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VERONA et Daniel MILLE à Coutances

Soirée dans le cadre du festival Focus Jazz #5

D 13 avril 2011     H 21:41     A Thierry Giard    


Il y avait « jazz » à Coutances le samedi 9 avril... C’est assez rare en dehors de la semaine pantagruélique « sous les pommiers » pour éviter de manquer l’évènement [1] !

De plus, le concert proposé s’inscrivait dans le cadre de Focus Jazz, heureuse initiative du Collectif Jazz de Basse-Normandie qui vise à impliquer les scènes régionales autour de ce projet pendant environ un mois au début du printemps. Ça marche puisqu’on en est à la cinquième édition !

Focus Jazz a pour mission, en particulier, de permettre aux formations bas-normandes de trouver des espaces d’expression. C’est ainsi que le quartet Verona ouvrait cette soirée à Coutances.

Rémy Garçon, saxophone baryton avec Verona -  voir en grand cette image
Rémy Garçon, saxophone baryton avec Verona
Coutances, 9 avril 2011

Sous un intitulé qui évoque l’Italie, le romantisme, la douceur latine ou Roméo et Juliette, le pianiste François Chesnel a composé une formation où règne la sérénité et l’esprit d’équipe au service d’une une musique d’une grande sensibilité.

  • Alors que vient de paraître leur excellent premier disque sur le Petit Label (La Solitude du Roi), on remarque que la musique du quartet a gagné en ampleur depuis l’enregistrement (il y a un an, certes !). En passant du saxophone ténor au baryton, Rémy Garçon a étendu la palette de couleurs du quartet. Les sonorités chaudes et profondes de cet instrument contrastent avec la brillance et le phrasé ondulant du soprano d’un thème à l’autre.
  • Parmi les qualités de Verona, on remarque un sens de l’arrangement qui n’est pas si fréquent en quartet. Chaque composition (en particulier les remarquables mélodies de GG et 4D de F. Chesnel et La part des Anges de R. Garçon) bénéficie de combinaisons instrumentales choisies à l’esthétique raffinée (Bernard Cochin et sa contrebasse à l’archet dans 4D par exemple...).
  • Et pour donner un brin de folie à l’ensemble, il y a le jeu de batterie d’Ariel Mamane, toujours prêt à injecter quelques touches percussives inattendues sans ébranler pour autant la cohésion de l’ensemble, comme il le faisait déjà dans le Kurt Weill Project.

Un bien beau quartet qui pourra prendre toute sa dimension si on lui offre des possibilités de se produire en concert. Cette musique possède un potentiel mais il faut le faire vivre pour qu’il s’épanouisse et nous enchante plus encore.

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Verona : A. Mamane, F. Chesnel, B. Cochin, R. Garçon.
Photo © Christian Ducasse

Venait ensuite le quintet de Daniel Mille, accordéoniste souvent invité par l’équipe de Jazz sous les Pommiers (où il a ses fans !).

  • Musicien réputé pour son goût de la mélodie chantante aux influences souvent ensoleillées mais un rien nostagiques (le « saudade » des portugais et brésiliens sans doute), Daniel Mille a réuni une formation sans failles capable de servir sa musique avec un professionnalisme à toute épreuve. La rythmique que composent Jérôme Regard, contrebassiste « qui assure », et André Ceccarelli, maître de la batterie et très fin coloriste dans ce contexte, est un modèle du genre. Le pianiste Olivier Truchot est un musicien d’expérience qui reste discret mais possède un grand talent d’accompagnateur et un phrasé limpide dans ses improvisations.
  • En associant son accordéon au bugle du jeune et talentueux Julien Alour, Daniel Mille a trouvé une combinaison de timbres qui apporte beaucoup de chaleur à ses compositions. On remarque d’ailleurs qu’il sollicite très peu sa main gauche à l’accordéon, préférant se centrer sur les lignes mélodiques à la main droite en laissant au piano le soin de compléter la partie harmonique... sauf lorsqu’il se livre à l’exécution d’une pièce en solo comme il le fit lors de ce concert.

Un moment chaleureux et de très bon niveau, terminé par une interprétation très sensible d’Estate, célèbre thème brésilien pour lequel D. Mille utilise l’accordina, cet étonnant instrument à vent et à anches libres inventé dans les années 30... Ambiance nostalgie...

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Daniel Mille, Julien Alour, André Ceccarelli à Coutances, le 9 avril 2011.
© CultureJazz

PS - NDLR : les photos de scène ne sont vraiment pas à la hauteur mais l’éclairage de la scène, certes très esthétique, ne facilite pas la tâche !

> Verona :

  • François Chesnel : piano / Rémy Garçon : saxophones soprano et baryton / Bernard Cochin : contrebasse / Ariel Mamane : batterie

> Daniel Mille Quintet :

  • Daniel Mille : accordéon, accordina / Julien Alour : bugle / Olivier Truchot : piano / Jérôme Regard : contrebasse / André Ceccarelli : batterie

> À écouter... et plus si affinités :

> VERONA : « La solitude du roi » - Petit Label PL029 - à commander à www.petitlabel.com et Les Allumés du Jazz

VERONA : « La solitude du roi » -  voir en grand cette image
VERONA : « La solitude du roi »
Petit Label / les Allumés du Jazz

François Chesnel : piano / Rémy Garçon : saxophones soprano et ténor / Bernard Cochin : contrebasse / Ariel Mamane : batterie

01. Ugly Beauty (T. Monk) / 02. La part des Anges (R. Garçon) / 03. La tristesse du roi (F. Chesnel) / 04. GG (F. Chesnel) / 05. 4D (F. Chesnel) / 06. Thrill (F. Chesnel) / 07. Once around the park (P. Motian) / 08. Closer (F. Chesnel) / 09. Ugly Beauty (T. Monk)

Dans un esprit assez proche des (meilleures) productions du label ECM, le quartet Verona a construit un disque d’une grande intelligence qui s’ouvre et se ferme par un remarquable duo piano / sax soprano. On y découvre le fort potentiel d’une formation soudée par une connivence musicale construite de longue date à travers de multiples projets. Les compositions sont des petits trésors mélodiques et ne demandent donc qu’à être découvertes !

Vivement conseillé... et en tirage limité (un des principes du Petit Label) !


© CultureJazz® - avril 2011 - www.culturejazz.net®


[1Dommage que Coutances ne dispose pas d’une bonne salle de 150 à 200 places qui permette d’écouter du jazz en créant une proximité avec les musiciens, ce qu’on ne ressent pas dans le théâtre de 600 places aux 2/3 vide.

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