« Le jazz tisse sa toile... »
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Vitrine de mars 2010 : sortie(s) d’hiver (diverses)

D 28 mars 2010     H 22:40     A Jean Buzelin, Thierry Giard, Yves Dorison    


Beaucoup de disques à écouter, souvent avec intérêt et dans le respect d’une certaine diversité au niveau des styles... comme toujours.

On notera la présence dans cette sélection du mois de trois saxophonistes alto : Dmitry Baevsky, Lee Konitz, Peter Van Huffel (qui obtient un OUI !). Un même instrument mais trois voies très différentes (voire divergentes) pour suivre la trace du jazz.

Signe des temps ? Les auto-productions sont nombreuses. Quand on ne trouve pas de label, il faut avoir des idées et de l’audace. La réussite est aléatoire mais l’aventure mérite d’être tentée.

En espérant que vous trouverez ici un guide pour dénicher de belles choses...

Dmitry BAEVSKY : « Some Other Spring »

Dmitry BAEVSKY : « Some Other Spring » -  voir en grand cette image
Dmitry BAEVSKY : « Some Other Spring »
Rideau Rouge / Harmonia Mundi

> Rideau Rouge Records RRR001 - distribution Harmonia Mundi

Dmitry Baevsky : saxophone alto / Joe Cohn : guitare / Clovis Nicolas : contrebasse / Luca Santaniello : batterie

01. Is That So (D. Pearson) / 02. Day In Day Out (J. Bloom-Mercer) / 03. Strode Rode (S. Rollins) / 04. Capri (Gigi Gryce) / 05. Some Other Spring (I. Kitchings - A. Herzog Jr) / 06. Dr. Jackle (J. McLean) / 07. She (G. Shearing) / 08. Paradox (S. Rollins) / 09. New Girl (D. Pearson) / 10. Gnid (T. Dameron) // enregistré en France en avril 2009.

On reproche souvent aux musiciens de jazz de ne plus jouer suffisamment le répertoire. N’est pas compositeur qui veut, certes. Dans son nouveau disque, « Some Other Spring », le saxophoniste alto Dmitry Baevsky ne joue que « le répertoire » et il le joue fort bien, si bien d’ailleurs qu’on se demande s’il est bien raisonnable de jouer ainsi de nos jours... Ce be-bop pur-jus, irréprochable en tous points, ne prend pas assez de distance par rapport aux modèles de référence, du moins à notre humble avis. Alors pourquoi écouter un disque de Dmitry Baevsky plutôt qu’un bon vieux Charlie Parker, Jackie Mc Lean ou un Phil Woods, par exemple ? Une question à laquelle nous peinons à répondre. (Donnez-nous votre point de vue !)

Ne minimisons pas cependant le talent indéniable de ce musicien, natif de St Petersbourg (1976) et parti faire sa vie artistique à New-York, une Grosse-Pomme où il a trouvé à profusion les ingrédients musicaux qui le nourrissent. Après un premier album dans lequel figurait le pianiste Cedar Walton en 2005, celui-ci saura sans doute trouver son public, en particulier grâce au support des concerts puisque le saxophoniste est souvent présent sur les scènes françaises.

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Susanna BARTILLA : "Chante Johnny Mercer - Live au Sunside

Susanna Bartilla chante Johnny Mercer -  voir en grand cette image
Susanna Bartilla chante Johnny Mercer
Talents d’ici 2010

> Talents d’ici - Distribution Indiz.fr

Susanna Bartilla : chant / Alain Jean Marie : piano / Sean Gourley : guitare / Claude Mouton : contrebasse

I’m old Fashionned 2 Travelin’ light 3 Fools rush in 4 Blues in the night 5 My shining hour 6 I love you / I thought about you 7 One for my baby 8 Goody goody 9 Come rain or come shine 10 Skylark 11 The summer wind 12 Let’s take the long way home.

Johnny Mercer n’est plus de ce monde depuis bientôt trente-quatre ans. Auteur d’une nuée de standards dont certains ont mieux résisté au temps que d’autres. Certains apparaissent sur ce disque hommage de Susanna Bartilla. Entourée de l’élégantissime Alain Jean Marie, de Sean Gourley, fils de Jimmy, et de Claude Mouton, elle nous livre, live au Sunside, une prestation plutôt convaincante. Susanna Bartilla joue de sa voix chaleureuse et nuancée avec un swing certain et un léger vibrato de bon aloi, même si à de rares moments on sent la technique prendre le pas sur l’émotion. L’absence de batterie sied parfaitement à l’intime de ce soir au club : pour un peu, on verrait bien Lauren et Humphrey franchir le seuil pour boire le dernier verre de la soirée. Ce n’est pas un disque révolutionnaire, mais comme là n’était pas son propos, on l’écoute avec plaisir.

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John Wolf BRENNAN : “The Speed of Dark“

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John Wolf Brennan : “The Speed of Dark“
Leo Records / Orkhêstra

> Leo Records LR 543 – distribution Orkhêstra

John Wolf Brennan (piano, piano préparé, arco, pizzicato, sordino, tamburo et framepiano, harmonium indien, sifflet irlandais, accordéon, mélodica…).

Vingt-trois compositions de John Wolf Brennan / Enregistré le 2 septembre 2007 à Willisau et les 29 mai et 12 juin à Winterthur (Suisse).

Pianiste et joueur de claviers Irlando-Suisse extrêmement prolifique, John Wolf Brennan a enregistré de très nombreux disques depuis 1979, tant en solo que dans des formules diverses allant du grand orchestre aux duos (avec Christy Doran, Gabriele Hasler, Hans Kennel), en passant par ses groupes réguliers Pago Libre (Arkady Shilkloper, Tscho Theissing, Daniele Patumi puis Georg Breinschmid), Momentum (avec Gene Coleman) et des formations et rencontres diverses (Julie Tippets, Evan Parker, Paul Rutherford, etc.). Toutes ces activités sont largement documentées sur les labels Leo Records et Creative Works Records. Très ouvert aux différentes disciplines artistiques, notamment picturales et littéraires, il construit une œuvre variée mais cohérente, qui se développe dans l’espace et fait surgir des images, des histoires, des couleurs et des nuances qu’il aime contenir, comme des pochades ou des nouvelles, dans de petits formats. Parfois très amples, d’autres fois bruitistes (concrètes), en général fortement rythmées, ses compositions et improvisations présentent une palette riche d’où la sensibilité n’est jamais absente. Les vingt-trois pièces ici présentées le font intervenir sur toutes sortes de claviers — c’est un “nonsolopiano“ dit-il — qui permettent de transposer tout un éventail d’inspirations et de sources que le beau livret détaille plage par plage. L’auditeur curieux et attentif prend un grand plaisir à le suivre pas à pas durant tout son parcours. On regrettera une fois de plus qu’un musicien et pianiste de cette importance soit si mal connu et négligé en France. On parlerait un peu plus de John Wolf Brennan, les pianistes à la mode ou qui ont la cote du moment n’y perdraient rien et le “milieu“ du jazz serait un peu plus crédible.

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Guillaume CHERPITEL : « Cercle et Variations »

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Guillaume CHERPITEL : « Cercle et Variations »
Autoproduction

> Autoproduction - à commander à gcherpitel@gmail.com ou sur www.myspace.com/cercleetvariations.

Guillaume Cherpitel : piano et fender rhodes / Mathieu Loigerot : contrebasse / Alexandre Ambroziak : batterie / Pierre Desassis : saxophones // + invités : Flûte alto : Jean baptiste Charlot/ Trompette : Luc Lagier/ Cor : David Grosjean/ Clarinette basse : Maxime Tisserand/ Trombone : Youssef Essawabi/ Tuba : Mario Parruto (flûte, trompette, cor, trombone, tuba sur 1 et flûte alto, clarinette basse, cor, trombone sur 7). Enregistré à Vandœuvre-lès-Nancy en novembre 2007

8 compositions de Guillaume Cherpitel (et non 9 comme indiqué sur le livret) : « Les Bancs Publics » est signé Georges Brassens, isn’t it ?

Par quoi commencer ? Un disque pour présenter un projet, support fort utile, voire indispensable pour que suivent les concerts ? Ou bien rôder un projet devant le public en espérant trouver ainsi les moyens de produire un disque abouti ? Visiblement, Guillaume Cherpitel, comme beaucoup, a choisi la première solution : auto-production, auto-diffusion, auto-promotion... Courageusement.

À l’écoute, son projet est séduisant d’autant plus qu’il s’ouvre avec une formule orchestrale qui laisse subodorer un joli potentiel malgré un enregistrement assez médiocre. Bonne prestation des instrumentistes sur des compositions dans l’air du temps, au carrefour des genres avec une succession de climats qui mériteront une décantation afin d’en tirer l’essence et d’en définir l’identité (comme on dit aujourd’hui !)...

Bonne route et bonne chance !

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Rémy GAUCHE : « Panamsterdam »

Rémy GAUCHE : « Panamsterdam » -  voir en grand cette image
Rémy GAUCHE : « Panamsterdam »
Autoproduction / remygauche@gmail.com

> Autoproduction - à commander à remygauche@gmail.com

Rémy Gauche : guitare et compositions (sauf 1, 6, 7) avec :

Paname : Thomas Savy : clarinette basse / Stéphane Kerecki : contrebasse / Anne Pacéo : batterie (sur 1,6 et 7) // Amsterdam : Benni Von Gutzeit : violon alto / Shankar Kirpalani : contrebasse / Jens Ellerhold : batterie (sur 2 à 5) // Trio avec Kipalani (cb) et Alice Zulkarnain (voix) sur 6.

Rémy Gauche est un jeune guitariste (pas encore trentenaire) au vécu déjà dense. Comme beaucoup de ses confrères, il a suivi un cursus musical sérieux pour un musicien de jazz, à savoir un mélange bien dosé de leçons plus ou moins académiques en alternance avec la pratique « de terrain »... Ce qui l’a amené de Paris à Amsterdam, d’où le titre de ce disque auto-produit dans une enveloppe carton / sérigraphie qui n’est pas sans évoquer le « Petit Label » [1]. On trouve ici deux formations distinctes. L’une, « parisienne », rassemble des pointures (Savy-Kerecki-Pacéo) pour deux standards et une composition originale avec un solide quartet que colore la clarinette basse de Thomas Savy. Les titres 2 à 5 présentent, eux, le quartet d’Amsterdam dans un registre un poil plus original dû à la présence du violon alto de Beni Von Gutzeit. La piage en trio avec une vocaliste de bon niveau n’apporte pas grand chose de plus à l’ensemble. Une constante : la guitare du leader qui tisse de belles lignes mélodiques et harmoniques dans un style qui renvoie à Jim Hall ou John Scofield en faisant souvent penser à Misja-Fitzgerald Michel, autre guitariste baroudeur qui a croisé les chemins de Rémy Gauche.

À découvrir.

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Lee KONITZ NEW QUARTET : « Live at the Village Vanguard »

Lee KONITZ NEW QUARTET : « Live at the Village Vanguard » -  voir en grand cette image
Lee KONITZ NEW QUARTET : « Live at the Village Vanguard »
ENJA / Harmonia Mundi

> ENJA ENJ 9542-2 - distribution Harmonia Mundi

Lee Konitz : saxophone alto // Trio Minsarah : Florian Weber : piano / Jeff Denson : contrebasse / Ziv Ravitz : batterie

01. Cherokee (Ray Noble) / 02. Subconscious-Lee (Lee Konitz) / 03. I Remember You (V. Schertzinger & J. Mercer) / 4. Polka Dots And Moonbeams (J. Van Heusen & J. Burke) / 05. Color (F. Weber) / 6. Kary’s Trance (Lee Konitz) / 07. Thingin’ (Lee Konitz) // Enregistré au Village Vanguard - New-York le 31 mars et 1er avril 2009.

New Quartet ? Soit, mais il s’agit plutôt de la poursuite d’un cheminement commun entre Lee Konitz et le trio germano-americano-israélien Minsarah déjà concrétisé par le disque Deep Lee publié en 2008 (sur le même label ENJA).

C’est au cours de deux soirées au Village Vanguard que ces sept plages ont été captées, il y a tout juste un an. Un mois plus tard, Yves Dorison se rendait à Lausanne pour écouter cette même formation et notait que « tout l’art de Lee Konitz est inscrit dans une musicalité nomade qui aborde toujours les thèmes les plus rebattus par un biais singulièrement propice à la redécouverte. (...) Cet art de la modernité, cette recherche de l’inédit, sont un chemin de vie sur lequel, flegmatique, il déambule. ». L’écoute de ce live au Vanguard confirme totalement ce point de vue. C’est bien dans cette manière de raviver sans cesse le répertoire que réside une des grands forces du jazz. On est très loin de la relecture appliquée et virtuose d’un Dmitry Baevsky. On perçoit bien la supériorité de Konitz : la jeunesse d’esprit de l’octogénaire !

Ce disque n’est pas un Konitz de plus dans une discographie très fournie mais il s’agit bien d’un « nouveau » Konitz en totale complicité avec un trio libre et joueur. Exemplaire !

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Piotr MOSS / Raphaël MARC : « Départs »

Piotr Moss / Raphaël Marc : « Départs » -  voir en grand cette image
Piotr Moss / Raphaël Marc : « Départs »
Signature-Radio France / Harmonia Mundi

> SIGNATURE - RADIO FRANCE SIG 11039 - distribution Harmonia Mundi

Jean-Marc Fessard, clarinette et clarinette basse. / Véronique Briel, piano / Béatrice Reibel, violoncelle / Hélène Labarrière, contrebasse / Antoine Cure, trompette / Jacques Mauger, trombone / Dominique Probst, percussions / Julien Petit, saxophone alto et baryton / Piotr Moss, direction / Raphaël Marc, composition électroacoustique, arrangements /
Direction artistique : Paul Malinowski. // Enregistrements Radio France : février 2004.

Suite de 38 séquences sonores (46’53).

Embarquement immédiat ! Si vous êtes à la recherche d’espaces musicaux novateurs mais accessibles sans « prise de tête », ne manquez pas ce « Départs ». La matière sonore qui émane de ces 38 miniatures a été façonnée à quatre mains par le compositeur d’origine polonaise Piotr Moss et Raphaël Marc, en charge de la composante électroacoustique, musicien « trans-genres ».

Certes, il ne s’agit pas à proprement parler de « jazz » mais le cœur et l’esprit y sont : la créativité, le goût pour la spontanéité, un certain irrespect envers les règles et les normes aussi. Piotr Moss a travaillé le premier sur une partition pour un octette dont il exploite toutes les couleurs en ménageant des espaces que sont venues habiter les textures sonores concoctées par Raphaël Marc. En articulant des sonorités acoustiques, souvent assez « classiques » dans l’esprit et les vibrations et pulsations de l’électronique, les deux compositeurs nous font cheminer sur une voie très originale et captivante... Et au bout de 46 minutes et 53 secondes, il faut se rendre à l’évidence : nous sommes arrivés au terme d’un parcours parfaitement tracé et sans longueurs. Plaisir et étonnement garantis, prêt pour un nouveau départ : replay !

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Robin NICAISE : « Nouvel air »

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Robin NICAISE : « Nouvel air »
Altrisuoni / Anticraft

> Altrisuoni AS287 - distribution Anticraft

Robin Nicaise : saxophone ténor, compositions / Adrien Chicot : Fender Rhodes / Sandro Zerafa : guitare / Yoni Zelnik : contrebasse / Fred Pasqua : batterie // :- : invités :- : / David Prez : saxophone ténor / Eponine Momenceau : harpe / Arnaud Momenceau : flûte

01. Printemps à New York / 02. Ballade à Honfleur / 03. Magma / 04. Blues For Brecker / 05. Attraction / 06. Mercure / 07. Comète / 08. Neptune / 09. Les grands espaces. // Enregistré au Studio Mesa, Soignolles-en-Brie, (F-77) en

C’est à la suite d’un voyage à New-York au printemps 2009 que le saxophoniste Robin Nicaise a enregistré cet album, le quatrième sous son nom. Il en a rapporté une provision d’images visuelles et sonores qui nourrissent son propos au point qu’on croirait que ce disque a été enregistré là-bas. Il colle totalement à l’esthétique actuelle façon « Son frais, nouveau talent » [2] avec Fender Rhodes, guitare, une base rythmique solide mais sans lourdeur et des thèmes déclinés comme des chansons où le sax ténor remplacerait la voix.

« Nouvel air » propose neuf titres neufs puisque tous composés par Robin Nicaise, saxophoniste au jeu fort sympathique avec une belle sonorité. Ces compositions sont suffisamment diversifiées pour permettre à cette formation de disposer d’espaces de jeu propices à laisse s’exprimer chacun selon son inspiration. On notera la présence d’une excellente rythmique composée du batteur Fred Pasqua (jeu vif et tonique) et du contrebassiste très prisé (à juste titre !) Yoni Zenik. À remarquer aussi les touches de couleur apportées avec parcimonie par la harpe et la flûte des invités ainsi que la présence d’un second ténor, David Prez( qui fréquente lui aussi les milieux du jazz new-yorkais ) et se joint avec intelligence à un bel hommage à Michael Brecker.

Un disque très réussi, de belle facture, respectueux des codes d’un genre actuel auquel il se réfère avec bonheur.

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PMB Quartet : « Goodbye Hedgehog »

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PMB Quartet : « Goodbye Hedgehog »
Autoproduction

Autoproduction PMBGBH 09 -

Laurent Guillet : guitare / Matthieu Bloch : contrebasse / David Georgelet : batterie / Paul-Marie Barbier : vibraphone

10 titres : 6 compositions de Paul-Marie Barbier, 2 de Matthieu Bloch, 1 de Laurent Gillet et « Le Myosotis » de Georges Brassens.

Le trio du vibraphoniste Paul-Marie Barbier est devenu un quartet. Guitare, vibraphone, contrebasse, batterie : la formule n’est pas nouvelle mais ces quatre là ne sont pas des révolutionnaires. Ils créent leur propre espace musical en se calant entre les fondements du jazz et les mélodies de la pop. Pour autant, ils ne déroulent pas de la musique au kilomètre mais savent mettre en valeur les détours des itinéraires buissonniers qui laissent une part importante à l’improvisation structurée.

Une musique dans l’air du temps, jouée avec du cœur par quatre musiciens de talent. Elle dégage une fraîcheur qui ne laissera sans doute pas l’auditeur indifférent.

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POUAZ’’RLK : « Jazz Rust »

POUAZ''RLK : « Jazz Rust » -  voir en grand cette image
POUAZ’’RLK : « Jazz Rust »
Autoproduction

> Autoproduction - à commander en ligne : >ici<

Didier Crochard : basse / Thomas Guillemaud : saxophone soprano / Eric Lombaert : batterie / Henri Roger : guitare

9 titres composés par les membres du groupe.

Venus d’horizons variés, du jazz au metal en passant par le reggae, les musiciens du groupe Pouaz’’Rlk ont trouvé un terrain de jeu commun à la croisée de ces styles, dans une sorte de jazz-rock-fusion-funky où le saxophone déroule son discours un peu stéréotypé sur des lignes de basse très prégnantes suivies au millimètre par une batterie quelque peu mécanique.

Une musique qui ne nous « branche » guère, vous l’aurez compris... À vous de juger...

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Peter Van HUFFEL Quartet : « Like the Rusted Key »

Peter Van HUFFEL Quartet : « Like the Rusted Key » -  voir en grand cette image
Peter Van HUFFEL Quartet : « Like the Rusted Key »
Fresh Sound New Talent / Abeille Musique

> Fresh Sound New Talent FSNT 361 - distribution Abeille Musique (?) et commande en ligne sur www.freshsoundrecords.com (9,90€ + port)

Peter Van Huffel : saxophone alto, compositions / Jesse Stacken : piano / Miles Perkin : contrebasse / Samuel Rohrer : batterie

01. Drift / 02. Intro to Beast / 03. Tangent / 04. Enghavevej / 05. Excerpt Two / 06. Beast I / 07. Backward Momentum / 08. Melancholic / 09. Beast II / 10. Atonement // Enregistrement en juillet 2009 à Cologne (Allemagne).

Peter Van Huffel : un nom à retenir si, comme nous, vous ne connaissez pas encore ce canadien qui réside à Berlin. Encore un saxophoniste alto direz-vous ? Certes mais qui a décidé de poursuivre un chemin escarpé en échappant aux références du genre. Ni Ornette ni Steve Coleman, ni Jackie Mc Lean, ni Lee Konitz (cité plus haut) ne peuvent ici être évoqués. C’est à peine si Anthony Braxton serait une influence perceptible dans les déhanchements du phrasé. Tout cela ne peut être qu’un atout pour nos oreilles.

on aime !
on aime !

Mais ce qui emporte définitivement l’adhésion à travers ce disque réside dans une parfaite (et rare) cohérence entre les compositions et la vigueur de l’interprétation. Ce quartet a du coffre, il est charpenté, franchement trapu mais il parvient à faire danser une musique qui repose sur une surprenante texture rythmique (Enghavevej par exemple) mais ne refuse pas aussi des moments intimistes, voire minimalistes. Dans un tel contexte, les membres du quartet sont poussés dans leurs retranchements mais prouvent toute leur valeur !

Avec ce nouvel album, le second pour le label Fresh Sound New Talent, Peter Van Huffel offre sa propre vision d’un jazz contemporain sans concessions, libre et joueur tout en restant accessible (car souvent surprenant). Un disque à découvrir patiemment : il ne révèle toutes ses richesses qu’après quelques écoutes. Un signe qui ne trompe pas !

. ::TG ::.

> Liens :

 :: © CultureJazz® - mars 2010 - www.culturejazz.net


[1Un label atypique : www.petitlabel.com, en Basse-Normandie.

[2Clin d’œil, bien sûr, au label de Jordi Pujol qui s’est fait une spécialité de l’enregistrement des talents de la jeune génération qui résident (ou qui passent) à New-York.