« Le jazz tisse sa toile... »
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Perrine dans les prés normands.

Quand le jazz bat la campagne

D 30 juin 2016     H 11:58     A Jean-Louis Libois    


On se souvient de la célèbre interpellation du spectateur par Jean-Paul Belmondo dès les premières minutes du film A bout de souffle : ” Si vous n’aimez pas la mer…, si vous n’aimez pas la montagne…, si vous n’aimez pas la ville allez-vous faire foutre…”. Il oubliait certes la campagne mais pas de risque avec ”Jazz dans les Prés” de subir les foudres du turbulent et imprévisible héros du film. Le jazz aime la nature et la Normandie aime le jazz ; aussi bien sous les pommiers, en baie que dans les prés.

À initiative de la Ferme du Bessin (appelée aussi ferme de Varembert) a été en effet inaugurée l’an passé la première édition de cette manifestation originale ”Jazz dans les Près”. Originale en ce sens qu’il s’agit d’un festival itinérant étalé sur l’ensemble de l’année : neuf lieux, neuf artistes à raison de trois concerts chacun. Cela fait au total 27 dates où le jazz bat la campagne à la rencontre de publics souvent néophytes mais curieux
Réservée au Calvados dans un premier temps, cette manifestation s’étend dorénavant à la Manche et à l’Orne. C’est à Guillaume Chevillard - coordonnateur et musicien de son état- qu’il revient d’établir l’itinéraire, le calendrier et bien sûr le choix des artistes.
Si la variété des genres est au rendez-vous, la qualité des invités est tout à fait étonnante dans un contexte insolite qu’on peut aisément imaginer. Après Emmanuel Bex, Gaël Horellou… l’an dernier, Olivier Ker Ourio, Olivier Louvel, Perrine Mansuy … s’affichent cette année.

Perrine Mansuy. -  voir en grand cette image
Perrine Mansuy.
© Florence Ducommun

C’est ainsi que nous avons pu découvrir la pianiste Perrine Mansuy qui avait déjà eu l’occasion la saison passée de jouer dans les foyers du Théâtre de Caen.
Évaluer la prestation de la pianiste à l’aune de ses disques est une gageure dans la mesure où pour la plupart de ses enregistrements la voix est primordiale. Ensuite parce que pour d’évidentes raisons matérielles un Fender Rhodes lui tenait lieu de piano et qu’enfin elle était entourée de musiciens extérieurs à sa formation. L’un des mérites de ce Jazz sous les Prés consiste en effet à mettre à contribution les musiciens régionaux. C’est ainsi qu’on a pu entendre à ses côtés, le trompettiste Simon Deslandes, le contrebassiste Thibault Renou et le batteur Guillaume Chevillard lui-même qui avait déjà accompagné la pianiste lors du Luberon Jazz Festival en juin dernier.
Ce qui importe en définitive c’est que le public et la musique soient au rendez-vous. Ils l’étaient l’autre soir au Chalet Normand de Basseneville.
Plus classique la formation basse, batterie-trompette-piano, permet néanmoins à Perrine Mansuy de déployer son univers qui de disque en disque s’affirme, mélodique et aventureux sans trop… Le piano swingue et le piano chante sous ses doigts. Et quand bien même son clavier occasionnel ne cultiverait-il pas l’art de la nuance de son cher piano ( "Il est in ou il est off, il n’y a pas d’entre deux possibles avec un piano électrique” selon ses propres mots ), sa prestation séduit et convainc l’auditoire. D’ailleurs ne confiait-elle pas lors d’un entretien que ces lieux non dédiés et leurs publics variés constituaient un bon moyen de tester l’impact de sa musique sur l’auditoire.
Dans ce contexte renouvelé, la musicienne a fait bonne figure.
Elle a su offrir un espace de liberté suffisant à ses invités et dompter son instrument sans dénaturer sa musique. La formule semblait même être la plus propice à emporter l’adhésion à son univers personnel tel qu’il transparaît au gré de ses compositions. Réconciliant abstraction et lyrisme , elle a pu laisser libre cours à son imagination improvisatrice et aux chorus de ses musiciens et notamment au trompettiste Simon Deslandes.
Festival à suivre donc.

Perrine Mansuy : piano / Guillaume Chevillard : batterie / Simon Deslandes : trompette / Thibault Renou : contrebasse.
Festival Jazz dans les Prés - Basseneville (14) - samedi 4 juin 2016


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