« Le jazz tisse sa toile... »
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Le bal perdu ?

retrouvé par ART SONIC

D 30 juin 2015     H 10:11     A Alain Gauthier    


Le p’tit bal perdu : qui ne la connaît, cette valse douce-amère chantée par Bourvil et chorégraphiée par un Decouflé inspiré ?
Allez, tout le monde l’a chantonnée un jour ou l’autre :

Non je ne me souviens plus
du nom du bal perdu.
Ce dont je me souviens
ce sont ces amoureux
Qui ne regardaient rien autour d’eux.

Sophie Bernardo, Baptiste Germser & Sylvain Rifflet -  voir en grand cette image
Sophie Bernardo, Baptiste Germser & Sylvain Rifflet
© Florence Ducommun - mai 2015

Ce soir, l’ensemble Art Sonic, Joce MIENNIEL aux flûtes, Cédric CHATELAIN au hautbois et cor anglais, Sylvain RIFFLET aux clarinettes, Sophie BERNARDO au basson et Baptiste GERMSER au cor, revisite le répertoire du bal perdu, le bal populaire et sa musique emblématique : la valse musette.
Pour ce faire, il invite Didier ITHURSARY, l’immense Didier ITHURSARY et son accordéon.
Ça commence comme un bal sur les fortifs.
On croirait entendre le cri du caissier sa sacoche sur le ventre, qui crie : « Passez la monnaie » avant de laisser les guincheurs filer vers la piste.
Ils font revivre Gus Viseur, Jo Privat et Joss Baselli, le gratin des marlous du piano à bretelles enjazzé. La flambée montalbanaise bien sûr, Le bal perdu, La java des bombes atomiques aussi.
Là, tu te sens plonger dans cette bonne vieille nostalgie du bal musette et de la guinguette. Mais non, raté !!! Parce qu’ils zappent, les gars et la fille d’Art Sonic, pour sillonner d’autres domaines valsiques : Glissière de Mienniel, le sublime El Camino d’Aldo Romano, délicieuse valse à cinq temps avec un solo du cor et Ithurssary au contrechamp. Ce gars-là est un régal pour les solistes, ils doivent sentir qu’il tient la corde de rappel bien en main et qu’il assure même s’ils s’égarent un peu.
Suivent Montagne Sainte Geneviève de Django Reinhardt, Les 400 coups.
Histoire de profiter de la présence du Ithurssary, chacun y va de son duo avec lui dont Indifférence avec le thème joué au basson : bonjour le souffle et la vélocité, une java de Catelain jouée par lui-même, un truc virtuose à l’anche double, Reine de Musette au cor.
Pendant que l’accordéonniste se refait le soufflet, Art Sonic envoie Volubilis (oui oui, le Volubilis que même la Compagnie des Musiques à Ouïr a osé ) avant que tous ensemble n’interprètent le sombre Un oranger sur le sol irlandais.
Au rappel, ils jouent le superbe De dame et d’homme de Marc Peronne, arrangé à l’identique de la version d’André Minvieille dans son opus La vie d’ici bas, Minvieille dont l’esprit lutin flotte alentour tout au long de ce concert.

Ce concert comme une brèche heureuse, un interstice jubilatoire dans la violence du monde dont on nous rebat les oreilles.

Atelier du Plateau
Impasse du Plateau
Paris 19è
vendredi 12 juin 2015.