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CÉLÉA / COUTURIER / HUMAIR : un trio inédit !

Tryptic

D 2 septembre 2007     H 21:03     A Jacques Chesnel    


Travaux d’Orfèvres

Convoquer ensemble les compositeurs Gustav Mahler, John Surman, Benjamin Britten, Joachim Kühn, Harald Pepl, Ludwig Van Beethoven, Stanley Myers, Daniel Humair plus, pour un Instant la trilogie Céléa-Couturier-Humair, telle est le défi relevé par ces musiciens qui, s’ils se connaissent depuis longtemps, n’avaient jamais enregistré ensemble et se sont réunis sur proposition de Daniel. On connaît les goûts de chacun pour les aventures musicales ouvertes ainsi qu’en témoigne le choix des œuvres, soit de musiques dites classiques soit signées de personnalités fréquentées.

on aime !
on aime !

Ce qu’on retient dès les premières notes, les premières mesures, ce sont la retenue, la pudeur, un total respect, une grande humilité pendant le déroulement de la musique, de certaines musiques, une gravité assumée, sans pesanteur ni emphase, plutôt un jeu (au sens noble du terme : manière de faire) constamment sérieux, loin des afféteries et mixages du Third Stream cher à Gunther Schuller ou de la « jazzification » d’un Jacques Loussier… et cela sans une seule seconde d’ennui, au contraire.

Céléa-Couturier-Humair - « Tryptic » -  voir en grand cette image
Céléa-Couturier-Humair - « Tryptic »
Bee Jazz / Abeille Musique - 09/2007

Car bien entendu, ce sont les interprétations des « classiques » qui en premier retiennent l’attention : le petit concerto pour batterie de l’Allegretto de la 7ième Symphonie de Beethoven, les unissons piano/contrebasse de l’Adagietto de la 5ième Symphonie de Mahler et la reprise en boucle finale du thème, l’intensité dans le Viol de Lucrèce de Britten, l’aspect tragique du Canticle with Response de John Surman, la délicatesse du Good Mood de Joachim Kühn… tout cela grâce au son quasiment « orchestral » du piano de François Couturier, à son jeu lumineux, à la profondeur et la plénitude des interventions de Jean-Paul Céléa, au drumming allusif, frémissant ou ardant d’un Humair impérial… bref, à cette conception à la fois rigoureuse et libertaire de ce trio tout simplement (!) magnifique (mais, pouvait-il en être autrement ?).

Incontestablement, l’un des grands disques de cette année 2007.

 :: : Jacques Chesnel :: :

Au printemps de cette année 2007, lors du vernissage de l’exposition qui lui était consacrée au musée de Coutances, je conversai avec Daniel Humair à propos de l’album du guitariste Manu Codjia - Songlines, également chez Bee Jazz - qui venait tout juste de paraître et dans lequel il joue un rôle décisif. Il en vint alors à me parler de cet enregistrement en trio en compagnie de Jean-Paul Céléa et François Couturier avec un enthousiasme juvénile. De toute évidence, le batteur avait pris beaucoup de plaisir et ce projet lui tenait à cœur, c’était évident... Et cela s’entend. Ce disque est un vrai bonheur, aussi, pour l’auditeur.

 :: : Thierry Giard :: :


> CÉLÉA / COUTURIER / HUMAIR - Tryptic - Bee Jazz bee 022 - distribution Abeille Musique

JEAN-PAUL CÉLÉA (contrebasse) FRANÇOIS COUTURIER (piano)
DANIEL HUMAIR (batterie)

1. Adagietto (d’après Mahler, Symphonie n°5) / 2. Canticle With Response (John Surman) / 3. Lucretia (d’après Benjamin Britten, Le Viol de Lucrèce) / 4. Good Mood (Joachim Kühn) / 5. Instant (Celea/Couturier/Humair) / 6. Inki (Harald Pepl) / 7. Ludwig (d’après Ludwig van Beethoven, Symphonie n° 7) / 8. Tarquinius (d’après Benjamin Britten, Le Viol de Lucrèce) / 9. Cavatina (Stanley Myers) / 10. Dramadrôme (Daniel Humair) / 11. Canticle with Response (John Surman)

Enregistré en décembre 2006 au Studio de La Buissonne.


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