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Gourmet, un sextet venu du froid

Quand le jazz met en joie !!

D 20 novembre 2019     H 05:00     A Alain Gauthier (texte)    


Jeudi 14 novembre 2019

Un sextet venu d’ailleurs-la Finlande- dans ce lieu improbable Les Rendez-Vous d’Ailleurs-on se croirait dans une salle du Off en Avignon- : Gourmet, fort de Mikko Innanen sax alto et sopranino, Ilmari Pohjola trombone, Esa Onttonnen, guitare, Veli Kujola accordéon, Petri Keskitalo tuba et Mika Kallio batterie.

info document -  voir en grand cette imageL’intro jouée par les vents et l’accordéon, rejoints par les trois autres, sonne musique de film, on peut se déboutonner, se laisser aller au fond de son fauteuil ( virtuel ), ce soir, c’est cinéjazz. Ils aggravent leur cas tout de suite : le second morceau What can we do when the sky falls down qui joue sur les forte-subito pianissimo sonne en fanfare : tempo up, accordéon véloce-furieux, qui dit fanfare dit musique populaire, le solo de sopranino le confirme, tout ça est vif et pétulant.
Comme nous en ferons l’expérience peu à peu, ces garnements pleins d’humour usent de stratagèmes pour tromper le public attentif et déjà acquis à leur cause : ils enchaînent avec un thème lentissime qui s’énerve en mode furieux avec le solo à l’alto. Ces mecs se dressent sur les épaules du Willem Breuker Kollectief, à tout le moins c’en sont des cousins très germains.
Ils osent un usage spatial et facétieux du lieu, le sopranino au fond derrière nous, le trombone dans les cintres, et on sent bien la distance From Mékong to Mississipi qui, après cette intro cérémonieuse et royale zappe en un truc rockabilly, à johnny, à lilly. On entendra un mélange de valse et de défilé militaire à ne pas recommander pour une parade aux Invalides. Ce premier set s’achève sur une impression forte de musique joyeuse, enlevée, tonique et drôle. On a le boyau qui rigole et les yeux pétillants.
Ils réembauchent avec un genre de variation de Tico Tico qui sent son baluche ou sa guinguette ( oui, le Quartier Charonne, la rue des Vignoles, tout ça sent le guinguet ), une invitation à gambiller. It’s a long way to Pyong Yang assume un côté slow à danser en sabots ( pulsation collective garantie ), qui tient du blues enjolivé de descentes chromatiques, The power of summer allie une partie lente initiée à l‘accordéon, continuée à l’alto sur fond de tuba cavalant dans les accords puis la même chose accélérée façon farandole de fin de banquet qui remplacerait avantageusement le navrant Faites tourner les serviettes... Musique de film, fanfare, ambiance baluche, improvisations toniques, les composantes de la liesse populaire. On entendra un tendre et poétique solo de l’accordéon, à la main gauche SVP, une pièce-National Surveillance ( quand la mondialisation fascisante envahit le monde ) au goût de série policière : c’est joyeux et délirant. Ils nous achèvent ( de plaisir ) avec Boire une bière dans un canoë à Helsinki ( Beer floating ).
On les rappelle chaudement : ils reviennent chanter avec l’air innocent d’une poignée d’enfants de choeur !!!
Willem Breuker, sors de ce sextet !!


Les Rendez-Vous d’Ailleurs
109 rue des Haies - 75020 Paris


https://www.lesrendezvousdailleurs.com

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