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Dianne REEVES à la Philharmonie de Paris.

Ambiance grand cabaret

D 18 mai 2015     H 13:00     A Philippe Paschel    


Au milieu de la très large scène de la Philharmonie de Paris, encadrées par un piano et une guitare, une contrebasse et une batterie. Les musiciens arrivent sur scène et jouent “Summertime” sur un tempo modéré, un long solo du guitariste au son très rond, un quatre quatre entre piano-contrebasse d’un côté et batterie de l’autre, tout est joué sans effort, sans violence, le son d’ensemble est froid, lointain, de l’écho. Ambiance grand cabaret.

Dianne Reeves -  voir en grand cette image
Dianne Reeves

Dianne Reeves sous les applaudissements d’une salle pas tout à fait pleine. Sa voix bénéficie du même traitement que l’orchestre, à la limite du Teppaz/Salle de bain. Il est difficile de se rendre compte de son timbre, de la qualité de la voix, d’autant que c’est une chanteuse que je connais mal et n’ai jamais entendue sur scène [je suis venu par curiosité pour entendre la salle en version amplifiée]. La voix est bien placée, la tessiture est ample, les registres ne sont pas homogènes -ce qui l’aura empêchée d’être une Elisabeth Schwartzkopf , ou une Ella Fitzgerald, d’ailleurs. Elle articule parfaitement les paroles des chansons (Summertime, The Man I love, You’re driving me crazy, Softly as a morning sunrise, Love for Sale entr’autres), son scat est raide comme une descente d’escalier, ressemblant assez à certaines pratiques de chanteuses africaines du circuit international. C’est du chant propre, malheureusement sans souigne, comme en témoigne l’absence de dodelinement des spectateurs. [Ma voisine de droite tape légèrement son programme des mains comme si elle jouait des congas, d’une manière mécanique et imprécise d’ailleurs ; c’est aussi une fan de D. Reeves]. L’orchestre joue bien carré, sans défaut. Le spectacle est bien rôdé, jusqu’y compris le passage participatif du public : “Yeah Yeah, balibalibu” etc. Le public répond bien, s’anime un peu.

Si le programme donné à l’entrée écrit qu’elle va “sur les traces d’Ella Fitgerald et Betty Carter (!?)”, la vérité de la musique nous reporte plutôt à Barbara Streisand ou Liza Minelli. J’étais venu à un concert de jazz et c’était un concert de “variété”, du cabaret de haute volée, que j’ai assisté, d’où ma déception. (1 heure 45)

Philharmonie de Paris, samedi 9 mai 2015 à 20.30
Dianne Reeves : voix / Peter Martin : piano / Romero Lubambo : guitares / Reginald Veal : contrebasse et basse électrique / Terreon Gully : batterie

Photo de Dianne Reeves, © Yves Dorison - 2013