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Wallace RONEY au Sunside (Paris).

Une bonne soirée de jazz, sans grandes surprises...

D 12 octobre 2015     H 12:00     A Philippe Paschel    


De nombreux trompettistes sont trapus, voire plus. Citons King Oliver, Louis Armstrong, Dizzy Gillespie, Freddie Hubbard et Maurice André. Sans doute une masse ventrale aide à faire pression sur le diaphragme pour maintenir la colonne d’air dans les aigus de l’instrument.

Wallace Roney
Sunside - Paris, octobre 2015.

Wallace Roney (Philadelphie 1960) appartient à cette catégorie. C’est un Mister Five-by-Five.
Dans le médium, le son est beau, doux, sonore et cuivré, mais il se rétrécit et devient un peu aigre dans l’aigu. Relevons que Roney a changé discrètement d’embouchure après le premier morceau et qu’il a un problème de lèvre, une petite partie de celle-ci du côté droit formant une enflure en forme de kyste après qu’il a joué quelques secondes au-delà du mi [ré]. Son jeu est fluide, mais très prévisible, résultant en un dévidement d’accords dans la progression harmonique. C’est plaisant, mais serait un peu lassant s’il n’y avait pas la brillance de la virtuosité.
Lenny White (NYC 1949) est déguisé en pirate, avec un fichu sur la tête -en fait, il m’évoque une célèbre photographie de Charles-Albert Cingria, mais il est douteux que cet écrivain soit connu du musicien. C’est un homme en bonne santé, mais dont l’ouïe doit être atteinte après une si longue carrière à jouer ƒƒƒƒ. Il ne connaît pas de nuances et fait une sorte de solo à chaque fois que joue le pianiste, à la grande joie du lideur qui n’écoute que lui. Son jeu très sonore est omniprésent, d’une grande polyrythmie, mais ne répond pas vraiment aux autres musiciens. Il semble jouer pour lui.
Anthony Womsey (Chicago 1972 ?), tête ronde et rasée a été peu audible. On peut néanmoins remarquer un artiste qui oppose une main gauche décalée qui provoque une incertitude rythmique que résout la virtuosité de la main droite.
Rashaan Walter, coiffure afro et air un peu ahuri, est un musicien versatile, comme il faut l’être quand on joue de la contrebasse. Il exécuta une parfaite walking bass lors du premier morceau et s’adapta aux différents styles des morceaux.
Ben Salomon, pâle jeune homme à lunettes, joue d’un saxophone non verni qui semble ancien. Il a un jeu intéressant, à la fois fluide et géométrique, inattendu. Il lui faudrait juste varier ses articulations. Devant l’assaut infernal du batteur, il sut aussi jouer démagogiquement pour déclencher les applaudissements.
Le répertoire était de style des années 60 et les pièces bénéficiaient d’arrangements : plusieurs débutèrent ainsi par un duo basse/batterie (le pianiste jouait-il ?).
En conclusion, cela a été une bonne soirée de jazz, sans grandes surprises.

Paris, Sunside (rue des Lombards), le vendredi 2 octobre 2015, 21h00
Wallace Roney (trompette), Ben Solomon (saxophones ténor et soprano), Anthony Womsey (piano), Rashaan Walter (contrebasse), Lenny White (batterie).
Salle comble, deux sets 60+75 mn.


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