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Au New Morning : le concert anniversaire de l’UMJ (28 janvier)

L’UMJ fête ses 15 ans !

D 29 janvier 2007     H 19:56     A Alain Gauthier    


Une fois n’est pas coutume : un concert à 17h le dimanche, pile poil pour remplacer les vêpres.

Un New Morning bien plein, pas de touristes qui s’installent pour un set et disparaissent au bout d’une heure, des musiciens sur scène et dans la salle, en veux-tu en voilà.

Après une mise en bouche soundpaintée ( pas encore soundpintée… ) qui orne et parasite et souligne le propos d’ouverture d’une sémillante créature, honneur à l’ONJ, la bande à Tortiller.

Un nonette explosif où les soufflants ont fort à faire, encadrés qu’ils sont par deux batteurs et deux maillocheurs. Ça pulse fort, c’est carré, solide et les solistes ont beau jeu de se lâcher en enchaînant leurs chorus : Jean-Louis Pommier, Michel Marre, Jean Gobinet et Éric Séva. Ce dernier, auteur d’un solo à vous arracher le cœur, les tuyaux qui vont avec et les larmes des yeux.

Suit le SPOUMJ, orchestre spécialement conçu pour l’événement. SPOUMJ pour SoundPainting Orchestra de l’UMJ. À défaut de jouer avec l’acronyme ( Semence Précieuse Orale de l’UMJ ? ), on pourrait aussi bien l’appeler l’OUMUPA, l’Ouvroir de Musique Paradoxale :

Au moins trente personnes volontaires pour l’aventure de l’improvisation collective, livrées à un deus ex machina (Walter Thompson), qui décide de qui fait quoi pendant combien de temps : bonjour l’impro !! Sens-toi, libre d’obéir !!.

Une contrainte pas du tout politiquement correcte sous la forme d’une langue des signes ( 800 !!! t’as plus vite fait de te mettre au mandarin ancien ), langue par essence destinée à des sourds-muets et ici destinée à des qui viennent pour se faire entendre. Et va t’inclure dans ce SPOUMJ si t’as une canne blanche, hein ?! On n’est pas loin de la plainte pour discrimination sensorielle.

Autre contrainte : la vitesse à laquelle le Walter « signe », qui fait que ton cerveau, unité centrale de traitement de l’information, n’est pas cadencé à la bonne vitesse pour réagir. Une seule solution : oublie que tu as un cerveau ou prie pour que la greffe n’ait pas pris. Pense que tu ne dois pas penser !!

Et comble du comble, tu viens pour un spectacle, et tu te retrouves dans le spectacle car le Walter, non content de diriger ses improvisateurs en pleine servitude volontaire, se tourne et te fait signe qu’il faut donner de la voix.

Le résultat ? Un moment d’intense jubilation entre chaos organisé et ordre chaotique, entre musiciens et public, entre le contraint et le libre. On a tous 15 ans, quoi !!

Le sourire de François Jeanneau, complice de cette aventure ( et soliste ), est bien celui d’un gamin adolescent.
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Vient ensuite Henri Texier et son quartet. Ce qui pourrait être un tour de piste sans surprise d’une valeur sûre de la scène du jazz nous surprend tant par la forme achevée des thèmes que par l’incroyable débauche d’énergie des solos : Christophe Marguet, Sébastien Texier, Manu Codja et Henri Texier se lâchent. Tout le monde dans la pente et RDV en bas !! La preuve par 4 que nos CDthèques sont poussièreuses et les chorus 100 fois réécoutés figés-morts : vive le direct !! Vive l’éphèmère !!

Le trio d’Aldo Romano nous fait défaut : va-t-on reprocher à des ados de 15 ans d’être ailleurs plutôt que là où ils sont attendus ?

La soirée s’achève avec l’orchestre de bal ( avec le chanteur et sa choriste ) qui a le projet de faire bouger et danser des jazzophiles habitués à se tanner les fesses en club. C’est pas gagné.


> Liens :

http://www.umj.asso.fr/

http://www.myspace.com/uniondesmusiciensdejazz