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JAZZ EN TETE, bis repetita

A Clermont, la programmation jazz est un art

D 28 octobre 2008     H 13:06     A Yves Dorison    


Pour notre second périple clermontois au festival Jazz en Tête 2008, nous avons retrouvé une Maison de la Culture au public nombreux. Une drôle de maison d’ailleurs, avec un hall d’entrée monumental, une scène gigantesque et l’impression qu’en un temps dépassé on a dû ici débattre du dernier rapport du Comité Central avec le camarade soviétique invité pour la circonstance. Tempus fugit.

Laika -  voir en grand cette image
Laika
Jazz en Tête 2008, Clermont-Ferrand.

A l’heure d’aujourd’hui, c’est Laika qui a ouvert la soirée. Accompagnée par Pete Martin, David El-Malek, Darryl Hall et Greg Hutchinson (une marque de pneu concurrente...), la belle métisse a rendu un hommage apprécié à Billie Holiday. Un chant jazz porté par une voix ample et juste, des musiciens calés au millimètre, aucune afféterie : le tour est joué, le public est heureux. Nous avons aimé l’engagement tout en retenue de ce quintet. Car l’hommage est un art difficile. C’est quelquefois une manière de tirer à soi une couverture élégamment portée par des géants à d’autres époques. On masque alors ses faiblesses et, souvent, le déguisement est grotesque. Ici, rien de cela. Simplement une chanteuse de jazz et ses musiciens qui savent ce qu’ils doivent à leur icône.

Aldo Romano, just jazz. -  voir en grand cette image
Aldo Romano, just jazz.
Jazz en Tête 2008, Clermont-Ferrand.

Après l’entracte, le quartet d’Aldo Romano. Leur projet s’appelle « Just jazz ». Beau programme en vérité. Mauro Negri, clarinettiste puissant occupe l’avant scène avec Géraldine Laurent et son saxophone bouillonnant. Michel Benita les soutient à sa manière : une présence forte mais jamais envahissante. Et le batteur me direz-vous ? il est là qui dirige son monde (son beau monde) avec souplesse et brio. Être laudatif à l’égard d’Aldo Romano, c’est courir la redondance, la redite et le ressassement. N’en rien dire, c’est donner au silence la parure du mépris. Voyez donc l’inconfort du chroniqueur, un œil sur le clavier, l’autre perdu dans les souvenirs d’un concert, tendu, resserré autour de musiciens complices, où la source du jazz s’écoule, mêlée aux méandres audacieux de la contemporanéité... Oui mais Aldo Romano ? ... Et bien ce soir-là, il fut une présence musicale, exprimée par les émotions traversières d’un visage humain, rompu à l’exercice, envoûté par les rythmes, encore étonné du plaisir qu’il se donne et transmet. Je vous l’écrit en toute objectivité bien évidemment.

Post Scriptum : nombre de festivals de jazz proposent des programmes variés, de plus en plus souvent autour du jazz, afin de s’assurer une fréquentation conséquente. Jazz en Tête n’a mis à l’affiche que du jazz. Et la salle n’était pas vide. Loin s’en faut. Il semblerait donc qu’il soit encore possible, avec une programmation intelligente et de qualité, de promouvoir la musique que nous aimons. Bel exemple.

> Lire la précédente chronique sur « Jazz en Tête 2008 » (23/10)...


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