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Saxophones 2011 #2 : maîtres et écoles

Quelques saxophonistes qui comptent dans l’aujourd’hui du jazz

D 29 mars 2011     H 17:17     A Thierry Giard    


Nous avons donné un premier coup de projecteur récemment sur quelques disques émanant de saxophonistes plus ou moins (re)connus (à lire ici).
Pour ce second épisode, nous rassemblons des disques qui ont été réalisés par des musiciens qui sont des références d’hier et d’aujourd’hui, aux USA mais aussi en Grande-Bretagne et en France...

Entre nouveautés et rééditions, nous rassemblons ici Anthony Braxton, Lol Coxhill, Raphaël Imbert, Roscoe Mitchell et autres sidemen parmi lesquels Eric Barret, André Jaume, Larry Schneider...

Sommaire :
Anthony BRAXTON : "Trio & Quintet (Town Hall) 1972 | Lol COXHILL : « The rock on the hill » et « Instant replay » | Raphaël IMBERT Project : « Live au Tracteur » | Roscoe MITCHELL & The Note Factory : « Far Side » | et aussi : Cet Inexprimable 20 ans : « Atelier de Musiques Improvisées - 20ème anniversaire » |

Anthony BRAXTON : « Trio & Quintet (Town Hall) 1972 »

Anthony BRAXTON : « Trio & Quintet (Town Hall) 1972 » -  voir en grand cette image
Anthony BRAXTON : « Trio & Quintet (Town Hall) 1972 »
HatOLOGY 685 / Harmonia Mundi

Grâce à son travail minutieux d’historien et d’archiviste du jazz contemporain, le producteur suisse Werner X. Uehlinger nous permet aujourd’hui d’écouter, dans toute leur fraîcheur, des chaînons essentiels sur la trame du jazz libre et innovant.

Ainsi, cette réédition qui permet de retrouver le saxophoniste-compositeur Anthony Braxton, dans une période où il esquissait sa conception de l’articulation entre structures écrites et improvisation très ouverte. Les deux premières plages, en trio, proposent une musique d’une grande clarté où les voix s’associent et s’opposent. S’ouvrant sur un jeu d’angles et de lignes parallèles (beaux moments associant la contrebasse et l’alto) qui correspond bien aux conceptions pseudo mathématiques de Braxton, on débouche ensuite sur une interprétation ébouriffée de All The Things You Are. Le sax gazouille, porté par le drive solide de Dave Holland et Philip Wilson.

Pour la seconde moitié de ce disque, on écoute un quintet assez rare avec la vocaliste Jeanne Lee et le saxophoniste John Stubblefield. Ils complètent le « trio » mythique Anthony Braxton - Dave Holland - Barry Altschul qui était alors la base du groupe Circle (avec Chick Corea) et qui enregistra cette même année 1972 le premier disque du contrebassiste pour le label ECM, Conference of The Birds (avec Sam Rivers) avant que Braxton ne forme son célèbre quartet avec Kenny Wheeler (trompette) !
Une période d’une grande fertilité créative où l’AACM [1] portait haut les couleurs bigarrées de la Great Black Music. Le polyinstrumentisme permettait de créer des paysages changeants et vivants. C’est cette mouvance qui émerge dans les deux compositions en quintet qui ne sont pas sans évoquer l’Art Ensemble of Chicago, sans trompette mais avec la voix chaleureuse et souple de Jeanne Lee.

À l’écoute de ces musiques qui portent la force et la combattivité de la culture afro-américaine, on ne peut que regretter que ces courants soient aussi peu présents dans les programmes des festivals et des concerts de nos jours. Le combat contre la culture superficielle de l’éphémère, du médiatique et du « promotionnel » n’est pas gagné... Consolons-nous en écoutant ces disques !

Lol COXHILL : « The rock on the hill » et « Instant replay »

1982. Curieux, combattif, militant, Jean Rochard décide d’enregistrer le saxophoniste anglais Lol Coxhill dans des contextes très divers en créant des rencontres parfois insolites avec des agitateurs-activistes-improvisateurs des scènes européennes. Instant replay, la réédition de ces enregistrements sur le même label nato retrace le cheminement surprenant et attachant du musicien britannique, alors à peine quinquagénaire, sur les routes de France en en duo, en trio, en solo parfois mais aussi au milieu de la fanfare sarthoise de Chantenay-Villedieu ou des bombardes et cornemuses du bagad de Kemperlé.

Lol COXHILL : « The rock on the hill » -  voir en grand cette image
Lol COXHILL : « The rock on the hill »
nato / L’Autre Distribution
Lol COXHILL : « Instant replay » -  voir en grand cette image
Lol COXHILL : « Instant replay »
nato / L’Autre Distribution

Dans tous ces contextes, Lol Coxhill est toujours disponible pour trouver la répartie juste avec la distanciation, l’audace et l’humour indispensables pour relever (haut la main) ces petits défis entre amis, sans concessions !

À l’automne 2010, le label nato fêtait ses 30 ans et organisait une série de concerts au Théâtre Dunois, à Paris. Ce fut l’occasion de rencontres exceptionnelles comme celle-ci, avec le batteur de Minneapolis JT Bates (relativement, le « gamin » de la bande !), le contrebassiste Barre Philllips et Lol Coxhill. The Rock on the Hill permet d’écouter la conversation entre ces trois fortes personnalités qui ont choisi de laisser s’exprimer leur spontanéité à travers des improvisations sans structures préétablies. Le chant du soprano, souvent flottant se fait plus incisif quand les échanges deviennent plus tendus (Barre Phillips sait provoquer quand il le faut !).

  • Assez loin des frictions rudes du free, la musique qui se met en jeu dans ce disque est profonde et sereine. Sans doute la sagesse de l’expérience de deux vétérans à peine aiguillonnés par un batteur qui sait tempérer la fougue qu’on lui connaît ailleurs.

Un beau moment de complicité.

Raphaël IMBERT Project : « Live au Tracteur »

Raphaël IMBERT Project : « Live au Tracteur » -  voir en grand cette image
Raphaël IMBERT Project : « Live au Tracteur »
Zig-Zag Territoires / Harmonia Mundi

Raphaël Imbert devient indiscutablement un nouveau maître. Rares sont les musiciens européens d’aujourd’hui qui ont construit leur pratique sur une connaissance aussi solide des fondements du jazz. Il y a là, non seulement le résultat d’une écoute attentive et passionnée mais aussi, et surtout, la démarche d’analyse d’un chercheur. L’harmonie entre la perception sensorielle et la réflexion intellectuelle.

  • Ce nouveau projet tourne bien carré puisque le trio du New-York Project (avec Joe Martin et Gerald Cleaver) est devenu un quartet avec l’arrivée de Stéphan Caracci, « fines lames » (de vibraphone) dans les groupes Big Four ou Rétroviseur et complice de Raphaël Imbert dans la Compagnie Nine Spirit.

Au disque New_York Project (2009) succède donc un « Live au Tracteur » enregistré en juillet 2010. Au cadre on ne peut plus urbain de la Grosse Pomme succède la campagne vivante de Puimoisson, bourgade des Alpes de Haute-Provence blottie contre le Plateau de Valensole, célèbre pour ses étendues de lavandes odorantes.
En enregistrant dans un restaurant, lieu de culture, Le Tracteur, R. Imbert revendique son enracinement dans sa région, entre Alpes et Provence. Cette suite (U Suite) en cinq mouvements, le saxophoniste l’a composée lors d’un voyage d’étude dans le Dixieland. Pour lui, le sud des USA et sa Provence ne sont pas si différents dans leur rapport à la ruralité, à la culture partagée entre villes et campagne... Enregistrer cette suite avec un groupe franco-américain en contact direct avec le public du « Tracteur » lui semblait être une évidence.

on aime !
on aime !

Le résultat de cette réflexion et de ce travail impressionne. La musique, pourtant en grande partie écrite et très structurée reste spontanée. La vitalité, la force et la chaleur du jazz qu’on aime sont réunies dans une même envie de jouer et de faire partager. Si Raphaël Imbert s’est souvent attaché la référence à Coltrane, il s’en écarte aussi pour faire resurgir les ombres de Roland Kirk (les deux saxophones « jumelés » de Ecosystem of Citybirds en hommage à Charlie Parker). On pense aussi souvent à Albert Ayler dans l’épaisseur du son au ténor et le goût pour le chant « habité » ou à Sidney Bechet quand il choisit le soprano.

Servi par une rythmique de tout premier ordre (Martin-Cleaver) et un vibraphoniste qui joue sans fard ni effets mais avec un phrasé qui tient en haleine (Caracci), Raphaël Imbert réussit un disque simple et authentique. C’est tout lui !

Roscoe MITCHELL & The Note Factory : « Far Side »

Roscoe MITCHELL & The Note Factory : « Far Side » -  voir en grand cette image
Roscoe MITCHELL & The Note Factory : « Far Side »
ECM / Universal

Le dernier saxophoniste de cette sélection n’est pas le moindre ! Pourtant, Roscoe Mitchell, un des premiers membres de l’AACM de Chicago (depuis 1965) et père de l’Art Ensemble of Chicago, reste encore trop méconnu dans son travail de leader et compositeur. Il faut dire qu’il a défendu âprement son étiquette d’avant-gardiste qui le marginalise encore aujourd’hui (où a-t-il joué, en France ces dix dernières années ? On cherche...).

Heureusement, il y a Steve Lake, le bras droit de Manfred Eicher et producteur de ce disque. Un passionné qui, pour le label ECM, veille à entretenir la flamme des musiques dites créatives.
The Note Factory, c’est le titre générique de l’entreprise Mitchell aujourd’hui. Il réunit une équipe de musiciens (plutôt jeunes) pour donner vie à ses concepts musicaux. La formation qu’il avait réunie en mars 2007 avait la forme d’un octette avec une double « section rythmique » : deux pianos, deux contrebasses (ou contrebasse / violoncelle) et deux batteries. La lecture du casting ne déçoit pas car réunir, par exemple des pianistes du gabarit (musical) de Vijay Iyer et Craig Taborn, ce n’est pas commun !

Objectivement, Far Side n’est pas un disque de saxophoniste mais plutôt l’œuvre d’un compositeur, architecte des sons, maître de l’abstraction qui organise son jeu instrumental à l’image de ses conceptions orchestrales... Pour certains, cette musique pourra paraître totalement irrationnelle. On entre progressivement (Far Side) dans un monde où les structures aléatoires émergent d’une pâte sonore ondulante. On y remarque l’inventivité et la présence du trompettiste Corey Wilkes qui sait se fondre dans l’ensemble pour en faire jaillir quelques éclaire scintillants. Un développement qui occupe de vastes durées (la première plage s’étend sur plus de 30 minutes !).

Une des grandes qualités de ce disque, réside dans la diversité des œuvres présentées. Certes, on est loin des archétypes du swing mais on n’est pas, non plus dans le free jazz absolu ou les musiques contemporaines « cérébrales ». L’écoute attentive évoquerait plutôt un patchwork assemblant des éléments de forme et de couleurs diverses mais combinés dans un souci de cohérence. C’est là que le travail du compositeur fait entendre la différence. De la rythmique chaotique de Quintet 2007 A For Eight, qui soutient des fulgurances cuivrées, aux formes concertantes de Trio Four For Eight, on se laisse emmener dans la visite de l’univers de Roscoe Mitchell sans réticence. Il faudra attendre Ex Flover Five pour que le leader se lance dans un solo incandescent dont la force tranche avec son apparence physique plutôt frêle !

Far Side, par son aspect hors du temps (et du tempo conventionnel) est un disque majeur qui s’écoute avant tout comme une œuvre orchestrale et non comme un disque de soliste accompagné ce qui n’est ni le genre ni la quête de Roscoe Mitchell. Un leader on ne peut plus présent mais qui s’efface devant le collectif.

Bonus spécial !

Cet Inexprimable 20 ans : « Atelier de Musiques Improvisées - 20ème anniversaire »

Cet Inexprimable 20 ans : « Atelier de musiques improvisées - 20ème anniversaire » -  voir en grand cette image
Cet Inexprimable 20 ans : « Atelier de musiques improvisées - 20ème anniversaire »
Label Durance / Orchêstra

Où l’on retrouve Raphaël Imbert dans ses terres de Haute-Provence mais dans un cadre on ne peut plus collectif. Cet Inexprimable 20 ans retrace les grands moments du concert organisé le 15 janvier 2010 pour fêter les 20 ans de l’Atelier de Musiques Improvisées que dirige le batteur Alain Soler à Château Arnoux.

Si nous avons choisi d’intégrer ce disque dans une chronique autour du saxophone, c’est que pour ce concert, il y avait une sacrée équipe, quasi paradisiaque, de maîtres des anches puisqu’on y entend André Jaume, Larry Schneider, Éric Barret et Raphaël Imbert... Certes, ils sont tous un peu du coin mais tout de même, ça souffle fort quand ils s’y mettent ! On n’entend qu’eux d’ailleurs dans Quatuor où ils bavardent en toute liberté en finissant par accorder leurs voix : le miracle du jazz !

Alain Soler ne voulait pas fêter cet anniversaire (estimable pour une association) sans l’organiser et le structurer tout en laissant agir les hasards de l’improvisation. Il a composé, arrangé les thèmes qui constituent ce programme en un ensemble cohérent et logique qui permet aux musiciens issus de l’atelier et aux solistes plus renommés de s’exprimer librement et équitablement. Pour tout savoir de sa démarche, il suffira de lire son texte de pochette. Outre les saxophonistes déjà cités, on entendra dans ce disque des musiciens d’un très bon niveau.

Un disque qui mérite d’être découvert pour prendre la mesure du travail effectué par une association de passionnés convaincus. Les saxophonistes et les autres s’y donnent totalement et de bon cœur sur des compositions particulièrement propices à des développements riches (Louise, par exemple avec son swing subtil).

Les références :

> Anthony BRAXTON : « Trio & Quintet (Town Hall) 1972 » - HatOLOGY 685 (réédition) - distribution Harmonia Mundi

Anthony Braxton : anches et flûte, compositions (sauf 3) avec :

  • Plages 1 et 2 : Dave Holland : contrebasse / Philip Wilson : batterie
  • Plages 3 et 4 : John Stubblefield : anches et percussions / Jeanne Lee : Voix / Dave Holland : contrebasse / Barry Altschul : percussion et marimba

01. Composition 6 N -dédiée à Jerome Cooper + Composition 6 (O) - dédiée à Frederic Rzewski / 02. All The Things You Are (J. Kern / 03. Composition 6 P I / 04. Composition 6 P II - dédiée à Jeanne Lee // Enregistrements de 1972 - New-York

> Lol COXHILL : « The rock on the hill » - nato 4099 - distribution L’Autre Distribution

Lol Coxhill : saxophone soprano / Barre Phillips : contrebasse / JT Bates : batterie

01. Rivers bend / 02. Anything so natural / 03. Scratch / 04. Ergo somme / 05. The world in a grain of sand / 06. Tarentelle for Nelly / 07. Full of butterflies // Compositions : Lol Coxhill - Barre Phillips - JT Bates / éditions musicales nato - Enregistré au Théâtre Dunois (Paris) en octobre 2010.

>Lol COXHILL : « Instant replay » - nato 25/32 - distribution L’Autre Distribution

Lol Coxhill : saxophone soprano, saxophone sopranino, voix / Joëlle Léandre : contrebasse / Christian Rollet : batterie / Bagad de Kemperlé dirigé par Pierrick Tanguy / Paul Rutherford : trombone / Annick Nozati : voix / Sven-Ake Johansson : percussions, voix, accordéon / Louis Sclavis : clarinette basse, saxophone soprano / Misha Mengelberg : piano / Emmanuel Bex : orgue, piano / Xavier Jouvelet : batterie / Raymond Boni : guitare / Jac Berrocal : cornet, pelle à ordures, trompette / Rkan-Dun (Tibet), voix / Tony Coe : clarinette / La Chantenaysienne dirigée par Yves Rochard // enregistré en concert en 1982

01. A1 (Lol Coxhill - Joëlle Léandre) / 02. A2 (Lol Coxhill - Christian Rollet) / 03. A3 (Lol Coxhill) / 04. B1 (Lol Coxhill - Paul Rutherford) / 05. B2
(Lol Coxhill - Annick Nozati - Sven-Ake Johansson) / 06. Embraceable you (George and Ira Gershwin / New World Music) / 07. B3 (Lol Coxhill - Louis Sclavis) / 08. Caravan (Ellington - Mills - Tizol) / 09. C1 (Lol Coxhill - Misha Mengelberg) / 10. C2 (Lol Coxhill - Emmanuel Bex - Xavier Jouvelet) / 11. C3 (Lol Coxhil - Raymond Boni) / 12. D1 (Lol Coxhill - Jac Berrocal) / 13. D2 (Lol Coxhill - Tony Coe - Joëlle Léandre) / 15. D3 Pot pourri (Trad. arr. Lol Coxhill)

> Raphaël IMBERT Project : « Live au Tracteur » - Zig-Zag Territoires ZZT 110203 - distribution Harmonia Mundi

Raphaël Imbert : saxophones ténor, soprano,alto / Stephan Caracci : vibraphone / Joe Martin : contrebasse / Gerald Cleaver : batterie

U Suite : 01. Shared temples / 02. Ecosystem of citybirds / 03. Po Boy / 04. Omax at Lomax / 05. Jamin’ with Jamin // Enregistré en concert au Tracteur - 04 Puimoisson - juillet 2010.

> Roscoe MITCHELL & The Note Factory : « Far Side » - ECM 2087 - distribution Universal

Roscoe Mitchell : saxophones, flutes, compositions / Corey Wilkes : trompette et bugle / Craig Taborn : piano / Vijay Iyer : piano / Harrison Bankhead : violoncelle, contrebasse / Jaribu Shahid : contrebasse / Tanni Tabbal et Vincent Davis : batterie /

01. Far Side-Cards-Far Side / 02. Quintet 2007 A For Eight / 03. Trio Four For Eight / 04. Ex Flover Five // enregistré en concert au Burghausen Jazz Festival (Allemagne) en mars 2007

> Cet Inexprimable 20 ans : « Atelier de musiques improvisées - 20ème anniversaire » - Label Durance LabDur AM-062010 - distribution Orchêstra

Raphaël Imbert : saxophone ténor / André Jaume : saxophone alto / Larry Schneider : saxophones ténor et soprano / Eric Barret : saxophone / Lionel d’Hauenens : basse / Alain Soler, Alain Antoni : batterie / Fred Garnier : guitare / Sébastien Lalisse : piano / Michel Chauvin et Victor Buzelin : percussions

01. Ouverture / 02. Quatuor / 03. Bass solo / 04. Louise / 05. Piano solo / 06. Drums solo / 07. Blues des Communards / 08. Au Revoir // enregistré en concert au Théâtre Durance - Château-Arnoux (04) en janvier 2010

Liens :

Anthony Braxton :

Lol Coxhill :

Raphaël Imbert :

Roscoe Mitchell :


© CultureJazz® - mars 2011 - www.culturejazz.net®


[1Association for the Advancement of Creative Musiciens basée à Chicago créée en 1965. www.aacmchicago.org...