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Jean-René Mourot et Bruno Tocanne imaginent...

« Chroniques de l’imaginaire »

D 11 septembre 2015     H 13:00     A Florence Ducommun    


Jean-René MOUROT & Bruno TOCANNE : « Chroniques de l’imaginaire »

Soient deux musiciens...
Un que l’on connaît déjà fort bien, le batteur Bruno Tocanne et le second, Jean-René Mourot, pianiste étant passé par les conservatoires de Nancy puis Strasbourg, né en 1986, un quasi inconnu dans le monde foisonnant des musiciens de jazz et particulièrement du piano jazz Il pourrait bien en surprendre plus d’un maintenant comme je le fus l’an dernier au Tremplin Jazz d’Avignon, lorsqu’il a interprété la musique de son premier album en trio « Le Tricycle », révélant déjà une grande maturité.

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Jean-René MOUROT & Bruno TOCANNE : « Chroniques de l’imaginaire »
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On aime !

Bruno Tocanne ne s’y est pas trompé en l’accompagnant sur ce projet, lui qui a déjà joué en duo avec le pianiste Henri Roger ( Remedios la Belle, sur le Petit Label, objet magnifique soit dit en passant...). Car les duos piano-batterie ne sont pas légion, appartenant à la même classe des percussions. On trouve par exemple Sophia Domancich et Simon Goubert, Bill Carothers et Bill Stewart, André Charlier et Benoît Sourisse, ou plus récemment Brad Meldhau et Mark Guiliana...et dernièrement le jeune duo belge Schntzl primé au Tremplin Jazz Avignon 2015 ainsi que Yaron Herman et Ziv Ravitz. À chaque duo son style et son public et celui de Jean-René Mourot et Bruno Tocanne trouvera vite ses inconditionnels.

Le ton est donné dès « Tryptique », avec un piano impressionniste, qui pose ses couleurs par petites touches plus ou moins accentuées, illuminées par les mains du batteur. Suivent des tempêtes soudaines qui se calment, soulignées par les cymbales avec des ostinati graves accentuant le côté dramatique appuyé par la grosse caisse (« Insinuations »), des nappes d’ambiance successives, mystérieuses, explorant toutes les possibilités du piano, dans les graves et les aigus, avec exploitation des résonances du piano et de ses cordes ( « Permis d’explorer » ), avec des crescendos comme dans « Cabalette » où main gauche et main droite indépendantes évoquent des vagues.
La batterie de Bruno Tocanne accompagne et souligne, sans jamais s’imposer. Le calme apparent est trompeur et dégénère vite dans « Foultitude ». Et confusion apparente et désordre dans « Ab hoc et Ab hâc » terminent ce magnifique concert en apothéose, dont la première écoute déjà acquise, entraîne une envie de revenir dans cet univers très particulier à l’imaginaire riche !

Un grand voyage dans l’inconnu, guidé par deux musiciens à la respiration synchrone auxquels vous pouvez faire confiance pour vous étourdir et réveiller des sensations assoupies. Une vraie invitation à quitter le rivage pour une belle aventure... À écouter sans modération.


Jean-René MOUROT & Bruno TOCANNE : « Chroniques de l’imaginaire »

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Jean-René Mourot : piano / Bruno Tocanne : batterie

01. Triptyque / 02. Insinuations / 03. Cabalette / 04. Permis d’explorer / 05. Obsessions / 06. Foultitude / 07. Langue de bois / 08. Ab hoc et ab hâc // Enregsitré à Strasbourg (studio Jazzophone) le 28 août 2014.