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L’ONJ Yvinec dans la bonne direction

Explication d’une “mission”...

D 8 octobre 2011     H 10:24     A Edouard Hubert    


Musicien phare de la scène française, bassiste, contrebassiste, producteur, compositeur et plus encore, Daniel Yvinec a été nommé pour six ans à la tête de l’Orchestre National de Jazz. Son rôle dans l’ONJ ? Directeur artistique. Premier du nom, le titre questionne. Explication d’une fonction, ou plutôt d’une “mission” où se mêlent création, production et imagination, et dans laquelle la musique reste toujours le mot d’ordre.

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Orchestre National de Jazz - Jazz à La Tour, 14 août 2011.
© CultureJazz

Directeur artistique

Lorsqu’on demande à Daniel Yvinec de nous éclairer sur son rôle de directeur artistique, la réponse ne se fait pas attendre : « Cela mérite d’être expliqué. C’est une fonction qu’on ne connaît pas assez bien, surtout en France où c’est assez peu pratiqué. » Pourtant, bien avant l’ONJ, Brisa Roché, Nelson Veras ou encore Stéphane Guillaume avaient déjà fait appel à ses talents de conseiller artistique pour la production de leurs albums.
Oui, mais alors, au sein de l’ONJ ? « Le directeur artistique est quelqu’un qui conçoit des projets, qui choisit les bonnes personnes au bon moment et au bon endroit, qui les drive pour que ce projet devienne une réalité, qui crée des synergies pour que les choses se fabriquent. » En somme, un metteur en scène. Et c’est bien ce qui déroute le spectateur ou l’exégète, car l’unique moment où Yvinec n’intervient pas de sa personne physique, c’est lors de la performance du concert. « Au début, les gens se posaient des questions : “Mais qu’est-ce qu’il fout alors ? Il ne joue pas dans son orchestre… Il n’est pas sur scène pour diriger…” J’ai choisi de ne pas être le bassiste de l’orchestre parce que je pensais que si je voulais être un bon metteur en scène, il ne fallait pas que je joue dans le film. J’ai déjà essayé mais c’est très difficile, et je pense que je suis meilleur directeur artistique si je ne suis pas instrumentiste. Quant à la direction, les musiciens de l’orchestre n’ont pas besoin de moi sur scène. Mais pendant les répétitions, on élabore ensemble tout un tas de signes qu’ils utilisent ensuite lors des prestations. » Un travail de l’ombre qu’Yvinec assume parfaitement.

Casting

Rémi Dumoulin, Antonin-Tri Hoang, Joce Mienniel - ONJ, « Shut Up and Dance » -  voir en grand cette image
Rémi Dumoulin, Antonin-Tri Hoang, Joce Mienniel - ONJ, « Shut Up and Dance »
Jazz sous les Pommiers, juin2011 - © CultureJazz

La première étape du mandat fut évidemment de constituer un orchestre. Mais plutôt que de choisir des musiciens qu’il connaissait déjà (ce qu’il aurait pu facilement faire en ajoutant quelques instrumentistes à son orchestre du programme « Old Wine New Bottle », créé au festival Jazz Sous Les Pommiers de Coutances en 2007), Yvinec a recruté dix jeunes musiciens par le biais d’auditions. Totalement libre quant au recrutement et déterminé à vivre une aventure nouvelle dont l’ONJ lui donnait l’occasion, c’est également pour répondre à une certaine “mission” que lui astreint sa fonction qu’il a choisi cette option : « Je trouve que le terme de “mission” est intéressant. Il faut le prendre avec un peu de recul, mais c’est passionnant d’aller découvrir des musiciens, puis de les faire découvrir au public : au monde du jazz mais aussi au monde en général. » En fait, c’est surtout à l’image de sa propre personnalité musicale qu’Yvinec justifie ce procédé des castings. En effet, l’objectif initial était de rassembler des musiciens issus de milieux musicaux très différents, avec des parcours très contrastés. Et cela pour deux raisons : la première, c’est que Daniel Yvinec est un dévoreur de musique, un mégamélomane, serait-on tenté de dire. « C’est dans ma nature, j’ai toujours écouté énormément de musique. J’ai une collection de disques très importante et j’ai toujours butiné dans plein d’univers différents. Dans une même heure, je peux écouter à la suite Count Basie, Ligeti, Robbie Williams et Stevie Wonder. Ça dépend de ce que j’ai envie de mettre dans mon sang. »

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Orchestre National de Jazz - Jazz sous les Pommiers, 3 juin 2011
© CultureJazz

Par conséquent, il a également voulu prouver, via cet orchestre, que la rencontre de musiciens provenant d’univers multiples et variés pouvait créer de l’inédit, en réponse aux guerres de chapelles que le bassiste avait pu vivre dans sa jeunesse de musicien touche-à-tout. « A une époque, je me suis très vite rendu compte qu’il ne fallait pas dire à certains musiciens de jazz que je faisais de la pop, et inversement. Et même au sein du jazz, il y avait des gens qui n’aimaient que certains types de jazz. Ça m’a toujours fait flipper. » Son recrutement, Yvinec l’a donc fait à l’aune de son cosmopolitisme musical : un mélange de musiciens venant de la musique contemporaine, d’un jazz très actuel ou plus mainsteam, de la pop ou de la musique électronique, mais également des musiciens qui avaient déjà expérimenté ces différents styles. Une contrainte souhaitée qui demandera aux instrumentistes à la fois complémentarité et adaptation.

Le son, toujours…

De manière plus spécifique, Daniel Yvinec avoue avoir choisi ses musiciens par totale intuition. Enfilant à nouveau le costume de metteur en scène, la tâche consistait à imaginer quel rôle irait le mieux à tel comédien, pour ensuite créer la pièce en fonction de cela. « J’ai procédé par coup de cœur sur chaque musicien, en imaginant ce que pouvait donner l’association d’untel et untel, par complémentarité sur le plan musical et humain, de ce que je pouvais imaginer, bien sûr… Par complémentarité de son également. » Selon Yvinec, ce procédé a permis de créer un son d’orchestre qu’il avait déjà en tête, et cela dès le premier quart d’heure de musique joué ensemble. Qu’en est-il alors de ce son de l’actuel ONJ ? Yvinec le résume ainsi : « une rythmique entre rock et pop, une section de vents assez acoustique, le tout lié par les couleurs plus synthétiques des instruments électroniques. » Son choix s’est également penché sur des poly-instrumentistes, des musiciens capables, au sein d’une même formation de format moyen, de fabriquer une multitude de couleurs et de textures.

Sylvain Bardiau, Sylvain Daniel et Vincent Lafont avec l'ONJ. -  voir en grand cette image
Sylvain Bardiau, Sylvain Daniel et Vincent Lafont avec l’ONJ.
Jazz à La Tour, août 2011 - © CultureJazz

« Je voulais avoir dans un même orchestre de jazz, à la fois un orchestre de musique de chambre, un orchestre de rock, un orchestre de musique contemporaine et un orchestre de musique électronique. Je voulais avoir tout ça en magasin pour créer un orchestre un peu mutant et qui ne ressemble à aucun autre. » Et c’est tout particulièrement l’originalité sonore de cet orchestre qui, selon Yvinec, participe de son succès à l’étranger, et notamment aux Etats-Unis. « C’est un territoire qui ne s’intéresse pas vraiment aux musiciens de jazz européens. Ça commence, mais il y a un puissant nerf du l’histoire du jazz là-bas. On sent que c’est né chez eux et que la curiosité pour le jazz européen n’est pas vraiment prédominante. Par contre, la curiosité pour autre chose existe. » Et cette “autre chose” que les oreilles américaines ont entendu dans cet ONJ, c’est cette patte sonore unique.

Réflexion formelle

Le travail qui suivit le recrutement des musiciens consista donc, pour Daniel Yvinec, à la conception de “programmes” pour l’orchestre. Là encore, l’originalité de la musique de l’actuel ONJ réside dans l’intense réflexion de son directeur artistique, notamment sur le rapport entre composition et improvisation, via, entre autres, la question de la forme. « J’ai toujours été très surpris par le côté très écrit dans les grandes formations, et puis tout d’un coup, pendant dix minutes, chacun fait son solo, il n’y a que la rythmique qui joue, ou de temps en temps quelques backgrounds, et puis tout le monde rentre. Il n’y a que chez Duke Ellington que je trouve ça génial, mais lui, il avait un rapport unique entre ce qu’il écrivait et ce sur quoi il faisait jouer ses musiciens. Il écrivait pour des mecs, et pas pour des instruments. Pour moi, c’est un contre-exemple génial. » Cette préoccupation permanente et de longue date pour Daniel Yvinec consiste donc à questionner les formes de la composition dans le jazz, à chercher comment écrire de la musique quand on est musicien de jazz tout en essayant de s’annexer de toutes les contraintes techniques liées à l’apprentissage de l’instrument, à la compréhension de l’harmonie ou des complexités rythmiques. « Je n’ai jamais cherché à composer un véhicule pour improviser. Il y a beaucoup de disques où l’on sent qu’il y a un thème qui ne vient pas forcement des tripes de celui qui l’a écrit, mais plus de son envie de savoir comment il va pouvoir improviser dessus ensuite. Moi, quand je fais ça, je préfère jouer des standards, parce que j’adore les chansons, et que c’est un outil magnifique pour renouveler constamment son langage. » Propos confirmé par sa discographie de contrebassiste de jazz (voir les albums avec Guillaume de Chassy ou « The Lost Crooners », tous sujets aux chansons ou standards) et par le projet pour l’ONJ « Broadway in Satin », conçu à partir du répertoire de Billie Holiday, programme qui a mis du temps à trouver sa forme et qui contient aujourd’hui beaucoup plus de place pour l’improvisation qu’à l’origine, Yvinec ayant choisi d’enlever de nombreuses parties écrites. « Tout ceci explique d’ailleurs la raison pour laquelle je n’écris pas beaucoup de jazz personnellement, parce que quand j’écris de la musique, j’ai des idées qui vont plus vers la pop, vers la musique électronique, mais rarement vers le jazz. » Pour preuve, on renverra le lecteur vers la discographie de la face Yvinek de l’artiste.
C’est alors en toute logique que pour les projets de l’ONJ, Daniel Yvinec s’est tourné vers des arrangeurs et des compositeurs qui avaient une vraie réflexion sur cette question de la forme. Ainsi, pour le programme « Carmen » dans lequel il a donné la plume aux membres de l’orchestre, aucun des musiciens n’a écrit un répertoire prétexte à faire des solos à n’en plus finir, mais bien de la musique pour un orchestre de dix instrumentistes.

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Matthieu Metzger (sax) avec l’ONJ - 14 août 2011
© CultureJazz

Around around Wyatt

Concernant le programme « Around Robert Wyatt », dont les arrangements de chansons préexistantes de Robert Wyatt ont été réalisés après l’enregistrement des voix de Wyatt lui-même et de divers invités (Arno, Camille, Daniel Darc, Yael Naïm, entre autres), la critique a parfois reproché au projet de trop masquer le talent des jeunes instrumentistes de l’orchestre au profit du caractère trop chansonnier ou orchestral de l’album. Daniel Yvinec justifie cet aspect en expliquant qu’il a conçu la place laissée aux musiciens en s’inspirant du format des 78 tours où les solistes avaient peu de temps pour s’exprimer entre les parties chantées. « Il y a des disques avec Lester Young, Coleman Hawkins ou Ben Webster, des disques de Charlie Parker également, où ce temps restreint pour parler a parfois pu être une contrainte génératrice de choses extrêmement intéressantes. » Il précise également que l’équilibre entre les chansons et l’instrumental était parfaitement recherché et donc assumé. « Et le troisième point – c’est dire si j’y ai réfléchi – c’est que je voulais focaliser l’attention de tout le monde sur le collectif. Pour moi, la force d’un groupe, et a fortiori un groupe de dix musiciens, c’est la manière dont on joue ensemble, quel son on produit à plusieurs. C’est toute l’immense force des groupes de Miles Davis : le son d’un collectif pensé par une espèce de démiurge, de sorcier, qui créait des connexions entre les musiciens d’une manière complètement bizarre mais super efficace. Et le “Wyatt”, c’était vraiment dans cet esprit-là. »

You’re a producer

Mêmes préoccupations pour le dernier projet en date « Shut Up and Dance » : « Je m’étais fait une short list de gens avec qui j’avais envie de travailler sur cette idée-là, en me disant que je voulais vraiment quelqu’un qui réfléchisse à comment faire cohabiter l’improvisation et l’écriture sans que l’une ne deviennent l’esclave de l’autre. » L’une de ces personnalités musicales ayant inspiré Yvinec par sa réflexion sur la question formelle et par son travail sur les textures sonores fut le batteur et compositeur américain John Hollenbeck. Mais avant même qu’Yvinec ne cherche à le contacter, c’est Hollenbeck lui-même qui l’approcha en lui proposant une éventuelle collaboration après avoir entendu en l’ONJ un son d’orchestre véritablement original sur les ondes américaines.

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Orchestre National de Jazz - Jazz à La Tour, 14 août 2011.
© CultureJazz

L’idée préalable au projet, né de l’imagination du directeur artistique, était de concocter dix mini-concertos, un par musicien de l’orchestre, toujours dans un contexte exigeant d’écriture : une manière, cette fois-ci, de centrer l’attention sur l’orchestre, de continuer à faire évoluer ses sonorités, en mettant l’accent sur chacune des individualités le composant.
Le second axe de ce projet tient dans son titre quelque peu provocateur, « Shut Up and Dance », le principe étant, lors de son élaboration, de réfléchir sur la question du mouvement et de la danse suggérée : qu’est-ce qui fait que l’on éprouve une émotion de l’ordre du mouvement lorsque l’on écoute de la musique ? Là encore, le travail de directeur artistique de Daniel Yvinec se déploie à chaque étape du projet : « J’ai fait rencontrer Hollenbeck à chacun des musiciens. Il a joué avec eux, il a appris à les connaître, et je l’ai briffé là-dessus. Je travaille vraiment en étroite collaboration avec les arrangeurs et les compositeurs. Je n’écris pas une note de musique mais je suis constamment présent. Je suis vraiment un metteur en scène. J’écris le scénario. Ça n’est pas moi qui écris les dialogues, mais j’ai un avis constant dessus. J’ai envie que mon scénario tienne et soit respecté à chaque pas de la création. »
Plus spécifiquement, concernant la réflexion sur le mouvement, Yvinec a donné comme point de départ à Hollenbeck plusieurs références à exploiter, comme l’apport du rythme à un élément qui ne s’y prêtait pas à l’origine, ou des composantes rythmiques riches de certaines subtilités. A partir de ces fondements, Hollenbeck a commencé à écrire des ébauches très simples sur lesquels Yvinec réagissait aussitôt. « Je lui disais, par exemple : “là, ça me semble trop intellectuel sur le plan rythmique, il manque un élément un peu plus organique”, ou encore : “est-ce que tu pourrais écrire un morceau avec une force émotionnelle plus importante”, etc. » Ce projet illustre au mieux la réussite de ce qu’est une véritable collaboration, le disque « Shut Up and Dance » se révélant être l’un des albums jazz les plus excitant de l’année 2010. Mais cela montre également tout l’apport et la place du directeur artistique dans ce genre de conception. « J’avais prévenu Hollenbeck : “Je vais être chiant” et il m’a répondu : “You’re a producer”, au sens américain, c’est-à-dire directeur artistique. Il avait parfaitement compris le sens de la fonction et il a saisi ça comme une opportunité pour que sa musique devienne autre. » Yvinec nous avoue d’ailleurs qu’à l’heure actuelle, Hollenbeck est toujours extrêmement impliqué dans la continuité du projet qui, selon les dires de son directeur artistique, reste toujours en évolution.

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Daniel Yvinec (à gauche) et l’ONJ.
Jazz à La Tour, août 2011 - © CultureJazz

Et ensuite…

En plus des programmes existants que l’orchestre continue de jouer sur scène, Daniel Yvinec a conçu un projet intitulé « Dixcover(s) » où des formations réduites de l’orchestre – de deux à quatre musiciens – donneront une relecture libre et personnelle d’un album mythique : « Sign o’ The Times » de Prince, « Anatomy of a Murder » de Duke Ellington, « Dark Side of The Moon » de Pink Floyd et un duo appelé « Grand Bazar » dont le répertoire est composé de musiques de Bach, Ligeti, Carla Bley et Aphex Twin. Un catalogue hétéroclite en adéquation avec les propos du directeur artistique. _ Parallèlement, Yvinec est en train de mettre en place un nouveau programme sur Piazzolla en collaboration avec l’arrangeur new-yorkais Gil Goldstein. « C’est un grand monsieur de l’arrangement qui a encore une autre vision des choses. L’idée de ce projet, c’est de relire la musique de Piazzolla avec notre son, tout en continuant de le faire évoluer. »
L’orchestre continue également à effectuer des séances d’improvisation libre sur des films muets dans des configurations variables. Pour sa part, grâce à cette expérience ONJ, Daniel Yvinec confesse qu’il a énormément appris sur le monde de la musique d’aujourd’hui, sur son fonctionnement et sur ses acteurs, et sur ses goûts personnels également. « Mais tout cela reste encore à exploiter, bien sûr. A une époque, si on m’avait dit que je me retrouverais à la tête de l’ONJ, j’aurais rigolé, car je ne me voyais pas du tout prédestiné à ça. J’ai toujours eu un parcours très indépendant, et aujourd’hui, je dirige ce qui est sans doute la plus grosse institution qui existe dans le jazz en France. C’est extrêmement intéressant, mais je garde mon esprit en éveil sur tout, sur le désir de créer, de prendre des risques, et d’essayer, sans prétention, de faire en sorte que les gens sortent d’un concert en ayant vécu une réelle aventure, en quelque sorte. »


> L’ONJ, c’est : Daniel Yvinec : direction artistique / Eve Risser : piano, piano préparé, flûtes / Vincent Lafont : claviers, électronique / Antonin-Tri Hoang : saxophone alto, clarinettes / Rémi Dumoulin : saxophone ténor, clarinettes / Matthieu Metzger : saxophones, électronique / Joce Mienniel : flûtes, électronique / Sylvain Bardiau : trompette, bugle/ Pierre Perchaud : guitare, banjo / Sylvain Daniel : basse électrique / Yoann Serra : batterie


> Liens :


> Discographie sélective :

Orchestre National de Jazz, direction artistique Daniel Yvinec, Musique de John Hollenbeck, Shut Up And Dance, 2010, BEE JAZZ

Orchestre National de Jazz, direction artistique Daniel Yvinec, Arrangements de Vincent Artaud, Around Robert Wyatt, 2009, BEE JAZZ

De Chassy & Yvinec, Paul Motian, Mark Murphy, Songs from the Last Century, 2009, BEE JAZZ

Daniel Yvinec, The Lost Crooners, 2007, BEE JAZZ

Yvinek, Jazz In Paris Remixed, 2006, Universal Jazz

Guillaume de Chassy & Daniel Yvinec, Wonderful World, 2005, BEE JAZZ

Guillaume de Chassy & Daniel Yvinec, Chansons sous les bombes, 2004, BEE JAZZ

Yvinek, New Morning, A Dream Mix by Yvinek, 2004,BMG

Guillaume de Chassy & Daniel Yvinec, Ghost of a Song, 2003, Juste une trace

Yvinek, Recycling the Future, 2002, BMG