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Trio Courtois-Erdmann-Fincker

Sons d’Hiver déploie ses fastes ici et là

D 29 janvier 2020     H 05:00     A Alain Gauthier (texte)    


29ème édition du Festival Sons d’Hiver implanté dans le Val de Marne, le pendant sudiste à Banlieues Bleues, implanté lui dans le 9-3.

Jeudi 23 janvier 2020

Le trio Vincent Courtois violoncelle, Daniel Erdmann sax ténor et Robin Fincker sax ténor et clarinette sib joue son programme inspiré de l’oeuvre de Jack London, ce vagabond magnifique qui a vécu à cheval sur les 19 et le 20è siècles. Dont la vie et l’oeuvre, en cette période de forte mobilisation sociale, s’avère inspirante. La crise de 1929, la ruée vers l’or, le début du capitalisme triomphant : cupidité, domination, accumulation, guerre des riches aux classes laborieuses-dangereuses...

Love of life pour ouvrir le set, un motif simple au violoncelle, les deux ténors à l’unisson, c’est tendre, lent, intime, un brin nostalgique, empreint de paix, de douceur. Les romans et les nouvelles de London sont à la fête, son roman autobiographique Martin Eden transmuté en suite de trois morceaux. Un motif mélodieux, mélodique, mémorisable, une valse presque lente qui, entendue en buvant le café du matin, s’imposera tout le jour. Ça sent la ritournelle, la comptine. Puis the road, the dream of debs. Le violoncelle dans un walk tonique avant de se transformer en walk bluesy au groove lent. On pense hobos, train de nuit qui remonte des marchandises le long de la côte Est. Ré-écouter Sonny Terry et son tempo ferroviaire ? On entend ici et là des échos de folksong qui sentent le feu de bois de palettes planqué des vigiles derrière un hangar, des accents de fiddle hérités des irlandais, émigrés économiques déjà, lors de la terrible faim des années 1840 avec l’épidémie de mildiou dans les champs de patates. Les formules à trois ne sont pas extensibles à l’infini, pourtant, on a l’impression d’une variété sans fin : à trois à l’unisson, à trois un-contre-deux, à deux sans le troisième, chacun son tour, bref une labilité épatante. Quand le violoncelle se fait guitare d’accompagnement, les ténors s’en donnent à coeur joie, quand les sax portent le tempo et ponctuent le thème, c’est le cello qui danse.
Puis la suite finale « To build a fire, Goliah, the south of slot » : ça semble tellement simple cette musique si belle, aimer la vie serait simple aussi ? Le set s’achève par une gigue effrénée virtuose et époustouflante. Quel talent !!
On les rappelle, of course.


Théâtre Paul Éluard
4 avenue de Villeneuve Saint Georges, 94600 Choisy-Le-Roi


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