« Le jazz tisse sa toile... »
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Les Pérambulations Du Pérégrin - 34

D 28 mars 2016     H 09:23     A Yves Dorison    


Soixante-deuxième étape

Camarade, camarade,

« Ca Jazze Fort à Francheville » n’est pas une affirmation gratuite et encore moins une déclaration de Diana Krall... C’est une réalité et c’est aussi le nom de l’association créée par quelques anciens de feu le festival « Fort en Jazz », festival assassiné par le nouvel édile de la commune dès son élection en 2014. Le but de ces résistants ? Continuer à proposer du jazz dans l’ouest lyonnais sur les terres d’un festival qui avait sa raison d’être depuis vingt-cinq ans puisque la culture a sa place dans la cité quoi qu’en pensent les politiciens. Et le jazz et les musiques improvisées, dites-le moi si je déraille, sont une proposition culturelle de qualité n’étant pas obligatoirement synonyme d’élitisme, ce qui semble-t-il est un avis que tout un chacun ne partage pas dans les contrées dont nous vous entretenons. Avis aux passeurs d’intelligence et autres bonnes âmes bercées d’humanité : il y a encore du boulot…

Louis Sclavis -  voir en grand cette image
Louis Sclavis

Ceci étant posé, le courage ne manque pas à cette association car elle ne reçoit aucune aide de la municipalité (du mépris, plus sûrement) ou des institutions culturelles dispensatrices de subsides gouvernementaux. Elle doit donc trouver ses ressources propres afin de proposer une programmation de qualité. Ce qu’elle fait. Alors, après une soirée consacrée au piano solo en décembre dernier (Elie Dufour & Dimitri Naiditch), la conférence de Jean-Paul Boutellier sur «  Les femmes dans le jazz  » le 15 mars dernier, ce fut au tour de Louis Sclavis et Vincent Courtois ce jeudi 24 du même mois de faire vivre la note de jazz dans les pavillons franchevillois. Ils le firent avec la connivence qui les réunit depuis une vingtaine d’années, connivence basée sur l’exigence musicale élevée des musiciens qui font les choses sérieusement sans pour autant se prendre au sérieux. Le public ne manqua pas d’ovationner ces deux incontournables du jazz contemporain et, dans cette bourgade aisée où le jazz n’intéresse pas grand monde (si l’on en croit la mairie), la salle était comble. Un comble, vous dis-je. Fort de son succès l’association proposera une autre date avant l’été, histoire d’enfoncer le clou (là où ça fait mal). Et si à l’avenir ça jazze fort à Francheville, on le devra à la passion de celles et ceux qui savent qu’une civilisation s’éteint quand l’art disparaît. Tiens, si j’ai bonne mémoire, André Maurois a écrit quelque part que «  l’art est un effort pour créer à côté du monde réel un monde plus humain ». Quant à Dostoïevski, il n’y allait pas avec le dos de la cuillère puisqu’il assurait que « L’art sauvera le monde ». Sacré Fédor.

Vous avait-on informés que le jeudi 24 mars vit mourir Jules Verne (1905) et Jean Goldkette (1962), chef d’orchestre notamment connu pour son « Victor Recording Orchestra  » (1924–1927) dans lequel où l’on pouvait écouter des musiciens tel Bix Beiderbecke, Hoagy Carmichael, Tommy Dorsey, Pee Wee Russell et j’en passe. Ce même jour vit également naître Billy Stewart, chanteur accidentellement disparu à 32 ans en 1970 qui demeure « célèbre » pour son interprétation de Summertime disponible dans cette indispensable vidéo : ici sur YouTube. Un must absolu pour les chapeliers…


Dans nos oreilles

Julian Lage - Arcolight

Sous nos yeux

Georges Perros – Papiers collés