« Le jazz tisse sa toile... »
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En vitrine : 10/09 = dix disques neufs !

Du jazz pour tous les goûts (ou presque !)

D 8 octobre 2009     H 12:04     A Jean Buzelin, Thierry Giard, Yves Dorison    


[!sommaire]

Les disques du mois d’octobre 2009.

> John ABERCROMBIE Quartet : « Wait Till You See Her »

> Ganesh ANANDAN / Hans REICHEL : « Self made »

> Stefano BOLLANI : « Stone in the water »

> Matthieu BORÉ : « Frizzante ! »

> Richard GALLIANO : « Paris Concert - Live at the Théâtre du Châtelet »

> Laurent LARCHER TRIO : « Rising »

> Harold LOPEZ-NUSSA Trio : « Herencia »

> NEW ORLEANS JAZZ ORCHESTRA - Irvin MAYFIELD : « Book One »

> Pascal SCHUMACHER Quartet : « Here we Gong »

> Henry THREADGILL ZOOID : « This brings us to - volume 1 »

John ABERCROMBIE Quartet : « Wait Till You See her »

John ABERCROMBIE Quartet : « Wait Till You See her » -  voir en grand cette image
John ABERCROMBIE Quartet : « Wait Till You See her »
ECM / Universal

> ECM 2102 - 179 8630 - distribution Universal

John Abercrombie : guitare / Mark Feldman : violon / Thomas Morgan : contrebasse / Joey Baron : batterie

01. Sad Song / 02. Line-Up / 03. Wait Till You See Her / 04. Trio / 05. I’ve Overlooked Before / 06. Anniversary Waltz / 07. Out Of Towner / 08. Chic Of Araby - Enregistré en décembre 2008 aux Avatar Studios - New-York

« Wait Till You See Her » est une nouvelle étape dans l’association du guitariste John Abercrombie avec le violoniste Mark Feldman. Plus de dix années se sont écoulées depuis leur enregistrement commun en sextet (Open Land en 1998) suivi de trois disques en quartet, toujours pour ECM. Aujourd’hui, cette formation témoigne d’une maturité proche de la sagesse et propose une déclinaison des possibles dans les alliages de couleurs pour trois cordes et percussions. Le quartette atteint la maîtrise d’un quatuor classique mais ne sort jamais de l’univers d’un jazz aérien et swinguant (grâce aussi à Joey Baron, formidable rythmicien-coloriste !) et, parfois malicieusement impertinent. La sonorité du violon de Mark Feldman, boisée, subtilement nuancée s’associe parfaitement aux timbres de la guitare d’Abercrombie. Les énoncés de thèmes (superbes !) jouent sur de discrets décalages qui donnent l’impression d’une musique en suspension, à la beauté envoûtante.

on aime !
on aime !

On remarquera que le contrebassiste Thomas Morgan (né en 1981) occupe la place de son aîné Marc Johnson. Un petit coup de jeune dans cette formation : l’actuel bassiste des Five Elements de Steve Coleman fait merveille dans ce contexte. La rondeur du son, l’aisance dans l’improvisation, la connaissance approfondie du jazz sont des qualités évidentes chez ce jeune musicien qu’on compare parfois à Scott La-Faro, c’est flatteur !

Plus qu’un nouvel élément d’une discographie, ce disque est une pierre remarquable pour jalonner le parcours d’un musiciens hors-pair.

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Ganesh Anandan / Hans Reichel :« Self made »

Ganesh Anandan / Hans Reichel :« Self made » -  voir en grand cette image
Ganesh Anandan / Hans Reichel :« Self made »
Ambiances Magnétiques / Orkhêstra

> Ambiances Magnétiques AM 192 CD – distribution Orkhêstra

Ganesh Anandan (Shruti stick, métallophone), Hans Reichel (daxophone).

Douze compositions de Anandan et Reichel / Enregistré à Wuppertal (Allemagne) en mars 2008.

Si l’on ne mesurait pas ses paroles, on pourrait dire que le guitariste allemand Hans Reichel, l’un des plus grands et originaux musiciens de la nouvelle musique européenne, est scandaleusement méconnu sur le territoire français où il n’a joué que très sporadiquement (surtout au tournant des années 70/80) et n’est quasiment jamais invité dans aucun festival. Mais à quoi sert-il de s’époumoner dans le vide ? Bricoleur, démonteur, inventeur, créateur de guitares insolites dont il joue de façon non conventionnelle, Reichel est également l’inventeur du “daxophone“, instrument en bois frappé ou joué à l’archet. Ouvert aux rencontres réelles (c’est-à-dire non fortuites et superficielles), il dialogue ici avec un autre “inventeur“, le musicien indien Ganesh Anandan, qui joue de son “bâton de Shruti“, sorte de cythare électrique à douze cordes. Résidant à Montréal, où a été publié ce disque, Anandan est un musicien très connu qui a joué avec des instrumentistes, performers et danseurs de tous horizons, réalisant un grand nombre de disques ainsi que des musiques de films.

De ces deux personnalités de culture très différente, naît ici une rencontre musicale étonnamment réussie où l’on peine presque à distinguer l’une de l’autre tant la musique produite est le résultat d’une véritable symbiose. L’auditeur est en effet transporté dans un monde de sons étranges, fascinants, aux résonances à la fois contemporaines et très anciennes, où l’Europe rejoint l’Orient sans aucun hiatus. Il en résulte un déroulement musical fluide, souple et mélodieux, envoûtant et atteignant parfois une grande profondeur. Nous sommes certes très loin du jazz — mais qu’est-ce que le jazz à présent ? — mais on aimerait que beaucoup de “rencontres improvisées“ atteignent un tel niveau musical.

Ce disque peut être recommandé à toutes les oreilles, il y a fort à parier qu’elles resteront grandes ouvertes.

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Stefano BOLLANI : « Stone in the water »

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> ECM 179 416-1, 2009 - distribution Universal

Stefano Bollani : piano / Jesper Bodilsen : contrebasse / Morten Lund : batterie

Stefano Bollani est un pianiste aussi discret qu’atypique dont l’éclectisme est souvent souligné. Connu pour sa collaboration avec le trompettiste Enrico Rava, il livre depuis quelques années des disques à l’équilibre gracile et sûr. Le dernier paru avec les deux musiciens qui forment son trio danois,le contrebassiste Jesper Bodilsen et le batteur Morten Lund creuse encore le sillon d’une musique à l’intimité colorée qui ose ancrer la profondeur dans le discours musical. Avec des compositions de Jesper Bodilsen pour compléter les siennes, deux reprises et une improvisation de Poulenc, Bollani offre à écouter une palette riche mais jamais ostentatoire. Les variations sur les formes sont denses, mais le jeu de Bollani souvent en suspension, ne manque de leur insuffler une subtilité notable. L’esthétique globale du trio relève d’une alchimie sonore propre à ses musiciens, du moins est-ce là ce que nous avons ressenti. L’écoute, entre eux, n’est pas un vain mot. Disons même qu’il synthétise notre opinion sur ce magnifique enregistrement qui mérite bien plus qu’une oreille désœuvrée.

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Matthieu BORÉ : « Frizzante ! »

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> Bonsaï music BOND 91002, 2009 - distribution

Matthieu Boré : Chant, Piano, Claviers / Ferruccio Spinetti : Contrebasse / Francesco Petreni : Batterie, Percussions / Guy Bonne : Clarinette / Dominique Vernhes : Clarinette basse, Saxophone ténor, Piano / Gnu Quartet : Flûte traversière, Violon, Alto, Violoncelle / Manu Galvin : Guitare / Suzie Blackstone : Chant / Sergio Taglioni : Claviers

Ce n’est pas vraiment ce que l’on préfère, ce jazz à la pétulance historique qui nous rappelle une époque lointaine. Ceci étant, tout est en place, le line up est impeccable et le mélange entre compositions originales et reprises est savant. Matthieu Boré occupe une place que personne ne lui conteste, mais on peine à accrocher, ce qui n’engage que nous. Un disque pour les inconditionnels du genre crooner.

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Richard GALLIANO : « Paris Concert - Live at the Théâtre du Châtelet »

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Richard GALLIANO : « Paris Concert - Live at the Théâtre du Châtelet »
CAMjazz / Harmonia Mundi

> CAM Jazz CAMJ7823-2 - Harmonia Mundi

Richard Galliano : accordéon, accordina

01. Chat Pitre / 02. Gnossienne N.1 / 03. Gnossienne N.2 / 04. Sertao / 05. Sheng / 06. Bagatelle / 07. La Javanaise / 08. Caruso / 09. New York Tango / 10. ’round Midnight / 11. Oblivion / 12. Aria - enregistré le 9 mars 2009 au Théâtre du Châtelet (Paris)

Quand on consulte la discographie de Richard Galliano sur son site internet, on trouve pas moins de 37 disques et trois DVD. Il y a trente ans, un Galliano chevelu et encostumé comme un artiste de variété jouait Debussy et Ravel sur un disque vinyle 45 tours. C’était en solo, déjà. Aujourd’hui, Maître Richard n’a plus rien à prouver. Sa renommée est établie, bien au delà du Vieux Nice et des frontières de notre Hexagone. C’est sur la scène du prestigieux théâtre du Châtelet qu’il se produisait en mars dernier, en solo à nouveau, pour un récital d’œuvres choisies et de compositions personnelles aux influences multiples. Public attentif et conquis (d’avance ?), virtuosité irréprochable, maîtrise absolue de l’instrument (des deux instruments), équilibre du programme : tout est réuni pour offrir un excellent disque d’accordéon essentiellement jazz (Monk y figure) mais aussi « tango », « Brésil » avec un clin d’œil à Gainsbourg et à Satie.

Une belle musique, mais pas de celles qui nous font chavirer. Cependant, il faut reconnaître que Richard Galliano assume avec professionnalisme la prise de risque du solo « live », comme une rupture dans la spirale (commerciale, dira-t-on ?) qui l’amène à proposer sans cesse de nouveaux « projets » (le slogan annuel pourrait-être :« Le Galliano nouveau est arrivé ! »). En cela, cet enregistrement a une valeur très estimable.

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Laurent LARCHER TRIO : « Rising »

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> Cristal records, CR CD 0905, 2009 - distribution Harmonia Mundi

Laurent Larcher : contrebasse / Mario Canonge : piano / Tony Rabeson : batterie

Le trio qu’a constitué Laurent Larcher avec Mario Canonge au piano et Tony Rabeson à la batterie est un beau trio. Le contrebassiste et ses acolytes développent un jazz qui ne tourne pas le dos au passé en faisant valoir ses qualités propres, ne serait-ce que par les compositions originales qui figurent sur ce CD. Au détour d’une phrase, les spectres du vieil Horace ou du grand Oscar passent l’air de rien, et d’autres encore. Le swing imparable de la rythmique donne à Mario Canonge l’occasion de démontrer toute l’étendue de ses qualités pianistiques. La fougue est là, porteuse de mélodies à la sensualité marquée, toues dues à la plume du leader Laurent Larcher. L’interaction joue à merveille et chacun tient son rang avec un brio authentique et une énergie communicative qui offrent quelques envolées lyriques du meilleur goût.

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NEW ORLEANS JAZZ ORCHESTRA - Irvin MAYFIELD : « Book One »

NEW ORLEANS JAZZ ORCHESTRA - Irvin MAYFIELD : « Book One » -  voir en grand cette image
NEW ORLEANS JAZZ ORCHESTRA - Irvin MAYFIELD : « Book One »
World Village / Harmonia Mundi

> World Village 468079 - distribution Harmonia Mundi

Direction artistique et trompette : Irvin Mayfield / Clarinette : Evan Christopher / Saxophone Alto : Aaron Fletcher / Saxophone Baryton et Flute : Norbert Stachel / Saxophone Tenor : Ed Petersen / Saxophones Ténor, Soprano : Derek Douget / Trombones : Ronald Westray, Mitch Butler, Terrance Taplin / Trompettes : Barney Floyd, Eric Lucero, Leon Brown, Ashlin Parker / Contrebasse : David Pulphus / Batterie : Adonis Rose / Piano : Victor Atkins

01. 7th Ward Blues / 02. Sweet Bread on the Levee
(featuring Ed « Sweetbread » Petersen) / 03. In Love All Over Again (for Fatimah) (featuring Johnaye Kendrick) / 04. Creole Thang (featuring Evan « The Ambassador » Christopher) / 05. Somebody Forgot to Turn the Faucet Off (Probably Steve) / 06. The Mistress (Madam) (featuring Irvin Mayfield) / 07. Richie Can Count (U.S. Financial Crisis) (featuring Leon « Chocolate » Brown) / 08. Beat / 09. Move On Ahead
(featuring John Boutté)
- Enregistré à La nouvelle Orléans les 21 et 22 novembre 2008.

Ça commence comme un thème de Count Basie. La rythmique installe une pulsation régulière, le piano pointilliste pose les accords et l’orchestre entonne des riffs de blues sur lequel se succèdent des solistes très en verve... Le jazz, c’est aussi simple que cela parfois et c’est dans cette simplicité élémentaire que réside la force de cette musique.

« Book One », le premier opus du New Orleans Jazz Orchestra sur le label World Village permet à cette formation de prendre un nouveau départ après le passage de l’ouragan Katrina dont la ville se relève enfin.

Big-band conventionnel de 15 musiciens sous la direction du trompettiste Irvin Mayfield, le NOJO transmet la force et la diversité des musiques de la Nouvelle-Orleans. S’il diffère des brass-bands qui font la célèbrité de cette ville, il en partage la fougue dans le discours souvent débridé des solistes qui rivalisent d’audace (dans le respect des conventions harmoniques cependant). Parmi eux, l’excellent Evan Christopher à la clarinette, soliste inspiré sur le très ellingtonien Creaole Thang. La plupart des 9 thèmes composés par le leader I. Mayfield mettent en valeur un soliste, instrumentiste et/ou vocaliste (Johnadaye Kendrick, qui manque de vigueur dans le contexte d’un thème un peu sirupeux, un des points faible du disque).

Un album de très belle facture réalisé avec soin (y compris dans la présentation du contenant), et remarquablement enregistré, qui saura donner bien du bonheur à tous ceux qui aiment aussi le jazz qui s’ancre dans une tradition dépoussièrée. Pour s’en convaincre, on écoutera l’orchestre ronfler comme une locomotive lancée à toute vapeur sur « Somebody forgot to turn... » ! New-Orleans is still alive !

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Harold LOPEZ-NUSSA Trio : « Herencia »

Harold LOPEZ-NUSSA Trio : « Herencia » -  voir en grand cette image
Harold LOPEZ-NUSSA Trio : « Herencia »
World Village / Harmonia Mundi

> World Village WVF 979035 - distribution Harmonia Mundi

Harold lopez-Nussa : piano / Ruy Adrian Lopez-Nussa : batterie et percussions / Felipe Cabrera : contrebasse et voix / Mayquel Gonzalez : trompette sur #6 et 10 / Inor Sotolongo : chekere / Omara Portundo : vocal sur #9

01. Los tres golpes / 02. La jungla / 03. Herencia / 04. En el ISA / 05. Timbeando / 06. Saudade / 07. Tears in heaven / 08. San Leopoldo / 09. Es más, te perdono / 10. Pa’ Philippe / 11. Mama - Enregistré en mars 2009, en France.

Second album du jeune pianiste cubain Harold Lopez-Nussa. Après le solo « Sobre el atelier » qui mettait en évidence l’expressivité et la virtuosité du musicien, le voici à la tête d’un trio composé de son jeune frère à la batterie et du contrebassiste Felipe Cabrera. Trois invités viennent apporter leurs couleurs à la palette vive de cette formation : la vocaliste Omara Portuondo (Es Mas, te perdono) et le trompettiste Mayquel Gonzalez sur deux titres et un percussionniste.

Le disque s’ouvre sur « Los Tres Golpes », à mi-chemin entre ragtime et musique cubaine. Un titre révélateur de l’esprit de cet album : les racines intimement mêlées à une culture musicale généraliste entre classique, jazz et pop-rock (Tears in Heaven d’Eric Clapton). En évitant le piège du kaléidoscope (tout ce que je suis capable de faire en 11 titres !), Harold López-Nussa fait de ce disque, Herencia, une belle réalisation qui saura éveiller l’attention des amateurs de jazz qui retrouveront là des solistes capables d’exprimer leur personnalité dans un langage abouti. On sent que ce pianiste a écouté McCoy Tyner tout autant que Chucho Valdés. Les nuances caraïbes viennent renforcer discrètement le caractère d’une musique qui ne vise jamais la facilité commerciale, bien au contraire même si elle reste sage et assez conformiste.

Un musicien et un trio à suivre de très près... Il n’y a pas que Roberto Fonseca dans le paysage de la nouvelle musique cubaine et c’est tant mieux !

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Pascal SCHUMACHER Quartet : « Here we Gong »

Pascal SCHUMACHER Quartet : « Here we Gong » -  voir en grand cette image
Pascal SCHUMACHER Quartet : « Here we Gong »
Enja / Harmonia Mundi

> ENJA records ENJ 95-372 / Harmonia Mundi

Pascal Schumacher : vibraphone / Franz von Chossy : piano / Christophe Devisscher : contrebasse / Jens Düppe : batterie

01. White Surface / 02. Glace, Casse / 03. Kicking The Leaves / 04. There Are No Other Words / 05. Gongs And Roses / 06. Peanut Butter And Jelly / 07. With The Wind / 08. Sing / 09. Bright Wings / 10. Here We Gong / 11. In Transit / 12. Oy / 13. Elegy With A Touch Of Irony

Pascal Schumacher a d’abord étudié la percussion classique à Strasbourg (une référence !) avant de se consacrer exclusivement au vibraphone. Chez ce luxembourgeois, la culture musicale « sérieuse » est très prégnante et embrasse un champ très vaste, de Richard Stauss qui l’a influencé pour la structure de « White surface... Glasse, casse » jusqu’à à Steve Reich (Here we Gong). Cependant, il est totalement en phase avec ce qu’est le jazz aujourd’hui lorsqu’il croise les courants issus du rock pour se diluer dans les « musiques actuelles ».

Here we Gong est un disque d’un grand raffinement, façonné comme une musique pour quatuor. Un soin extrême qui, sans contenir l’expression des solistes, pourra paraître un peu trop sage aux amateurs épris de liberté. Les alliages piano-vibraphone rappelleront sans doute la proximité virtuose du duo Corea-Burton (excellent Franz von Chossy au piano). Comparaison très relative car l’ensemble repose sur une mise en place rythmique d’une précision et d’une musicalité rare (le batteur Jens Düppe effectue une prestation remarquable) . Le talent de Pascal Shumacher est aujourd’hui reconnu et primé (Tremplin Jazz d’Avignon 2004, Django d’Or 2005) et ce beau disque vient révéler les qualités d’un quartet de très haut niveau. Un disque aux saveurs subtiles publié par un label prestigieux : un nouveau tremplin assurément pour ce musicien.

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Henry THREADGILL ZOOID : « This brings us to - volume 1 »

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Henry THREADGILL ZOOID : « This brings us to - volume 1 »
PI Recordings / Orkhêstra

> PI Recordings PI31 - distribution Orkhêstra

Henry Threadgill : flûte et saxophone alto et compositions / Liberty Ellman : guitare / Jose Davila : trombone et tuba / Stu Takeishi : guitare basse / Ellio Humberto Kavee : batterie

01. White Wednesday off the wall / 02. To undertake my corners open / 03. Chairmaster / 04. After some time / 05. Sap / 06. Mirror mirrot the verb

Le nom d’Henry Threadgill renvoie inévitablement au trio Air qui marqua le jazz créatif des années 70 et 80. En compagnie du contrebassiste Fred Hopkins et du batteur Steve McCall, le saxophoniste, flûtiste également percussionniste dessinait les contours de son nouveau jazz, en trio. Les années ont passé et le musicien poursuit sa route dans le cadre de formations plus étoffées et toujours aussi passionnantes. C’est avec le quintette Zooid qu’il a enregistré ce nouvel opus, « This brings to us », dans lequel il expose des modes de jeu et d’improvisation que le musicien-chercheur a élaborées en mettant à profit une pause discographique de quelques années. Auteur des six thèmes, Threadgill s’exprime ici essentiellement à la flûte mais également au saxophone alto dans un langage clair et aérien qui contraste avec le tuba (ou le trombone) de Jose Davila.

A l’écoute, on est frappé par la légèreté d’une musique qui allie avec élégance les timbres acoustiques et électriques (basse et guitare - le jeu agile de Liberty Ellman). Qu’il s’agisse de thèmes aux contours flottants et abstraits ou de compositions aux structures rythmiques plus marquées, le swing est constamment présent et confère à cette musique une couleur particulièrement douce et d’un modernisme dansant, jamais austère.

Un régal qui n’est pas sans réveiller les souvenirs des musiques qui se tramaient à l’époque du loft-jazz des Wildflowers (chez Sam Rivers en particulier...).

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