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AVICE / GLEIZES / RUDER & Benjamin SANZ Quintet : à Paris le 2 juin.

UN SOIR AU NEW MORNING...

D 5 juin 2008     H 11:46     A Alain Gauthier    


Après une année entière passée sous l’empreinte ( l’emprise ? ) du slogan « Travailler plus pour travailler plus », modèle parfait de récursivité appliquée à la notion de progrès perpétuel, à la société de la performance et du dopage, il est temps de s’en affranchir. Et le slogan nouveau est : « en juin, fais-en muin !! »...

Et pourquoi pas commencer en sortant un lundi soir et gaspiller sa force de travail hebdomadaire au New Morning ?

D’autant plus que l’annonce est alléchante : deux groupes de « l’underground parisien ». En toubon dans le texte, des groupes « souterrains » et peut-être même « d’avant-garde ». S’ils sont souterrains, voilà qu’ils montent à la surface. S’ils sont d’avant-garde, ils se laissent rejoindre par le corps d’armée.

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En première partie, le trio composé de Aymeric Avice, trompette et électricité, Philippe Gleizes, batterie et Bruno Ruder, piano électrique. Un set non stop où alternent des tempi élevés ou lents, où, au-delà des bribes de thèmes, les trois lascars se lâchent dans une musique qui rappelle furieusement Jon Hassel pour la trompette, l’électricité et les pédales diverses, Art Zoid pour un je ne sais quoi et les 70’ pour les sons pas propres du piano électrique. Bref : un genre de cross fertilization, (en toubon dans le texte : de l’échangisme musical ) qui n’a d’avant garde que l’état de la recherche du trio. À noter la débauche d’énergie de Ph. Gleizes qui joue comme un diable à qui on aurait greffé quelques bras, tout à fait dans la lignée de Jus de Bocse.

Puis vient le quintet de Benjamin Sanz : basse ( Idriss Mlanao ), piano (Jérome Matthieu ), trompette ( Rasul Siddik ) et sax ( Boris Blanchet ) ainsi que batterie (Benjamin Sanz, leader ).
Là, on fait dans le répertoire auto-produit, avec des pièces des sus-dits.
C’est enlevé, généreux, tonique. Un pour tous et tous pour un.

Boris Blanchet, à entendre cet été dans le groupe de Simon Goubert, produit un son puissant, se montre véloce et inventif et son binôme, Rasul Siddik, le lui rend bien.
Et la rythmique nous offre quelques soli à la façon d’un pur trio piano-basse-batterie.

Belle entente entre tous et plaisir partagé avec les spectateurs.


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