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Hans KENNEL et MYTHA à Châtillon en Diois.

Polyphonies pastorales, de cors à cors

D 3 septembre 2007     H 19:15     A Thierry Giard    


> Mytha / Hans Kennel - Eglise de Châtillon en Diois (Drôme)

Dimanche 12 août 2007 dans le cadre du Festival des Arts et de la vigne

Sur les cartes des festivaliers jazzophiles de l’été 2007, on ne trouvait sans doute pas Châtillon en Diois. Pourtant, ce petit bourg blotti au pied du Vercors avec son dédale de ruelles imbriquées dans une architecture d’une complexité invraisemblable accueille chaque année un Festival des Arts et de la vigne qui vaut le détour. Certes, cette manifestation n’est pas estampillée « jazz » mais le souci d’ouverture culturelle de l’équipe organisatrice bénévole permet des découvertes inattendues. Ainsi, on pouvait profiter de la venue d’une formation mythique dans l’univers des musiques innovantes suisses.

Betty Legler & Mytha - Châtillon en Diois -  voir en grand cette image
Betty Legler & Mytha - Châtillon en Diois
12 août 2007 - Photo © Culturejazz

Depuis les années 90, Hans Kennel, trompettiste dans les milieux créatifs suisses, herboriste passionné par les ressources musicales (et florales !) de son pays, s’intéresse aux possibilités (pourtant limitées) du cor des Alpes et des cousins de ces instruments, géants rustiques à vocation pastorale déclinés dans différentes contrées du globe (du didjeridoo des arborigènes d’Australie au truduca des Andes). Il a fondé un quatuor de cors, Mytha qui existe depuis plus de quinze ans. Ce parcours a été balisé par la publication de plusieurs albums, en particulier pour le label Hat Hut [1]. Depuis quelques temps, la voix et l’accordéon de Betty Legler, une personnalité tout aussi incontournable dans l’univers culturel helvétique, viennent compléter le quatuor.

Betty Legler & Mytha - Châtillon en Diois -  voir en grand cette image
Betty Legler & Mytha - Châtillon en Diois
12 août 2007 - Photo © Culturejazz

Il y avait une grande affluence dans l’église de Châtillon en cette fin d’après-midi : visiblement, un public curieux et varié, entre sortie en famille et retrouvailles des anciens du village. Hans Kennel a su trouver un langage assez universel pour toucher cette diversité. Les instruments impressionnent, certes, mais au-delà, le travail effectué par le leader pour exploiter les ressources de ces tuyaux de bois se montre très convaincant.

En alternant les compositions personnelles et les pièces issues plus directement de la tradition comme l’utilisation du jodel, ce chant traditionnel des bergers, Mytha parvient à une fusion réussie entre tradition et modernité tout en évitant les dérives folkloriques et en conservant une large place à l’improvisation. Même sans section rythmique, cette formation parvient à installer des pulsations et des structures rythmiques qui rappellent les liens avec le jazz. Une belle performance quand on imagine la dépense d’énergie que suppose la mise en vibration de l’air dans de tels mastodontes !

Mytha s’impose comme une formation tout à fait particulière dans l’univers des musiques actuelles. Le travail de Hans Kennel mérite une attention qui devrait amener les organisateurs de concerts et festivals à programmer cet ensemble...


> Formation :

  • Hans Kennel : cors de Alpes, büchel, heverlure, voix, trompette
  • Marcel Huonder : cors de Alpes, büchel
  • Philip Powell : cors de Alpes
  • Marc Untermaeher : cors de Alpes
  • Betty Legler : voix, accordéon

> Lien :


Bonus : Musique et arts plastiques !

> Louis-Pierre Sarazin : un peintre qui swingue !

Pendant le festival, le village devient une vaste galerie d’artistes en tous genres.

On pouvait ainsi découvrir dans une cave voutée, l’exposition des œuvres de Louis-Pierre Sarazin, peintre et guitariste qui donne a voir le feeling de la musique qu’on aime.

Un beau travail qui fait danser des silhouettes en noir et en couleurs.

A découvrir !

Louis-Pierre Sarazin a son atelier à Pélussin [2], dans le massif du Pilat, à quelques encablures de la vallée du Rhône.


[1L’album « How it all started » qui vient de paraître dans la collection Hatology (Harmonia Mundi) reprend des enregistrements de 1991 et 1993. Les origines de l’ensemble.

[24 place de la Halle – 42410 Pélussin