« Le jazz tisse sa toile... »
Vous êtes ici : Accueil » Jazz en action » JAZZ CAMPUS EN CLUNISOIS (2) : allons à Donzy...

JAZZ CAMPUS EN CLUNISOIS (2) : allons à Donzy...

DONZY LE NATIONAL le 18 août 2008

D 27 août 2008     H 20:12     A Alain Gauthier    


DONZY LE NATIONAL, Saône et Loire. Son saloon et dancing, son café de pays et hôtel. Ici, les maisons ne font pas dans le style mobilhome jetable. Elles ont les pieds dans le sol et sont faites pour durer.

Et le Grand Théâtre Tilhomme, c’est où qu’il est ? Derrière l’église ? Ben t’as qu’à suivre les flèches, mon gars. Et autant dire que sans le fléchage, la carte IGN au 25000ème est bienvenue. Tu quittes le bourg et tu roules. Tu roules, tu montes, tu tournes, tu roules, tu montes, tu tournes. Et tu te demandes : est-ce cette ferme là-bas ? ou ce gros bâtiment ici ? Non. Tu roules jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien à voir. Rien du tout. Et là, c’est le toit du monde clunisois. Au-dessus, il n’y a plus que le ciel. Panorama sublime. Le courant d’air permanent invite à bien fermer les fenêtres les jours de tempête sauf à retrouver des algues dans les rideaux.

Claudia Solal -  voir en grand cette image
Claudia Solal
Photo @ CultureJazz - Coutances 05/2008

Et le théâtre, c’est où qu’il est ? Ben, tu fais 100 m à pied et là, dans un creux, il y a comme une grange détournée. Et une grange détournée, n’est-ce pas déjà un lieu d’art et de culture ? Donc de vie ?

Tant d’idées se bousculent devant ce lieu : qu’il y en a encore des assez fous fêlés pour commettre ça, et que bravo pour la quête nécessaire hors des chemins routiniers pour y parvenir, et que déjà, on ne peut que se sentir touché-remué avant même le concert du soir.

Les inventeurs du lieu, Jacques et Evelyne PIEILLER, théâtreux à la ville et à la campagne, sont de cette engeance qui vit son utopie. Laquelle aujourd’hui n’est plus une utopie. Mais une lutte. Contre le projet d’installer une scierie là, tout près. Ils se battent au milieu d’intérêts divergents : DDE, mairie, etc... Une pétition de soutien circule.

Et le concert, direz-vous ?

D’abord, résoudre le problème des organisateurs à savoir :

  • sachant que la salle dispose de 71 places assises,
  • que les ateliers du festival regroupent environ 100 stagiaires, lesquels ont accès à tous les concerts,
  • que de nombreuses places sont déjà achetées ou réservées,
  • que d’aucuns voudraient acheter leur billet sur place,

Comment satisfaire le plus grand nombre de spectateurs ?

Enfin, Jean-Charles RICHARD ( sax et flûte ) et Claudia SOLAL, voix vocale, s’en viennent nous réjouir les oreilles. Inutile d’utiliser les catégories habituelles pour se repérer à travers leur répertoire du jour : jazz ? Lyrique ? Contemporain ? Lied ? Poésie déclamée ? Cri primal ? Pri crimal ? Il s’agit d’une performance au sens artistique de la chose : un Ici et Maintenant totalement éphémère. Bravo.

Suit le trio de Dominique PIFARÉLY ( violon ) avec Julien PADOVANI aux claviers et Éric GROLLEAU à la batterie.

Dominique Pifarély -  voir en grand cette image
Dominique Pifarély
@ Culturejazz - (le Mans 05/2008)

Programmer ce trio relève de la prise de risque et du culot tant cette musique est d’un abord difficile. Les deux premiers morceaux sont nécessaires pour s’ouvrir à ce monde inouï et y entrer. Pour se laisser emmener dans un univers sonore différent. Ensuite, juste se laisser aller et en redemander. Le bis nous vaut une pièce qui nous rappelle la beauté intemporelle du blues.

Cette soirée, à l’écart des sentiers marchands ( oui oui… ), ranime des souvenirs et des idées que Carlito (comme l’appelle Jean-François Probst) veut nous faire oublier et que Guy Debord, en son temps, avait soulignés : ni marchandisation ni spectaculaire. Penser à relire « La société du spectacle. »