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Leïla Olivesi Nonet

Suite Andamane

D 11 novembre 2019     H 05:00     A Alain Gauthier (texte)    


Mercredi 6 novembre 2019

Sortie de disque pour Leïla Olivesi et son nonet qui rassemble, outre elle-même au piano, compositions et direction, Manu Codjia guitare, Donald Kontomanou batterie et Yoni Zelnik contrebasse, et un pupitre de souffleurs avec Jean-Charles Richard sax baryton, Adrien Sanchez sax ténor, Baptiste Herbin sax alto et flûte, Quentin Ghomari trompette et Glenn Ferris trombone sans oublier Chloé Cailleton chant. Autant dire un team high level.

info document -  voir en grand cette imageGlobalement, ce concert se déroule en deux temps. D’abord, la suite andamane filée par le nonet entier, sans temps mort, dans un élan soutenu et une belle intensité. Son introduction a tout d’une coulée douce ornée de puissantes interventions des soufflants ; tout de suite ce groupe semble beaucoup mieux soudé que l’EPR de Flamanville, des soli brefs courent d’un instrument à l’autre : piano puis guitare, trompette puis ténor, il faut saisir son moment et aller droit à l’os pour dire puis se taire. Le solo de piano confirme qu’il ne s’agit pas de se mettre en avant mais de jouer collectif et la paire Zelnik-Kontomanou impulse un groove qui fait osciller les corps. Ils imposent aussi le tempo enlevé-élevé du second mouvement et ça sent le gros big band américain de la grande époque ; Herbin au sax alto est au coeur de toutes les manigances : avec Ghomari d’abord, puis avec Codjia avant de s’envoler dans un solo a capella à écoeurer Charlie Parker himself. Le troisième mouvement, lentissime, confirme l’écriture soignée, l’équilibre qui prévaut entre tous, et le long solo classieux de Sanchez s’inscrit encore dans cette idée d’un collectif plutôt que d’une mise en avant individuelle.

Ensuite, le nonet disparaît, remplacé par différents petits formats et l’entrée de Chloé Cailleton au chant. Sa première chanson, Black widow n’a rien à envier aux plus noirs des polars. Dans une ambiance amours fortes/amours mortes, dans un tempo poisseux de fin de nuit, elle nous dit qu’elle lui a montré les couleurs de son âme et qu’il lui a mordu les lèvres, ce chien galeux. Autant la suite andamane contenait les impros, autant les chansons donneront l’opportunité aux solistes de développer ad libitum et avec maestria leur propos, aucun musicien n’y échappera. Un regret : la litanie des remerciements, commentaires et explications à propos de poèmes chantés qui a nui à l’élan du début en le diluant.

On les rappelle bien sûr.


Studio de l’Ermitage
Rue de l’Ermitage, 75020 Paris


https://www.studio-ermitage.com

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