« Le jazz tisse sa toile... »
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François JEANNEAU : un « retour » discographique.

Quand se taisent les oiseaux

D 25 janvier 2007     H 08:15     A Jacques Chesnel    


Un retour longtemps attendu

Cela fait douze ans que ce fringant septuagénaire (depuis peu) n’avait pas enregistré de disque sous son nom, en France… car il a eu l’occasion lors de ses nombreuses tournées d’enregistrer un album au Montenegro et quatre au Kazakhstan !. Il était donc grand temps que ce saxophoniste, compositeur, arrangeur, enseignant, fondateur de l’Orchestre National de Jazz, de la classe de Jazz du Conservatoire Supérieur de Musique et de la Danse de Paris ainsi que de l’OJEA (Orchestre de Jazz Europe – Afrique) ou encore de la classe de Jazz du Conservatoire de la Réunion (où il séjourna)… réalise cet album avec les musiciens avec lesquels il joue régulièrement, Emil Spanyi, Guillaume Juramie et Joe Quitzke.

François Jeanneau - « Quand se taisent les oiseaux » -  voir en grand cette image
François Jeanneau - « Quand se taisent les oiseaux »
Bee Jazz - parution janvier 2007 - distribution Abeille Musique.

On connaît la carrière bien remplie depuis ses débuts à la fin des années 50, on se souvient du premier disque sous sa signature en 1975, Une bien curieuse planète, du trio HJT agité (Humair-Jeanneau-Texier), de son Pandémonium et bien évidemment du premier ONJ en 1986, le plus intrinsèquement « jazz » de tous avec de superbes arrangements et du Quatuor de saxophones.

Avec ses compagnons habituels plus la présence de Sébastien Boisseau à la contrebasse, François Jeanneau présente le récit d’une tempête tropicale, sans aucun effet de musique à programme trop descriptive mais propose plutôt la transcription d’émotions fortes lorsque arrive une telle catastrophe comme une tempête tropicale. Il a choisi de s’exprimer uniquement par/avec le saxophone soprano qu’il maîtrise totalement avec une sonorité pleine et généreuse pour l’instrument.
Toutes les phases de ce désastre sont donc évoquées sans grandiloquence (inquiétant Au dehors, les éléments, terrifiantes Tourmentes), démonstration gratuite ou surcharge émotionnelle dans son déroulement grâce à une écriture concordante tout en laissant place au vocabulaire des signes du « sound painting », code de communication créé par Walter Thompson selon ses partenaires.

On note la présence sur trois titres de la joueuse de kora et vocaliste Ablaye Cissoko (avec laquelle F.J. joua en Afrique) qui conclut par L’embellie, longtemps espérée, tant attendue.

Pour son « retour » discographique en France, François Jeanneau signe un bien bel album (mis en valeur par la production). Connaissant le musicien, nul ne pouvait en douter.


> BEE JAZZ BEE017 - distr. Abeille Musique

François Jeanneau (saxophone soprano), Emil Spanyi (piano & claviers),
Sébastien Boisseau (contrebasse), Guillaume Juramie (basse électrique), Joe Quitzke (batterie, percussions), Ablaye Cissoko (kora et vocaux sur plages 1, 4 & 9) Rumeurs (F.J. et Sylvia Versini)

1/ Alerte 3. 2/ Rumeurs. 3/ Quand ses taisent les oiseaux. 4/ Ninki (le dragon). 5/ L’envol d’Eole. 6/ L’œil du cyclone. 7/ Au dehors, les éléments. 8/ Tourmentes. 9/ Tara (Renaissance). 10/ L’embellie.

Compositions de François Jeanneau sauf plages 4 & 9 de Ablaye Cissoko

Enregistré en juin 2006


> Liens :

http://www.francoisjeanneau.com

http://www.abeillemusique.com/