour l’auteur il n’est pas question de concert de musique religieuse, ou de liturgie, mais bien d’un échange musical et poétique, il s’agit de réinventer un rite profane commun à tous, de dimension universelle.

Franck Tortiller - Dijon, juin 2014. -  voir en grand cette image
Franck Tortiller - Dijon, juin 2014.
© Jacques Revon
Franck Tortiller - Dijon, juin 2014. -  voir en grand cette image
Franck Tortiller - Dijon, juin 2014.
© Jacques Revon

Avec sa création musicale, véritable engagement pour l’innovation et l’improvisation, trois cent cinquante ans après la pensée de Saint Augustin, Frank Tortiller nous interroge. En écoutant ces « psaumes » mariés aux instruments d’aujourd’hui, il nous pose cette question : que penser ici de la création d’une œuvre musicale contemporaine juxtaposée avec un héritage culturel sacré ?
Il y a sans doute plusieurs réponses selon notre propre histoire. Pour moi, l’écriture de Franck touche le profond de notre intimité ….

Mise en œuvre de la création.

Etienne Meyer rencontre Franck Tortiller il y a un an.
Franck lui présente son projet « Psaumes » auquel il adhère immédiatement.
Étienne Meyer raconte « C’est toujours une grande chance de faire découvrir de nouveaux univers musicaux aux jeunes. Personnellement je m’efforce d’avoir une ouverture permanente pour varier les expériences, élargir les connaissances et aussi changer les habitudes ».

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Orchestre Franck Tortiller, Maîtrise de Dijon - Dijon, juin 2014.
© Jacques Revon

Franck enverra les partitions à la Maîtrise en janvier 2014. Le chœur commencera lui à travailler le projet petit à petit, à partir de fin février puis, de manière plus intense au mois de Mai.
Franck interviendra deux fois à l’école de la Maîtrise de Dijon pour présenter sa musique et faire travailler les élèves.
La première difficulté a été de faire comprendre au chœur que la partie chantée faisait partie d’un tout, qu’il n’y aurait de réel résultat qu’au moment même où ils rencontreraient et chanteraient avec les musiciens de son orchestre.
Cette situation légitime d’interrogations multiples se rencontre à chaque mise en place d’un nouveau répertoire. Avec une création écrite pour chœur et ensemble de jazz, les choristes se sont posés d’avantage de questions, la nouveauté questionne.

Le chœur de la Maîtrise de Dijon fera connaissance avec les musiciens de l’orchestre de Frank en juin. Une première répétition sera programmée deux jours seulement avant le concert puis une seconde le lendemain pour la générale.
Avec cette nouvelle expérience, les choristes de la Maîtrise de Dijon ont découvert un autre monde, celui du jazz. Ils ont été dit-on, conquis par le résultat final.

Le compositeur bourguignon, ancien tout jeune élève du Conservatoire de Dijon tient à préciser :
« Cette création me tenait vraiment à cœur ! J’ai mis six mois à écrire les partitions à quatre voix pour les choristes de la Maîtrise de Dijon et à harmoniser les parties instrumentales pour mes musiciens. Aujourd’hui, grâce à l’investissement de tous, je suis heureux ».


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