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Dave Douglas Quintet / Jazz sous les Pommiers, le 30 avril 2008.

Le concert qu’il ne fallait pas manquer !

D 5 mai 2008     H 14:28     A Jean-Pierre Poirier    


Le concert qu’il ne fallait pas manquer cette année à Coutances ne fut hélas pas celui de Wayne Shorter. Je n’en dirai pas davantage sur ce sujet, eu égard au respect que j’ai pour ce grand musicien.

Le concert qu’il ne fallait pas manquer, ce fut donc celui du quintet de Dave Douglas. Je découvrais pour ma part ce musicien New-Yorkais dont on m’avait dit le plus grand bien. Que de qualités en effet réunies ici pour le plus grand plaisir d’un public qui sortit comblé après près de deux heures de musique sans auncun moment de faiblesse ou d’ennui.

Dave Douglas Quintet à Coutances le 30 avril 2008 -  voir en grand cette image
Dave Douglas Quintet à Coutances le 30 avril 2008
Festival Jazz sous les Pommiers - Photo © CultureJazz

Une musique parfaitement équilibrée entre écriture et improvisation. Une écriture d’une inventivité et d’une liberté qui surprend à chaque titre, basée souvent sur une formule rhytmique minimaliste savamment développée par un travail sur la forme nourri d’une profonde intelligence musicale.

Le leader, magnifique trompettiste à la sonorité parfaitement dosée entre cuivre et velours, fait preuve d’une humilité émouvante, ne s’étendant jamais longuement dans ses chorus, soutenant ou commentant subtilement les improvisations du jeune et éblouissant saxophoniste Donny McCaslin, à qui il laisse la part du lion.

Derrière eux, la section rythmique prodigue un son velouté avec une grande maîtrise des nuances, tantôt ronronnant sensuellement, tantôt faisant feu de tout bois. Le bois notamment de la contrebasse de ce géant placide nommé James Genus. Le bois, il connaît cet homme-là (un homme des bois ?). Entre ses mains, l’instrument semble un jouet docile et la sonorité qu’il en tire est un régal. Nul doute qu’entre lui et le bois, le courant passe. Côté batterie, ça claque, ça frotte, ça cogne quand il faut et ça construit-déconstruit les propositions rythmiques du compositeur avec une aisance sans faille. Côté piano, ça scintille de partout avec ce Fender Rhodes qui jamais n’agresse l’oreille et qui diffuse subtilement un soutien harmonique coloré. La cohésion entre les trois hommes est parfaite, l’écoute mutuelle au maximum.

Dave Douglas à Coutances le 30 avril 2008 -  voir en grand cette image
Dave Douglas à Coutances le 30 avril 2008
« Backstage » Festival Jazz sous les Pommiers - Photo © CultureJazz

Tout cela est fait pour le plus grand plaisir des musiciens et du public, qu’il soit « connaisseur » ou pas. Dave Douglas est sans nul doute un artiste qui a le plus grand respect pour ce dernier et qui lui sert ce qui se fait de mieux en s’assurant de la complicité de ses partenaires dans cette mission.

Ce qu’il y a d’étonnant dans la musique de Dave Douglas, c’est que, bien que née d’une démarche créatrice plus conceptuelle qu’expressive, elle parvient à vous émouvoir profondément par sa beauté et par la générosité avec laquelle elle est délivrée.

La musique de Dave Douglas rend les gens heureux. A Coutances, comme sans doute dans bien d’autres lieux, il a fait triomphe, amplement mérité.


> Dave Douglas Quintet - mercredi 30 avril 2008 - Théâtre de Coutances / Festival Jazz sous les Pommiers

Dave Douglas : trompette, compositions, arrangements / Donny McCaslin : saxophone ténor / Orrin Evans : fender rhodes / James Genus : contrebasse / Clarence Penn : batterie.


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