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SURNATURAL ORCHESTRA (à Paris)

Fête la naissance de RONDE, son CD n°5

D 25 janvier 2016     H 17:00     A Alain Gauthier    


Avec un nom pareil, SURNATURAL ORCHESTRA, comment ne pas s’attendre à de l’inattendu ? Le surnaturel, c’est quoi ? Qu’est-ce qui n’est pas surnaturel ? Relire le Voile d’Isis de Pierre Hadot en préambule ?
Deux d’entre eux, au lieu de glander dans la salle du fond en buvant un dernier coup ou d’essémésser comme des addicted connected, animent un mini-bal populaire dans la file d’attente, trois autres, le temps du remplissage de la salle, tissent un tapis sonore en chevron renversé avec doublure en peau.
Commencer sur la scène, de façon naturelle, comme tout le monde ? N’y pensez pas ! Ils colonisent les allées de la salle et nous offrent une intro stéréo. Toussensembleu-toussensembleu.

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Inutile d’espérer des jeux de lumière concoctés-planifiés-lancés depuis quelque machine pseudo intelligente : foin du trop convenu. Deux loustics trimballent à bout de bras les projos, les câbles et les échelles. Autant s’habituer tout de suite à une ambiance découverte du grenier de mamie ou de sa cave. On a droit à l’ombre autant qu’à la lumière. Et que se passe-t-il dans l’ombre ? Ah, si vous saviez... Leur musique fuse de tous côtés, impossible de se laisser aller, elle mute tout le temps et jamais dans le sens projeté-imaginé-attendu. Ils pratiquent l’art du détournement, du cut à la Burroughs, t’as à peine commencé de te régaler de cette jolie phrase, paf !! ils changent de film, de paragraphe, d’accord : la seule loi immuable de l’univers, c‘est le changement.
Ils jouent une musique spatiale. Spatiale parce qu’ils bougent, les musiciens. Rester à son pupitre ? Trop naturel. Alors ils se trimballent d’est en ouest, du fond au bord de scène et lycée de Versailles. Il y a du Willem Breuker Kollektief et du Frank Zappa dans le Surnatural Orchestra. Des clins d’œil à Led Zep et même aux Pink Floyd. La 5è de Mahler, les manèges, la fête, chuchote un voisin cultivé.
Il pleut des pulls quand ils se désapent, il en tombe de partout. Au fond, un des trombonistes entreprend une conférence à peine gesticulée sur le thème choisir ou pas.
La musique se fait BO d’un film paysager. Une looooooooongue ligne droite, un mec au volant. Qui hésite. Choisir ou ne pas. Qui hésite à rester en seconde ou à passer la troisième. Dilemme qui dure. Un ruminant, le mec, il va cramer son moteur.
Et puis, changement de rythme, après cette mise en bouche un peu lente, voilà que ça devient joyeusement foutraque. Plus secoué que le débat sur la déchéance au PS ( Parti Schizo ), limite le Grand Lousadzak version fin du XXè siècle. Une Harmonie Municipale qui fête la sainte Cécile au calva en perfusion ? Une fanfare de retour de la fête des Gilles ?
Des mouvements bleu tendre rencontrent des riffs jaune d’or et la lumière tintinnabule du haut des échelles. Un solo ravissant ici, une coup de soundpainting là, il se passe tant de choses en même temps, ça foisonne, ça grouille, ça brouille l’écoute.
Cénesthésique le Surnatural Orchestra avec :
Cléa TORALES, flûte, Fanny MÉNÉGOZ flûte et piccolo, Adrien AMEY sax soprano et alto, Baptiste BOUQUIN sax alto et clarinette, Jeannot SALVATORI sax alto, Robin FINCKER sax ténor et clarinette, Nicolas STEPHAN sax ténor et chant, Fabrice THEUILLON sax baryton et effets, Julien ROUSSEAU trompette, bugle et euphonium, Antoine BERJEAUT trompette et bugle, Izidor LEITINGER trompette, bugle et mellophone, Hanno BAUMFELDER trombone, François ROCHE-JUAREZ trombone, Judith WEKSTEIN trombone basse, Laurent GEHANT soubassophone et clavier basse, Boris BOUBLIL claviers, guitare, Antonin LEYMARIE à la batterie et Sylvain LEMETRE aux percus.
Avec Zak CZMMOUN et Corentin VIGOT au son, Michaël PHILIS, Jacques-Benoît DARDANT aux lumières, Philippe BOUTIER à la régie générale.

Le final nous emmène à Broadway 5è avenue : tous en chœur, au ras de la scène et vazy ma belle, envoie ta ritournelle. Là, même leurs fringues tapent dans l’œil : quel éclectisme !! À faire déprimer le fourrier des armées : des rayures en long, en large, en biais, des carreaux, un pelage de tigre, une pelisse de soldat napoléonien.....
Suivez-nous, suivez-nous, qu’ils font du bras en quittant la scène, sortant de la salle. Ils osent le coup du joueur de flûte de Hamelin et ça marche.
Un bar, des danseurs, les musiciens à fond.
On se sent vivant, léger, rigolard, trop belle la vie.
Que demander de plus à cet instant ?

Mercredi 20 janvier 2016
Carreau du Temple
4 rue Eugène Spuller
75003 Paris


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