« Le jazz tisse sa toile... »
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ONJ Records fête ses sorties de disques #1

POST K et CHUT !

D 30 mai 2016     H 18:30     A Alain Gauthier    


Jean DOUTEYSSIER clarinettes, Benjamin DOUTEYSSIER saxophones, Matthieu NAULLEAU piano et Elie DURIS batterie revisitent le jazz des années 20 en se situant après l’ouragan Katrina, donc POST K.

Jean DOUSTEYSSIER POST K : « Post K » -  voir en grand cette image
Jean DOUSTEYSSIER POST K : « Post K »
ONJ Records

Dés le premier morceau, il convient de l’afficher haut et fort : « Sérieux s’abstenir !!! ». Parce qu’une fois posée un genre d’intro déstructurée, le thème joué à une vitesse déraisonnable fait défiler moult souvenirs de films muets en noir et blanc, tous plutôt orientés blagounettes marrantes. Of course, le carré Français, James Lee Burke, les défilés improvisés, tout ces clichés volètent alentour. Alors, comment s’y prennent-ils ces revisiteurs de musiques inoubliables ?
Et bien, il suffit d’imaginer une bobine de film, (si si, avant le passage au numérique, on utilisait des bobines de films, lourdes, emmerdantes à trimballer, fragiles, tout pour plaire ). Donc cette bobine de film a subi, au gré des accidents de sa vie et des rafistolages des projectionnistes, des coupures, des réparations, des bricolages divers.
Leur musique s’y adapte, bien sûr et là où on attendrait le thème impeccablement joué, ben non : il manque trois pistes sur quatre, on n’entend que le gros sax ou la clarinette ou.... et puis, figure-toi que le projectionniste, il lui manquait un bout de film pour tenir 20 minutes. Alors il a rajouté des bouts qui lui restaient du film de la semaine dernière.
Du coup, leur musique s’évade, fait des détours, parfois même, elle fait oublier le film qu’on est venu voir, on n’aurait pas du tout pensé qu’il en viendrait là le réalisateur. Il y a même des moments où l’opérateur, de sa main négligente, freine la vitesse de défilement de la bobine. T’imagines la bande-son ?
Voilà, c’est comme ça qu’ils s’y prennent. Sinon, quand tout va bien, bonjour c’est nous, qu’ils crient : on s’y croirait, devant le bouge, attirés par le piano stride, avec le secret espoir ( oui, l’auditeur a le droit de bricoler son film personnel ) de voir sortir, à reculons, à travers la porte battante, un cow-boy sèchement baffé par le videur et en voie de s’étaler dans la poussière dont les grains s’élèvent et virevoltent et retombent en même temps que la musique cesse.
Plus qu’agréable à écouter et à même de nous rappeler les turpitudes de l’administration de Bush fils ( l’Empire, tout de même !!! ) infoutues de faire le nécessaire pour sauver, soigner et remettre sur ses pieds ses enfants noirs.

Fabrice MARTINEZ - CHUT : « Rebirth » -  voir en grand cette image
Fabrice MARTINEZ - CHUT : « Rebirth »
ONJ Records

Le quartet CHUT ! avec Fabrice MARTINEZ trompette et bugle, Fred ESCOFFIER claviers, Bruno CHEVILLON guitare basse et Éric ÉCHAMPARD batterie, joue Rebirth, leur dernier CD. Gros son, esthétique des années seventies ( on pense bien sûr à d’autres formations électriques explorant et défrichant de nouveaux territoires il y a tout de même une quarantaine d’années...), bidouilles électroniques, fumées et lumières.
Il ne manque plus à leur musique que le lieu adéquat. Pas une salle de concert où on s’immobilise dans les fauteuils mais un dancefloor, à partir de 3 heures du matin, pour se mettre d’équerre pour l’after.

Mercredi 24 mai 2016
Le Carreau du Temple
2 rue Perrée
75003 Paris


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