« Le jazz tisse sa toile... »
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La MARMITE INFERNALE à Paris.

Les Hommes... maintenant !!

D 20 février 2016     H 12:44     A Alain Gauthier    


Ils entrent séparément, dans un temps silencieux étiré. Des androïdes transhumains ? Des humains aux faces hiératiques immuables ? Ils ont du s’immerger dans un profond pédiluve empli de mica tant leurs habits scintillent. À moins que quelque poussière d’étoiles ? Ou des cottes de mailles spéciales État d’urgence ?
Entre l’espace et leur manière de l’occuper, le silence, leur immobilité, nous plongeons dans un océan de curiosité. Et maintenant ? Que vont-ils faireuuu ?
Une voix se fait didascalie, les musiciens s’y plient.

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Treize hommes, pas du tout superstitieux : Jean AUSSANAIRE aux sax alto et soprano, Jean-Paul AUTIN aux sax alto, sopranino et clarinette basse, Guy VILLERD au sax ténor, voix et iphone, Olivier BOST guitare et trombone, Clément GIBERT aux clarinettes, Guillaume GRENARD aux engins à piston ( trompette, basse à vent, trombone rikiki ), Xavier GARCIA aux laptops et traitements du son, Jean BOLCATO et Éric BROCHARD à la contrebasse, Michel BOITON, Christian ROLLET et Alfred SPIRLI aux batteries et percus, Jean-Marc FRANÇOIS, jeu.
Cette Marmite Infernale bouillonne dans la forge primordiale, là où le feu originel s’expanse en monstrueuses giclées colorées bouillonnantes, en gigantesques cascades incendiaires : un hénaurme carphanaum dont l’écho ricoche ici et là dans l’univers. De cette forge naissent leurs furies sonores et des balades délicieuses, des grooves de rock dur et des airs de berger à flûtiau, des riffs fukushimesques et des bribes qu’on chantonnerait en se coupant les poils du nez.
Le voyage, parce qu’il s’agit d’un voyage, se moque des époques et des lieux. Une seule constante : ces putains de fringues qui cliquettent à chaque mouvement.
En coulisse, on imagine qu’un sorcier bénéfique a incanté : « Esprit sérieux, sors de ces corps !! Vade retro Xanax, Xoloft et Prozac !! »
L’Amicale Rigolotte Franchement Irrévencieuse, les Artistes Rassemblés en Fanfare Innovante, l’Association pour la Recherche d’un Folklore Imaginaire, l’ARFI donc, enchante le monde.
Il y a en a même un qui ne fait rien que traîner partout. Un bouffon ? Le fou du roi ? Il a apporté son petit matériel, posé son cul en bord de scène et vit sa petite vie pépère. Tenez-vous bien : ce mec accroche des épingles à nourrice à une pièce d’étoffe. Tous ces vêtements frapadingues portent des milliers d’épingles à nourrice. Elle est où la costumière ? C’est quoi son TOC ?!!!
Ça bouillonne d’idées musicales : fulgurances aussi vite disparues qu’apparues, nouvelles-instant, clins d’oeil récurrents, baston et réconciliation ; il faudrait revenir dix fois pour attraper la poignée de fils qu’ils tissent.
Ça tient du vestiaire («  Ah, les garçons dans les vestiaires ah »), du défilé de mode, de la folie furieuse, du conciliabule, de la petite enfance, du bar de bikers, du brainstorming entrepreneurial, de la poilade sérieuse : bref, la vie majuscule et jubilatoire.
Nos zygomatiques subissent un traitement intense, soutenu, durable. Les coins des bouches s’étirent vers les oreilles, les coins de yeux aussi, à quoi on va ressembler avec cette mine de ravis par l’ARFI ?
Sans déconner, les toubibs devraient prescrire ce concert et la sécu le rembourser à 200%.
On sort en expansion, plus larges qu’en entrant, plus détendus aussi ( on a oublié la parano SNCF « Attentifs ensemble »), on expérimente un quotidien ARFIesque : vivants ensemble !!
À très vite.

Jeudi 18 février 2016
Le Carreau du Temple
2 rue Perrée
75003 Paris


« Les Hommes... maintenant » : présentation du projet :


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