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Andy Emler, la série : UN SOIR À LA COUPOLE !

Un truc vraiment spécial pour un anniversaire...

D 18 mai 2008     H 19:04     A Alain Gauthier    


Avez-vous rêvé d’organiser un truc spécial pour votre anniversaire ? quelque chose de pas ordinaire ? d’inhabituel ? du jamais vu peut-être ?

Andy Emler l’a fait. Il a mis le feu à la Coupole. Non, pas la brasserie de Montparnasse, ni la coupole des Immortels. Celle de Combs-La-Ville, celle des humains d’aujourd’hui qui préfèrent l’aventure d’un concert live à la Star’ac pixellisée et sans surprise.

Andy Emler, par Christian Ducasse. -  voir en grand cette image
Andy Emler, par Christian Ducasse.
Photo © Christian Ducasse / promo A. Emler

Andy Emler a 50 ans. Et à défaut de réunir 50 personnes sur scène, il a convié :

  • 6 déjanté-e-s des baguettes, de la mailloche et de la vache-qui-fait -meuh : l’ensemble des Percussions de Strasbourg. Oui-oui, l’ensemble mythique. Jean-Paul Bernard, Claude Ferrier, Bernard Lesage, Keiko Nakamura, François Papirer et Olaf Tzchoppe ;
  • les 8 furieux de son MégaOctet : Éric Échampart, Claude Tchamitchian, François Verly, Médéric Collignon, Guillaume Orti, Thomas de Pourquery, Laurent Dehors et François Thuillet ;
  • la somptueuse Élise Caron ;
  • et Monsieur Michel Portal.

Et ces 17-là ont mis le feu à la Coupole à la façon d’un feu d’artifice en intérieur. Celui qui ne dérange pas les voisins derrière l’allée de troènes et n’alerte pas les pompiers, celui dont les éclats luisent longtemps après.

Impossible de les citer tous et chacun-chacune. Il est bon de rappeler qu’un artiste n’est qu’un homme ( mille excuses, Élise et Keiko !! ) et qu’il lui arrive de ne pas être bon ou au top en concert.

L. Dehors, C. Tchamitchian, A. Emler, F. Thuillier -  voir en grand cette image
L. Dehors, C. Tchamitchian, A. Emler, F. Thuillier
au Mans le 9 mai 2008 - Photo © CultureJazz

Pas ce soir, pas ce vendredi 16 mai. Ils ont tous été « d’intrépides virtuoses », ensemble et chacun leur tour.

Michel Portal ? Il a ouvert le bal. Grand solo introductif, lancinant, généreux, répétitif et s’est retrouvé mis à contribution dans divers duos improvisés : plaisir. Son solo de bandonéon soutenu par TOUS m’a donné des frissons.

Guillaume Orti souffle dans un sax alto. Soit. Mais son sax est l’incroyable prolongement de tout son corps : cris, chant, bras au ciel ( un seul à la fois tout de même... ), genou obstruant le pavillon, yeux perdus dans les cintres.... Un morceau de bravoure.

Médéric Collignon : l’homme qui est tombé dans la potion magique : « tout petit déjà, j’avais remarqué qu’il était inutile de recharger mes piles »...., Thomas de Pourquery embarqué dans un chorus dédoublé, genre « je prends mon temps les gars, un peu de mélodie, c’est bien aussi » avant de rejoindre ses acolytes dans un tempo de feu, et Tchamitchian qui dévale le manche de sa basse dans tous les sens, et Échampart qui dialogue avec tout ce gang de percussionnistes tout en tenant le groove et Verly qui maltraite bien ses tablas et Laurent Dehors qui dialogue avec Portal par clarinette basse interposée ou arrache à son ténor des cris suraigus et François Thuillet, qui raconte dans le tuyau tarabiscoté de son tuba des histoires à poly-sons.....Quelle équipe !!

T. de Pourquery, L. Dehors, A. Emler, C. Tchamitchian, E. Echampard -  voir en grand cette image
T. de Pourquery, L. Dehors, A. Emler, C. Tchamitchian, E. Echampard
au Mans le 9 mai 2008 - Photo © CultureJazz

Et puis, il y a Élise Caron. Et sa voix. Qui vous fait l’effet d’un scalpel. Discret. Qui vous incise la peau et vous envahit. Là, ici, partout et même dans des endroits de vous dont vous ignoriez l’existence. Et qui vous mène hors de vous par cette même incision et vous offre un voyage extraordinaire jusqu’à ce que votre vous disparaisse. Un trip de néo-post-soixant’huitard. Pas besoin de LSD, d’excta ou de rhubarbe séchée !! Vous y êtes !!!

Et au milieu de ce capharnaüm, Andy Emler tel un grand gosse, ravi de cette bonne blague, hilare, pianotant des citations ici ou là ( «  Non, rien de rien »,... ) et tenant la barre d’une manière telle que bien des managers devraient s’en inspirer.

Vivement son prochain anniversaire.


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