« Le jazz tisse sa toile... »
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Paris Jazz Festival : échos et souvenirs...

Ah les beaux dimanches !

D 10 septembre 2014     H 08:44     A Véronique Pinon    


Comme chaque année, le jazz est à l’honneur au Parc Floral de Vincennes. Une florescence d’excellents concerts dans une ambiance bon enfant. Pique-nique familial autour de la barge (pour le concert de 13h30) puis à l’heure dite, enfin, pour les plus motivés après une attente d’une demi heure voire une heure en file indienne (selon l’affluence), assaut sur les rangées de sièges de l’espace delta. Ces quatre performances dominicales passées en revue sont loin d’être exhaustives étant donné que d’autres ont lieu le samedi, et ce jusqu’à la fin du mois de juillet…

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Dimanche 8 juin
(le lendemain de l’ouverture du festival initiée par le Paolo Fresu quintet).

Didier Lockwood a fêté ses 40 ans de carrière. Le fringant violoniste en chemise blanche nous offre pour démarrer Pent-up house de Sonny Rollins. Présentation de ses comparses (chemises noires). Parmi eux ses amis de longue date Thierry Eliez (piano) « les Américains nous l’envient », et celui « qu’on ne présente plus car c’est une légende du jazz », vous l’aurez deviné ? Il s’agit d’André Ceccarelli (dms) bien sûr ; place aux jeunes également avec David Enhco (tp et bugle) en invité.
Le violon louvoie langoureusement jusqu’à l’arrivée surprise du standard Someday My Prince Will Come. Ici (sou)rires entendus du public. Les musiciens tous au diapason savent aussi mettre du relief dans leur jeu, notamment, le pianiste à l’aise dans tous les rythmes joue debout et scatte. Après une pièce baroque improvisée, de véritables échanges s’instaurent en introduction de la ballade Time Twins. Oscillant entre légèreté et gravité, Didier L. part seul en Globe Trotter afin de nous faire écouter les musiques et violons du monde, atteignant des sons plus graves que la contrebasse - vive les effets électroniques- ; rencontre avec les mouettes, les baleines, chalutiers etc.. Bref, libre cours à l’imagination de chacun.
Pour le violoniste, « la plus belle des choses ce n’est pas la réussite, mais l’amitié », les auditeurs n’en doutent pas, vu la connivence régnante entre les musiciens présents. Phase ultime lorsqu’il quitte la scène et déambule parmi les auditeurs ébahis tout en poursuivant avec frénésie ses envolées et glissandos sur des airs orientaux.


Dimanche 15 juin.

The Kyle Eastwood Band

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Parés de lunettes de soleil, les musiciens nous livrent de longues plages rythmiques. Iil s’agit d’un nouveau projet destiné à être enregistré le lendemain. Kyle alterne basse et contrebasse. Agréable reprise de la bande-son du film Lettres d’Iwo Jima, fruit de sa collaboration avec son père, Clint. Initialement la basse dialogue en douceur avec le piano, ensuite s’ajoutent le sax soprano et le son rond du bugle. Évocations diverses, d’abord africaine avec Une nuit au Sénégal, où batterie et basse se défient puis sud-américaine From Rio to Havana (cf l’album «  The View from Here »). Enfin Born to Blues en guise de rappel
Lle concert s’achève sur des 4X4 enlevés. Je dois avouer que l’album Songs from the Château paru en 2011 m’avait enthousiasmée. Peut-être serait-il bien que le leader, certes francophile, se familiarise avec la langue de Molière afin d’échanger davantage avec le public.

Kyle Eastwood : basse, contrebasse / Graeme Blevins ; saxophones ténor et soprano / Quentin Collins : trompette et bugle / Martin Kaine : batterie / Andrew McCormack : piano


Dimanche 22 juin.

Manu Dibango.

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80 ans et 3 rappels. Expérience et endurance vont de paire pour ce vénérable musicien ! Une référence pour tout le continent Africain, d’ailleurs une grand-mère béninoise à mes côtés connaît très bien son répertoire. Ses concerts me laissent toujours un goût de jovialité et un sentiment de communauté. À la fin Soul Makossa incite le public de tout horizon à danser, jeunes et moins jeunes. Le saxophoniste-chanteur d’origine camerounaise accompagné de son gang entraînant nous a encore apporté beaucoup de chaleur cet après-midi là.

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Dimanche 29 juin.

Snarky Puppy.
Pas de chance, cette fois-ci, journée pluvieuse. Pour une fois les parterres ne sont pas bondés, cependant des auditeurs anglophones sont présents.
Je méconnais ce groupe de fusion new-yorkais créé en 2004. Collectif constitué de 40 jeunes musiciens qui se relaient dans la formation, ils viennent d’achever une tournée européenne et en sont à leur huitième album. Le son est résolument moderne et privilégie les instruments « branchés », (i.e. claviers, ordinateurs) raison pour laquelle le groupe se retrouve parfois classé dans le genre « nu jazz ». Les tutti et solos sont bien menés ; par moment place à l’interaction grâce aux riffs aisément mémorisables qui permettent aux spectateurs de chanter. Dommage cependant que la sonorisation ait été trop forte ; et que Lalah Hathaway ne fut pas de la partie afin d’interpréter « Something » !…


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