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La vitrine d’avril 2011 : un bouquet de printemps.

D 17 avril 2011     H 09:37     A Thierry Giard, Yves Dorison    


Pour cette vitrine de disques du mois d’avril 2011, nous avons retenu une sélection exclusivement européenne.

Huit albums récents et même à peine sortis sur l’étalage pour réveiller les envies de couleurs et de saveurs de ce printemps. À ce titre d’ailleurs, le trio Godard - Tortiller - Héral rappelle qu’il a un certain savoir faire !

Comme à notre habitude et par impartialité, nous avons opté pour l’ordre alphabétique...

Julian GETREAU : "Paper Plane’

Julian GETREAU : "Paper Plane' -  voir en grand cette image
Julian GETREAU : "Paper Plane’
Must Record / DG Diffusion

> Must Record MR 6215-2 - 2011 - distribution DG Diffusion

Julian Getreau : Hammond B3 / Matteo Pastorino : clarinette / Jean-Philippe Grégoire : guitare / Antoine Banville : batterie
Invité sur 3 & 9 : Nicolas Folmer : trompette

01. Paper Plane / .2. Melissa / 03. Let’s RDV / 04. L’ange de l’Est / 05. Kasploosh / 06. Calm idea / 07. Finally free / 08. Five 4 junction / 09. Full energy

Julian Getreau aime le jazz et le groove ; il les marie avec un certain bonheur. Surpris au préalable par la présence d’une clarinette, ce qui à proximité d’un B3 est assez rare, on s’en accommode cependant avec aisance, d’autant qu’elle est inventive. Le leader laisse à ses condisciples bien des espaces et c’est toujours bon signe. Présent avec pondération, il sert ses compositions plus qu’il ne s’en sert, et c’est tout à son honneur. Le drive d’Antoine Banville, avec la finesse, l’énergie et la précision qu’on lui reconnaît, ne manque pas d’aplomb. De fait, dans cet enregistrement, chacun tient son rang avec justesse. Le swing ainsi produit donne des fourmis dans les jambes et l’on éprouve un grand plaisir à écouter cet album conçu entre binaire et ternaire, comme au temps de Grant Green et consorts. On a même du bonheur à le voir déraper passagèrement vers des contrées moins mainstream.

  • Mieux qu’un disque tourné vers le passé, c’est un enregistrement véritablement actuel qui se démarque de bien des productions.

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Michel GODARD - Franck TORTILLER - Patrice HÉRAL : « Ivresses »

GODARD - TORTILLER - HÉRAL : « Ivresses » -  voir en grand cette image
GODARD - TORTILLER - HÉRAL : « Ivresses »
Yellowbird-enja / Harmonia Mundi

> Yellowbird Yeb 7718 - distribution Harmonia Mundi

Michel Godard : serpent, basse, tuba / Franck Tortiller : vibraphone, marimba /
Patrice Héral : percusions, voix, électronique

01. Si Dolce E’L Tormento / 02. Autres Voluptes / 03. Ivresses / 04. Deker / 05. Il Vino Solitario / 06. In Vino / 07. Syrah / 08. A Monk’S Clavelin / 09. Bourguignone / 10. Sons,Voix, Midi Rouge Et Carignan / 11. Dommages / 12. In Paradisum

En juillet 2010, le tubiste, « serpentiste » et bassiste Michel Godard a réuni l’Art Ensemble d’œnophiles, qu’il a constitué avec Patrice Héral et Franck Tortiller, assemblage de fin palais des notes bleues et des vins rouges et blancs.

  • Leur joyeuse méditation sur le divin nectar s’est tenue en l’abbaye cistercienne de Noirlac, dans le Cher, au « centre de la France » (c’est ce qui se dit !), pour plus d’impartialité.
  • Que voilà une musique savoureuse et colorée ! Elle révèle ses notes épicées par les percussions de P. Héral (le languedocien), et le marimba de F. Tortiller (le bourguignon), le grave du tuba en contrepoint des aigus du vibraphone, les volutes de la voix pour l’élévation spirituelle. Une musique aux reflets changeants puisque chacun dispose d’une palette instrumentale raisonnablement élargie.
    on aime !
    on aime !
  • D’une étape à l’autre de cette dégustation, les teintes changent, les formes aussi, d’une pièce de Monteverdi aux rythmes du blues, d’un traditionnel bourguignon aux propos illustrés d’un passionné des vins du sud... Une agréable harmonie de saveurs, que viennent compléter le texte et les photos superbes et très réalistes de Roberto Petronio.

Ce trio sans leader attitré, millésimé 2007 (au moins), s’est soudé autour de passions communes pour la musique et les grands crus nous invite à trinquer pour le bonheur du jazz. Ce nouveau disque, Ivresses, est à consommer sans modération : inventif, optimiste et équilibré. À votre santé !

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Gaël HORELLOU : « Travels »

Gaël HORELLOU : « Travels » -  voir en grand cette image
Gaël HORELLOU : « Travels »
Petit Label / Les Allumés du Jazz

> Petit Label PL028 - distribution Les Allumés du Jazz etwww.petitlabel.com

Gaël Horellou : saxophone alto, ordinateur, effets, compositions(sauf 6)

01. The Freedom Song / 02. Fractals / 03. River Terrace / 04. 7T / 05. Sunset in Kratie / 06. Nature Boy (Eden Ahbez)

Le thème de Nature Boy n’est pas là par hasard. On imagine que Gaël Horellou a pu le choisir comme une signature pour conclure ce disque qui sonne comme un hommage au saxophone alto.

  • Pendant l’année 2010, dans son paisible refuge de l’Aude, le saxophoniste a enregistré et mixé cette suite de tableaux sonores dans lesquels le chant de l’alto se démultiplie et se transfigure à l’aide d’outils informatiques utilisés avec finesse et sobriété pour orchestrer son discours.

C’est la seconde face de Gaël Horellou, alias Dual Snake, l’artiste qui suit une voie à part dans la sphère des musiques électroniques : il reste instrumentiste avant tout. Dans ce contexte, comme lorqu’il joue du be-bop avec ses copains à Caen, Paris, Mâcon ou ailleurs ou qu’il emboîte le pas au batteur Ari Hoenig, Gaël Horellou reste lui-même, en toute simplicité. Il chemine, tout naturellement.

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Chris JENNINGS Quartet

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CHRIS JENNINGS Quartet
Promise Land / Codaex

> Promise Land Records PL005 - distribution Codaex

Pierre Perchaud : guitare acoustique / Manu Codjia : guitare électrique / Chris Jennings : contrebasse / Patrick Goraguer : batterie

01. Glüg / 02. Riyaz / 03. August / 04. Trieste klok / 05. This cottage in the country / 06. Windows / 07. Push / 08. Figure at the bottom

Parmi les disques récemment reçus, nous avons tout particulièrement retenu ce premier enregistrement sous son nom du contrebassiste canadien Chris Jennings. L’originalité du choix instrumental avec deux guitares, acoustique et électrique, associées aux noms de Pierre Perchaud et Manu Codjia, est une excellente idée. Elle se traduit par un mélange des sonorités d’une fraîcheur non conformiste qui implémente d’entrée l’ambiance générale de ce disque. Chris Jennings et Patrick Goraguer privilégient l’équilibre du quartet par une présence rythmique solide. La thématique mélodique est riche de bien des couleurs. Elle est le reflet des expériences multiples qu’a développées le contrebassiste ces dernières années. Celui-ci, dont le doigté allie la fermeté et la souplesse, œuvre à la création d’un espace musical ample.

  • Il y a un souffle dans cette musique qui ancre son expression dans un bain de sonorités terraquées dont les jaillissements alternent avec des contrechamps plus éthérés et des méandres qui évoquent autrement les grands espaces. On retrouve là d’ailleurs quelques similitudes avec la musique de Karl Jannuska et Sienna Dahlen, qui, bien que plus apaisée, porte des ambiances musicales assez proches. Ce n’est pas un reproche, juste un constat.
  • En tout cas, ce premier disque éponyme est à coup sûr une réussite.

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Roberto NEGRO TRIO : « Downtown Sorry »

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Roberto NEGRO TRIO : « Downtown Sorry »
Auto production / www.trio.robertonegro.com

> Auto production - commander sur www.trio.robertonegro.com

Roberto Negro : piano, nordlead, glockenspiel / Adrien Chennebault : Batterie, percussions / Jérôme Arrighi : basse // Invités : Didou : voix / Lucas Saint Cricq : saxophones baryton, alto & soprano / Maxime Berton : saxophones ténor & soprano

Downtown sorry / Chris crossing the blues / The poulpatch / Xo 1 lince / To the beach / Danse paysanne / Xo 2 Radio / Blues for Bela / Xo3 Voices & noises from Sofia

Roberto Negro possède un sens de la dramaturgie évident qui donne à ses compositions une épaisseur peu courante. A la croisée des influences multiples souvent repérées de nos jours chez les musiciens émergents, le pianiste parvient à imposer un univers personnel riche de bien des facettes. On est souvent étonné par les chemins de traverse empruntés, pour le meilleur.

  • Même si l’on éprouve parfois quelques réticences d’ordre stylistique, on se doit de remarquer que le travail réalisé ne manque pas d’une certaine audace qui place ce trio parmi les plus originaux du moment. Dans une veine musicale somme toute actuelle, le trio et ses invités font preuve d’un sens de la narration et d’une inventivité qui retiennent l’attention.

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Hans OLDING : « No place like home »

Hans OLDING : « No place like home » -  voir en grand cette image
Hans OLDING : « No place like home »
El Dingo records / hansolding.com

> El Dingo records - contact sur www.myspace.com/hansolding et hansolding.com

Hans Olding : guitare / Linus Lindblom : saxophone ténor / Pär-Ola Landin : basse / Chris Montgomery : batterie // Invités : Mattias Stäl : vibraphone (1 & 2) / Fredrik Ljungkvist : clarinette (7)

01. Between olympics / 02. Afro tune / 03. A new deal / 04. Cope with me / 05. Olding swing / 06. Unfilltered / 07. I wash the city off my skin (no place like home)

Hans Olding est encore peu connu par chez nous. Il a pourtant croisé le fer avec Daniel Humair, Francesco Bearzatti ou encore Mikko Innanen. Le suédois propose ses compositions avec un quartet de bonne tenue. Un toucher très aérien et un sens de la mélodie marquée sont ses principaux atouts. Très à l’aise techniquement, Hans Olding sait ne pas trop en faire et privilégie un son de groupe homogène. Avec un batteur et un bassiste très rythmiques, Hans Olding déroule des climats « lourds/légers » qui rappellent à certains moments les Scofield et Abercrombie, années 80. On ne s’en plaint pas d’ailleurs. Il nous manque de l’avoir vu sur scène pour savoir si le travail très léché de studio prend une ampleur scénique de bon aloi.

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PRYSM : « Five »

PRYSM : « Five » -  voir en grand cette image
PRYSM : « Five »
Plus Loin Music / Harmonia Mundi

> Plus Loin Music PL4540 - distribution Harmonia Mundi

Pierre De Bethmann : piano, Fender Rhodes / Christophe Walemme : contrebasse / Benjamin Henocq : batterie // + invités : Rosario Giuliani : saxophones / Manu Codjia : guitare

01. Reflexion / 02. Secret world / 03. Temps dense / 04. X-ray intro / 05. X-ray / 06. The stone cutter intro / 07. The stone cutter / 08. Un des sens

Le retour de Prysm se fait par le biais de ce disque live enregistré à l’Opéra de Lyon lors de deux concerts auxquels nous avons eu le plaisir d’assister. Autant vous dire que c’est une bonne surprise. Musicalement, le trio n’a rien perdu de sa force initiale. Ce qu’il gagne en maturité, il le remet sur la table et le partage avec ses invités, histoire de prouver qu’avec une bonne palette, plus il y a de peintres, plus l’œuvre est dense et renouvelée.

  • Toutes les facettes de leur musique s’en trouvent régénérées. Cette trace discographique n’est donc pas celle d’un retour commercial, mais bien le résultat d’un projet musical abouti. La variété des climats apportés par Rosario Giuliani et Manu Codjia sont d’une haute tenue. Prysm y gagne un supplément de profondeur harmonique, une musicalité autre qui lui sied parfaitement. Un grand disque.

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VERONA : « La solitude du roi »

VERONA : « La solitude du roi » -  voir en grand cette image
VERONA : « La solitude du roi »
Petit Label / les Allumés du Jazz

> Petit Label PL029 - distribution www.petitlabel.com et Les Allumés du Jazz

François Chesnel : piano / Rémy Garçon : saxophones soprano et ténor / Bernard Cochin : contrebasse / Ariel Mamane : batterie

01. Ugly Beauty (T. Monk) / 02. La part des Anges (R. Garçon) / 03. La tristesse du roi (F. Chesnel) / 04. GG (F. Chesnel) / 05. 4D (F. Chesnel) / 06. Thrill (F. Chesnel) / 07. Once around the park (P. Motian) / 08. Closer (F. Chesnel) / 09. Ugly Beauty (T. Monk)

Dans l’esprit et pour le soin apporté à la mise en forme de la musique, La solitude du Roi se rapproche des plus belles productions du label ECM. Le quartet bas-normand Verona a construit ce premier disque avec une grande intelligence. Il s’ouvre et se ferme par un remarquable duo qui entrelace le piano de François Chesnel et le sax soprano de Rémy Garçon sur Ugly Beauty, merveilleuse ballade de Thelonious Monk.

  • On y découvre une musique d’une grande maturité. C’est le résultat de la profonde connivence qui unit ces quatre musiciens habitués de longue date à se côtoyer dans diverses formations et de multiples projets.
  • Les compositions sont des petits trésors mélodiques et ne demandent donc qu’à être découvertes sur ce très beau disque et sur scène.

Vivement conseillé... et en tirage limité (un des principes du Petit Label) !

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© Association CultureJazz® - avril 2011 - www.culturejazz.net®

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