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Tom Harrell au Sunside (Paris)

D 21 juillet 2016     H 06:00     A Philippe Paschel    


La première fois que j’ai vu Tom Harrell (Urbana, Illinois, 1946), c’était sur le parvis de La Défense, avec le groupe d’Horace Silver (26 juin 1977) : un adulte conduit par la main comme un enfant ; je le croyais aveugle. Il était en réalité atteint d’une grave maladie mentale, qui ne l’a pas empêché de faire de brillantes études musicales et de devenir un des musiciens les plus intéressants de sa génération.

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Tom Harrell & Ralph Moore

Ce soir, il était avec un quartet sans piano. Le déroulement de chaque morceau a été identique : Tom Harrell lance le rythme d’une voix gutturale, suit l’exposé du thème, un solo de Ralph Moore, un solo de Tom Harrell, un solo de Ugonna Okegwo, puis le thème ; parfois une brève intervention de Adam Cruz, qui eut un vrai un solo à la fin du premier set ; il y eut aussi un duo bugle contrebasse sur “Body and Soul”. Beaucoup de musique était écrite, plusieurs pages de partitions déployées sur le pupitre pour Ralph Moore, Tom Harrell guignant son propre texte du coin de l’œil, tournant les pages discrètement, particulièrement une longue pièce lors du deuxième set.

L’assise rythmique est assurée par un bassiste impeccable, que l’on ne remarque donc pas, et qui maintient également la continuité harmonique, et un batteur marquant un rythme régulier de la main droite sur la cymbale et une pulsation de la main gauche sur la caisse claire. Ralph Moore est un bon compagnon, efficace, souignant, déployant la musique sans ennuyer, mais sans soulever de grande passion, d’ailleurs.

Tom Harrell a l’apparence, selon certains d’un clochard (céleste, espérons), ou d’un vieux sage, plutôt. Sa sonorité à la trompette est très “enveloppée”, peu différente de celle qu’il a au bugle. Au cours du deuxième set, elle se détériora, surtout après le thème où il joua dans l’aigu avec ces sons étranglés qu’il affectionne. Mais la musique est toujours belle, soignée, subtile, d’une douceur mélancolique.
Une très belle soirée.

Salle comble. Deux sets, de plus d’une heure chacun ; le concert débuta à 21h20 et finit après 0h30 ; une partie du public abandonna après le premier set.

Sunside, Rue des Lombards - 75001 PARIS -
11 juillet 2016 : Tom Harrell : trompette, bugle / Ralph Moore : saxophone ténor / Ugona Okegwo : contrebasse / Adam Cruz : batterie.


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