« Le jazz tisse sa toile... »
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« Chez Papa » Paris - Saint-Germain des Prés

D 25 janvier 2008     H 22:11     A Christian Ducasse    


S’il existe un quartier où le jazz a rayonné c’est bien celui de Saint-Germain des Près. Qu’en est-il en 2008 ?

Rue St-Benoît et alentour, les souvenirs sont forts de lieux où le swing fut célébré, une élégante ferveur .

L’ hôtel Latitudes, le Montana, et fort récemment encore le Bilboquet donnaient à entendre des formations de qualité. A peine plus loin, la Villa sous la férule d’un programmateur« comme on en fait plus », Dany Michel, a révélé ou remis en selle de grosses pointures. Pas de nostalgie mais une histoire sans cesse en devenir incessants rebonds.

Alain Brunet et Olivier Hutman  -  voir en grand cette image
Alain Brunet et Olivier Hutman
« Chez Papa » photo © Christian Ducasse

« Chez Papa » comme l’indique assez joliment l’intitulé, on s’éloigne du récital en haute tension, non qu’ici on joue une musique pépère. Quand au centre de ce restaurant spacieux le pianiste Olivier Hutman et le trompettiste Alain Brunet officient, épaulés par un indispensable Bruno Rousselet à la contrebasse. Le pédigrée d’Olivier Hutman nous indique que le dilettantisme n’habite pas le personnage, ses récentes compositions pour Anne Ducros le hissent assez haut aux oreilles attentives. Son nouveau disque à paraître chez Nocturne avec le saxophoniste Jacques Schwarz-Bart nous met l’eau à la bouche.

Alain Brunet et Olivier Hutman  -  voir en grand cette image
Alain Brunet et Olivier Hutman
« Chez Papa » photo © Christian Ducasse

Il officie sur un beau quart de queue blanc, qui n’est pas idéal comme couleur pour la sonorité de l’instrument dixit Olivier.

Alain Brunet possède cette sonorité chantante au bugle et à la trompette en harmonie avec les titres qu’il affectionne, puisés chez Gainsbourg notamment. Il se risque dans un doux scat et sa sourdine fait merveille. On le comprend l’affaire va bon train, on se sent vraiment à son aise dans cette salle confortable : au mur des centaines de graffitis sculptés à même le plâtre, une liberté dont ne se privent pas les clients, célèbres ou anonymes pour signer leur passage. Alternent aussi, pochettes de vinyles et romans ajoutées aux affiches du plafond , écho d’expositions de peinture. L’art est multiple « chez Papa » , l’heure du jazz reste le moment attendu de toute une journée, y compris pour le personnel de service qui n’hésite pas à jouer à l’unisson avec un thème connu.

Olivier Hutman, Bruno Rousselet et Alain Brunet  -  voir en grand cette image
Olivier Hutman, Bruno Rousselet et Alain Brunet
« Chez Papa » photo © Christian Ducasse

Habitués du club, des musiciens viennent pour jammer en fin de soirée, d’autres s’attablent autour d’une verre comme ces deux touristes qui commandent un café en attendant mieux. Xavier Richardeau, saxophoniste baryton et champion tout terrain des lieux sans manière se produit tous les mardis, les pianistes Pierre Christophe, Vincent Bourgeyx, Philippe Milanta sont aussi assidus.

Une adresse à visiter pour une musique qui se déguste aussi aisément que le vin servi en pichet. Pourquoi se priver ?


> Jazz Club & Restaurant « Chez Papa » / 3 rue Saint Benoit / Saint Germain - Paris 6e