« Le jazz tisse sa toile... »
Vous êtes ici : Accueil » Sur scène » Sur scène en 2017 » Jean-Marie MACHADO au Café de la Danse (Paris)

Jean-Marie MACHADO au Café de la Danse (Paris)

D 26 mars 2017     H 10:45     A Pierre Gros    


On l’a souvent répété ici, rien ne vaut la musique vivante, le CD n’étant que la proposition d’un instant T, fut-il génial. Pour exemple Miles a régulièrement rejoué quelques-unes des plages de Kind of Blue lors de concerts publics mais jamais telles que nous les avions trouvées sur le disque. La matière musicale se doit d’être vivante sinon à quoi bon. La fidélité en musique peut se trouver là, remettre l’ouvrage sur l’étal encore et encore, lui donner quelques coups de pattes griffues ou de velours en tant que musicien, refuser la réitération, le rabâchage sans âme en tant qu’auditeur, l’abreuver de notre imagination, laisser nos émotions guider le sens, cela n’a rien à voir avec le style ou le type de musique et c’est la responsabilité de chacun.

Jean-Marie Machado - Didier Ithursarry -  voir en grand cette image
Jean-Marie Machado - Didier Ithursarry

Ce soir au Café de la Danse avions-nous bien à faire à du jazz ? Se poser la question c’est déjà y répondre. Qu’importe après tout. Nous retrouvons en première partie Jean Marie Machado et son acolyte Didier Ithursarry du disque Lua dont nous vous avons narré récemment la musique (lire ici... - février 2017). Ensemble ils se jouent des compositions de l’album où l’écriture semble dominer, prompts à trouver l’interstice où se glissera l’improvisation. Il suffit parfois d’un rien, le mélange est subtile, ça tangue, la frontière est mouvante. Comme nous l’avons signalé plus haut, le vivant donne la dimension supplémentaire de l’instant qui se raconte là devant nous, le son, la complicité, les gestuelles qui nous interpellent. Auditeurs, nous en sommes les témoins actifs.

Didier Ithursarry -  voir en grand cette image
Didier Ithursarry

Seconde acte avec une formation dont Jean-Marie a le secret. Un piano, et quatre percussionnistes. Un vibraphone, un xylophone, des tubes, des lames qui scintillent, des fils, des cymbales, des caisses et des toms, des cloches. Des moments impressionnistes... Après tout Debussy a bien trouvé une de ses inspirations en écoutant le gamelan, une virtuosité de tous les instants dans le jeu des instrumentistes mais surtout dans l’écriture qui fonctionne par emboîtement, strate et maillage. Les takadimi, Les tadighénatom carnatiques avec le fantastique percussionniste Keyvan Chemirani nous ont captivé et nous sommes sortis de cette soirée musicale avec l’esprit apaisé loin des turbulences hallucinantes de notre quotidien. Le réel poétique prend la place de l’usurpation, loin des vérités à coup de tweets débiles, des costumes délirants, des postures rigides et fielleuses d’un monde qui cherche son âme perdue…

JPEG - 68.1 ko
Jean-Marie Machado « Impulse Songs »

Au sortir du Café de la Danse, la rue de Lappe, rue guirlande, les bars et les terrasses sont toujours vivantes, bals disparus, cabrettes envolées mais des regards, des pavés qui brillent.
Alors on se prend à marcher, le long des quais, pour prolonger ce moment, suspendu loin de la folie qui nous attend.

Soirée Jean Marie Machado
Lundi 13 mars à 20h30
Café de la Danse - Paris
1ère partie : le duo Machado/Ithursarry, LUA : Jean-Marie Machado, piano, Didier Ithursarry, accordéon
2ème partie : Impulse Songs, en quintet Jean-Marie Machado piano, Keyvan Chemirani percussions, Marion Frétigny, Gisèle David et Christian Hamouy percussions classiques.