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Quand la musique fait son cinéma …

Matt TURNER / Peg & Bill CARROTHERS d’un côté et Greg ZLAP de l’autre.

D 22 octobre 2008     H 09:14     A Jacques Chesnel    


Matt TURNER / Peg & Bill CARROTHERS : « The voices that are gone »

Encore une histoire de cinéma, comme le précise Philippe Ghielmetti, assidu des ciné-clubs télévisuels et producteur de ce disque à nul autre pareil.

Après l’enregistrement de Armistice 1918 avec ces mêmes musiciens, le violoncelliste américain Matt Turner fait part de son envie d’un projet autour de Stephen Collins Foster (1826 -1864), considéré comme le père de cette musique américaine que l’on retrouve notamment le film de John Ford The Sun Shines Bright et dans I Dream of Jeanie de Allan Dwan, film biographique sur Stephen Foster dont toute la musique est constituée de quelques unes de ses partitions (voir la liste complète de ses œuvres sur wwww.pdmusic.org/foster.html).

Matt Turner - « The voices are gone » -  voir en grand cette image
Matt Turner - « The voices are gone »
Illusions - 2008

Quel bonheur de redécouvrir ces morceaux qu’on a si souvent entendu, un peu oublié et qui resurgissent dans notre mémoire comme ce My Old Kentucky Home, Good Night dans ces cinq interprétations différentes : en solo de violoncelle sonnant presque comme une guitare basse ; chanté par Peg Carrothers de sa voix si pure, désincarnée ; en piano solo ; en version lente comme épurée ou chantée comme une berceuse ; ou bien ce Beautiful Dreamer, composition divinement, rêveusement exposée par le trio puis repris en version chorale avec re-recording après l’intro au violoncelle ; sidérante cette version galopante de Oh ! Susanna, chanson immémoriale que l’on a tous sifflé un jour au retour du ciné après un film de John Ford, n’importe lequel de ses nombreux westerns …

De cette musique qui, ainsi que l’écrit MattTurner, n’est ni du jazz, ni de la musique classique ni du blues, ces styles y transparaissent tout au long, on retient la dévotion que portent les musiciens à ce compositeur peu ou mal connu, cet immense respect de la mélodie interprétée, la retenue émotionnelle de Matt Turner, la délicatesse dans les variations harmoniques de Bill Carrothers, la toujours présente qualité de la production, qui font de ce témoignage un document exceptionnel.


> Matt TURNER / Peg & Bill CARROTHERS : The voices that are gone
The music of Stephen Foster - Illusions ill 313003 -
- commande en ligne : www.illusionsmusic.fr

Matt Turner (violoncelle), Peg Carrothers (voix), Bill Carrothers (piano, voix)

1/ My Old Kentucky Home, Good Night (violoncelle solo). 2/ My Old Kentucky Home, Good Night. 3/ Beautiful Dreamer. 4/ Camptown Races. 5/ Jeanie With The Light Brown Hair. 6/ Oh ! Susanna. 7/ My Old Kentucky Home, Good Night. 8/ Slumber, My Darling. 9/ The Glendy Burk. 10/ My Old Kentucky Home, Good Night. 11/ Hard Tmes Come Again No More. 12/ Beautiful Dreamer. 13/ My Old Kentucky Home, Good Night.

Enregistrement avril 2008


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Greg ZLAP Road movie(s)

Musicien polonais d’origine, autodidacte devenu harmoniciste virtuose, Greg Szlapczynski dit Zlap, après deux albums (La Part du Diable, 2002 et Varsovie, 2005) propose dans ce Road Movie(s) un voyage à travers des images et des sons, qui nous entraîne sous la houlette d’Yvinek, dans les paysages connus, reconnus, méconnus, contenus dans les fims de Wim Wenders (Paris, Texas), Percy Adlon (Bagdad Café, avec cette présence inoubliable de Jack Palance et la mélodie Calling You de Bob Telson chantée par Jevetta Steele), Spike Lee (Mo’ Better Blues) et Louis Malle (Ascenseur pour l’échafaud). A cela s’ajoutent les compositions personnelles du leader écrites avec la participation de Johan Dalgaard et le Moon River de Johnny Mercer et Henry Mancini.

Greg ZLAP - « Road movie(s) » -  voir en grand cette image
Greg ZLAP - « Road movie(s) »
Le Souffle du Blues / Nocturne - 2008

Elaboré comme le scénario d’un film pour raconter et illustrer une ou des histoire(s), pour revoir ou imaginer des paysages en noir et blanc ou en couleurs et cinémascope, pour déambuler sur des routes chimériques ou légendaires dans une géographie aléatoire vécue ou imaginaire, ce disque est habité par l’esprit du blues et de la country music, celle-ci débarrassée des ses clichés grâce notamment à la voix envoûtante de Ian Segal.

Oui, le souffle du blues est bien présent ici, pourvoyeur de rêves et de souvenirs autant de cinéma que de littérature, celle des grands auteurs-voyageurs, découvreurs de lieux et de nouveaux horizons, qui ont enchanté notre adolescence… et même après elle. Un come back bienvenu, sans l’ombre d’une nostalgie.


> Greg ZLAP : « Road movie(s) » - Le Souffle du Blues SB002 - distribution Nocturne

Greg Szlapczynski (harmonica, voix), Ian Siegal (voix, guitare slide), Seb Martel (guitare, banjo), Johan Dalgaard (piano, orgue), Daniel Yvinec (production, contrebasse), Toma Milteau (batterie).

1/ Wedding Theme (Opening). 2/ Who’s Gonna Tuke Damn’ Soul. 3/ Paris, Texas. 4/ Sleepless Night / Calling You. 5/ The Right Spot. 6/ Knocking On Devils’ Door. 7/ Mo’ Better Blues. 8/ Moon River. 9/ The Harmonica, the Devil & the Chaplin Piano. 10/ Ascenseur Pour l’Echafaud / Night Road. 11/ Now I am the Blues. 12/ Long Way Home. 13/ Wedding Theme (Closing).


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