« Le jazz tisse sa toile... »
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CARATINI JAZZ ENSEMBLE : jazz et chanson réaliste.

« De l’amour et du réel, Live au Vauban, Brest », avec Hildegarde Wanzlawe.

D 16 avril 2008     H 07:28     A Jacques Chesnel    


Le Jazz Ensemble s’inscrit dans la continuité du Onztet créé en 1979 ; il rassemble quelques-uns des meilleurs musiciens français toutes générations confondues. Plutôt que de demeurer un orchestre de jazz de plus comme il y en a tant maintenant, certains remarquables , le Jazz Ensemble est devenu à la fois une machine à remonter le temps et un engin explorateur de l’avenir le plus inventif, diversifiant ses programmes, notamment l’histoire du Jazz, la musique de bal et, dans ce disque, la chanson réaliste.

Caratini Jazz Ensemble - « De l'amour et du réel » -  voir en grand cette image
Caratini Jazz Ensemble - « De l’amour et du réel »
Le Chant du Monde - dist. Harmonia Mundi - avril 2008

Surtout depuis Claude Nougaro et grâce à lui, on sait que le Jazz et la Java peuvent faire bon ménage En 1998, le grand Charles, Aznavour, amateur de jazz, enregistra ses propres chansons avec des vedettes de jazz sur des arrangements de Pierre Drevet ou André Manoukian, le disque Jazznavour.

Mais pour accoupler le Jazz et la chanson réaliste et populaire, celle chantée au début du XXième siècle par Fréhel, Damia, Lys Gauty, Berthe Sylva, Marie Dubas ou Edith Piaf, il fallait bien que ces refrains aient marqué profondément la mémoire d’un musicien tel que Patrice Caratini pour réaliser cette liaison apparemment, j’écris bien apparemment, contradictoire. Et pourtant quelle différence y a-t-il entre le blues de Bessie Smith, les standards magnifiés par les Billie Holiday, Dinah Washington, Ella Fitzgerald, Sarah Vaughan, les Double-Six de Mimi Perrin ou Frank Sinatra, Tony Bennett et ces grands interprètes qui donnèrent à la chanson en langue française ses lettres de noblesse, si ce n’est justement la langue ? Et ainsi que le souligne Patrice, nulle différence entre les thèmes et paroles des standards de jazz et ceux et celles de ces chansons inscrites dans notre patrimoine culturel.

Pour ce projet ambitieux et néanmoins hasardeux (satisfaire deux publics), P.C., qui connaît bien la chanson pour avoir accompagner des vedettes comme Maxime Leforestier et Georges Moustaki, a fait appel à une chanteuse, Hildegarde Wanzlawe, française d’origine slovaquo-polonaise, dont la voix et la diction évoquent celles des grandes chanteuses ou actrices de langue allemande, de Lotte Lehmann et Marlène Dietrich à Ingrid Caven et Ute Lemper. Sans abuser de la déclamation ou de la grandiloquence, cette interprète s’inscrit bien dans la lignée de Damia et Lys Gauty, chanteuse-diseuse comme elles, qui savent installer une atmosphère dramatique et instaurer un climat d’émotions fortes, voire bouleversantes (notamment dans Je ne t’aime pas, musique de Kurt Weil et Mon légionnaire de Raymond Asso et Marguerite Monnot). Les arrangements soulignent parfaitement le propos ainsi que les interventions des solistes ; comme quoi le mélange des genres (généralement peu apprécié en France) peut s’avérer une excellente initiative, une réussite totale ; on en a ici la preuve, indéniable.


> CARATINI JAZZ ENSEMBLE et HILDEGARDE WANZLAWE : « De l’amour et du réel » - le Chant du Monde 274 1591 - distribution Harmonia Mundi

PATRICE CARATINI (contrebasse, arrangeur, direction), HILDEGARDE
WANZLAWE (chant), ANDRÉ VILLÉGER, MATTHIEU DONARIER, RÉMY SCIUTO (anches), CLAUDE EGEA, PIERRE DREVET (trompette), DENIS LELOUP ( trombone), FRANÇOIS BONHOMME (cor), FRANÇOIS THUILLIER (tuba), DAVID CHEVALIER (guitares), MANUEL ROCHEMAN (piano), THOMAS GRIMMONPREZ (batterie), SÉBASTIEN QUEZADA (percussions latine)

Créé sur scène en janvier 2005 au Théâtre Les Gémeaux à Sceaux et enregistré « live » par Charles Caratini en décembre 2007 au Vauban à Brest.

1/ La vipère. 2/ Mon homme. 3/ Le train fatal. 4/ La grasse matinée.
5/ Emigrants de l’enfance. 6/ Les petits pavés. 7/ Je ne t’aima pas.
8/ Pluie. 9/ Du gris. 10/ Départ. 11/ Mon légionnaire.


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