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On the road again - été 2008, ou de Paris à Paris (4)

D 4 octobre 2008     H 08:28     A Michel Delorme    


Et voici Marciac, l’autre très grosse bête des festivals français. À vrai dire une histoire d’eau. Jamais nous n’avions eu un temps aussi stupide. Il a fallu arrêter Omar Sosa au bout d’ un morceau seulement et vider le chapiteau par la même occasion, tant on craignait que les foudres d’ un orage monstrueux ne menacent l’intégrité physique des spectateurs, comme on dit sur les terrains de rugby, my dear . Le concert reprit une heure plus tard mais le cœur n’y était plus. Surtout pour Mme DDB en 2ème partie.

Paolo Fresu à Marciac (2008) -  voir en grand cette image
Paolo Fresu à Marciac (2008)
Photo © Michel Delorme

Un autre soir, pourtant très prometteur (Nascimento/Belmondo, Manu Katché, Emile Parisien ), la décision d’annuler fut prise dès 19H30. C’est le Paolo Fresu Devil Quartet qui, paradoxalement, nous donna la première vision de ce que peut
être le paradis, musical tout du moins. Une ballade sublime (Mimi ?) fut le sommet de sa prestation. Bravo au bureau du jazz qui nous donne tous les matins la feuille de droits d’auteur, liste des titres joués la veille. Quand encore le musicien ne se trompe pas, comme ce fut le cas de Tyner qui s’ appropria le « Naima » de Coltrane !

Avec son tryptique Uri Caine, Masada string trio et Masada acoustic sextet, John Zorn déchaîna cette année encore l’ enthousiasme. En termes de fidélité à un festival, il est à Marciac ce que Jarrett est à Juan. Dave Douglas, que l’ on voit partout, montra qu’ il est bien LE trompettiste actuel. On peut ne pas raffoler de sa sonorité mais quelle intelligence dans le jeu.

Médéric Collignon & Thomas de Pourquery à Marciac (2008) -  voir en grand cette image
Médéric Collignon & Thomas de Pourquery à Marciac (2008)
Photo © Michel Delorme

Je garde la soirée Mehldau, McCoy Tyner pour une réflexion en forme de conclusion à un été bien rempli, et passe sur celle, aseptisée, de Bill Evans et de Metro Express, pour en arriver au final du 14 août. D’Emir Kusturica je n’ entendis que bruit assourdissant et ne vis que gesticulations folkloriques, mais la première partie fut grandiose. Mederic Collignon Septik donna son hommage à la musique d’ Ennio Morricone « Il était une fois la ré-solution ». Un concert tonifiant joué à tombeau ouvert où les instruments
l’emportèrent sur les effets sonores. Tout le monde mit la surmultipliée mais on détachera Médéric, bien-sûr, et le sax de Thomas de Pourquery, enfiévré à souhait. Les formations de Collignon n’ont d’égal que celles d’Andy Emler, où je vous laisse deviner qui tient la trompette ! Ces deux artistes ont eu récemment les honneurs des Victoires du Jazz, honneurs largement mérités tant on ne fait mieux en France ces jours-ci au plan de la folie créatrice.

Virginie Teychené à Marciac (2008) -  voir en grand cette image
Virginie Teychené à Marciac (2008)
Photo © Michel Delorme

Et Marciac n’ est pas qu’ un chapiteau. Le Off sur la place du village nous révéla, entre autres, des artistes de grande valeur comme Medy Gerville, Antonio Farao, Virginie Teychené et surtout le trio de Stéphane Kerecki dont je vous ai déjà parlé à propos de Matthieu Donarier.

Vu également un documentaire instructif sur la genèse d’ un album d’Henri Texier, « Let’ s get lost », film sur Chet Baker, à boire et à manger, et surtout la pièce de Rosemonde Cathala, « L’esprit du jazz » sur la conquête du monde par la musique du peuple noir, le jazz. L’ argument de départ étant la vie de Thelonious Monk.

(A suivre...)


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