« Le jazz tisse sa toile... »
Vous êtes ici : Accueil » Disques, livres & Co » Chroniques 2012 » Vitrine « spéciale guitares » - février 2012

Vitrine « spéciale guitares » - février 2012

Une sélection de nouveaux disques de guitaristes

D 8 février 2012     H 11:13     A Thierry Giard, Yves Dorison    


Des guitaristes, pour tous les goûts ? Presque !...

Au sommaire de cette vitrine hivernale, par ordre alphabétique :

 :

Sylvain COURTNEY : « Those were the days »

Sylvain COURTNEY : « Those were the days » -  voir en grand cette image
Sylvain COURTNEY : « Those were the days »
Auto production / www.sylvain-courtney.com

> Auto production – disponible sur www.sylvain-courtney.com

Sylvain Courtney : guitare / Jean-Yves Jung : piano / Damien Varaillon : contrebasse / Jean-Marc Robin : batterie / Michael Alizon : saxophone

Ignorant que nous sommes, nous venons de découvrir un guitariste comme on les aime. Mélodique, clair et sensible, Sylvain Courtney nous livre un jazz qui fait mouche dès la première écoute. Comme toujours dans ce type d’album, on oublie aisément la technicité des musiciens car l’ensemble est homogène et dénué d’afféteries, ce qui ne signifie pas absence de nuances, entendons-nous bien.
Sur des compositions plutôt mid tempo, le guitariste et ses musiciens ne manquent d’aucune des qualités nécessaires à l’établissement d’une musique empreinte d’émotions sereines.
Une énergie parfaitement contenue tout au long du disque laisse une agréable impression de maturité calme, voire d’équanimité.

. ::Yves DORISON ::.

> Liens :

Paul JARRET – PJ5 : « Floor dance » (EP)

Paul JARRET – PJ5 : « Floor dance » (EP) -  voir en grand cette image
Paul JARRET – PJ5 : « Floor dance » (EP)
Auto production / www.pj5.fr

> Auto production - disponible sur www.pj5.fr

Paul Jarret : guitare / Maxence Ravelomanantosa : saxophone ténor / Léo Pellet : trombone / Alexandre Perrot : basse / Ariel Tessier : batterie

« Le fondement musical du Pj5 est de mélanger le jazz new-yorkais d’aujourd’hui (Kurt Rosenwinkel, John Hollenbeck, Brad Mehldau, Brian Blade, Jim Black…) au son des groupes de rock anglais et islandais (Radiohead, Sigur Rós…). »

Ce sont eux qui le disent et, ma foi, c’est plutôt vrai.
Une belle énergie parcourt ce CD 4 titres disponible en téléchargement sur les grandes plates-formes du genre. Cela ne manque pas d’originalité mais l’on attend d’écouter un disque entier pour voir comment ce quintet peut varier les formes de ce « nu » jazz-rock qui laisse percer de fortes réminiscences d’un passé que nous avons bien connu.

. ::Yves DORISON ::.

> Lien :

Toni KITANOWSKI & CHERKEZI ORCHESTRA : « Shukar »

Toni KITANOWSKI & CHERKEZI ORCHESTRA : « Shukar » -  voir en grand cette image
Toni KITANOWSKI & CHERKEZI ORCHESTRA : « Shukar »
Enja-Yellow bird / Harmonia Mundi

> Enja / Yellow bird - Yeb -7719 / LC 18386 - distribution Harmonia Mundi - (paru le 07/02/2012)

Asan Rasid : trompette / Aleksandar Sekulovski : batterie / Jasar Rasid : tapan drum / Ivan Bejkov : basse électrique et acoustique / Vilhen Memedov : tuba / Tamana Skenderovska : voix et trompette / Dzian Emin : cor,mélodica et orgue / Toni Kitanovski : guitare, voix / Invités : Bob Stewart : tuba / Saso Serafimov : saxophone alto & baryton, flûte / Mersiha Shukri : harpe / Paquito Hechavarria : piano / Oscar Salas : congas et timbales / Vladimir Lazarevski : Duduk arménien

01. chororo / 02. Addis Abeba / 03. Lagrimas negras / 04. Daddy’s coming home / 05. Show me / 06. Blue genes for Richard / 07.Diego / 08. RhadaKrishna / 09. Steps / 10. Play is the work of children / 11. Dailer dailer / 12. M&M

La rencontre (d)étonnante entre le guitariste Toni Kitanovski, enfant des Balkans parti aux USA pour apprendre la musique « de là-bas » et une fanfare gitane d’un quartier de Skopje (Macédoine) qui joue habituellement la musique ancestrale transmise par son patriarche Cherkezi Rashid.
Diplômé de la Berlklee School de Boston, Kitanovski se révèle être un très habile (r)assembleur de musiques puisqu’il parvient avec une doigté remarquable et une grande intelligence musicale à associer ces musiciens du cru, certes curieux et ouverts, à un projet composite haut en couleurs.
On pense inévitablement au talent d’organisateur de brassage de cultures d’un Kip Hanrahan. Comme lui, Kitanovski prend appui sur des percussionnistes qui font le lien entre la culture populaire de la fanfare et les références au jazz, au funk, au blues... D’ailleurs, ce disque paraît sur le même label que le dernier disque du génial producteur (également guitariste !) new-yorkais [1]. Pas un hasard sans doute !
Voilà un guitariste qui s’est lancé dans un projet ambitieux qui aurait pu se noyer dans les banalités de la world-music. Il s’en est sorti remarquablement et ce disque ne manque ni de charme, ni de caractère, ni de force.

. ::Thierry GIARD ::.

> Liens :

Steeve LAFFONT : « New Quintet »

Steeve Laffont : « New Quintet » -  voir en grand cette image
Steeve Laffont : « New Quintet »
Le Chant du Monde / Harmonia Mundi

> Le Chant du Monde CDM193 - distribution Harmonia Mundi (paru le 10/01/2012)

Steeve Laffont : guitares acoustique et électrique / Rudy Rabufetti : guitare acoustique / Serge Oustiakine : contrebasse / Christophe Fournier : flûte (sauf 1, 3, 6, 9, 12) / Alexandre Velasco : percussions (sur 2, 4, 7, 8)

01. Viper’s dream / 02. Nature Boy / 03. My Blue Heaven / 04. Cataloupe Island / 05. Django’s Tiger / 06. Tenderly / 07. Samba for Carmen / 08. Don’t Know Why / 09. Limehouse Blues / 10. Bluesette / 11. Ther Will Never Be Another You / 12. Insensiblement

Le label Le Chant du Monde est vraiment devenu le fer de lance du jazz manouche, pour la défense d’un style (qui a ses fans, nombreux) et surtout d’une vraie « famille » de musiciens qui cherchent de plus en plus souvent à prendre la tangente, à s’écarter d’une esthétique qui peine à se régénérer. Django forever ? Plus vraiment...
Steeve Laffont est de ceux-là. Avec ce nouveau quintet, il tente d’apporter du neuf dans son répertoire. Entendons-nous bien, c’est le quintet qui est nouveau, pas véritablement la musique qui ne sait pas trop où nous emmener... Entre une couleur Brésil (la flûte, les percussions...), une guitare électrique qui sonne et ferraille étrangement « roots », des standards, le Cantaloupe Island d’Herbie Hancock, on s’écarte de Django, certes, mais au risque de déboussoler un peu l’auditeur quelque peu exigeant.
Du jazz varié et sympathique joué par un guitariste de talent (ça, on n’en doute pas !) qui n’est jamais aussi intéressant que lorsqu’il joue sur sa guitare acoustique. Insensiblement est un beau final, plein de... sensibilité. On aurait aimé tout un disque de ce niveau.

. ::Thierry GIARD ::.

> Lien :

Richard MANETTI : « Why Note »

Richard MANETTI : « Why Note » -  voir en grand cette image
Richard MANETTI : « Why Note »
Label Bleu / distribution Sphinx

> Label Bleu LBLC6708 – LABO3341 (CD + DVD) - distribution Sphinx (paru le
30/01/2012)

Richard Manetti : guitares, compositions sauf 7 / Jean-Marc Jaffet : basse / Fred d’Œlsnitz : claviers / Yoann Serra : batterie / Stéphane Guillaume : saxophones sur 2 et 5 / Nicolas Blampain : guitare acoustique sur 10 // >Quatuor à cordes sur 2 & 3

01. Why Note / 02. Braz-Tang / 03. Camden Town / 04. Elo / 05. London / 06. Feeling good / 07. Toninio (JM Jafet) / 08. It’s Time / 09. Groove Now / 10. Natacha / 11. Frontignan 7 et Sète 14

Un « fils à papa » ? Richard Manetti est porteur de l’héritage d’une famille de guitaristes et, en premier lieu, de son père, Romane.
À 25 ans, il SE présente sur un disque dans lequel il a mis beaucoup de lui-même, à commencer par 9 compositions originales. En « bonus », on regardera le DVD de 13 minutes, portrait-interview du guitariste avec la participation de Romane, le papa. Ce dernier est fier du travail de son fils et de ce premier disque Why Note : « C’est un travail de recherche, d’expérimentation. Il teste des choses ! » dit-il.
Ça compte l’avis d’un père ! Seulement, on pourra considérer que cette recherche est bien balisée par des références à la musique de la fin du XXème siècle. On ne s’y perdra pas et l’expérimentation a déjà fait ses preuves : jazz électrique soft, dansant et fort bien agencé (Brésil, tango, balades, Lee Ritenour ?...), joué avec finesse par une équipe solide et irréprochable de fines lames du jazz français avec le renfort d’un quatuor à cordes sur deux titres.
Notons que Richard Manetti bénéficie pour ce disque d’une production extrêmement soignée (Label Bleu, qui resurgit pour l’occasion !?) grâce à une aide du Fonds d’Action Sacem « Jeune Talent Jazz ».
Beau coup de pouce pour une jeune pousse !

. ::Thierry GIARD ::.

> Liens :

Misja Fitzgerald MICHEL : « Time of no reply »

Misja Fitzgerald MICHEL : « Time of no reply » -  voir en grand cette image
Misja Fitzgerald MICHEL : « Time of no reply »
No Format / Universal
« OUI ! On aime ! »
« OUI ! On aime ! »

> No Format NOF19 - ?- - distribution Universal - (parution le 13/02/2012)

Misja Fitzgerald Michel : guitare / Invités : Meshell Ndegeocello, Olivier Koundouno, Nicolas Repac, Hugh Coltman / Compositions de Nick Drake

01. Black Eyed Dog / 02. Time of No Reply / 03. Riverman / 04. Pink Moon / 05. Things Behind the Sun / 06. One of these Things First / 07. Way to Blue / 08. Horn / 09. Wich Will / 10. Fruit Tree / 11. Know

Disons-le sans ambages, ce disque est venimeux. On l’écoute d’abord sans savoir que l’on va le réécouter en boucle longtemps, très longtemps. Autour de l’œuvre hantée de feu Nick Drake (1948-1974), songwriter folk des années 70 incompris de son vivant et adulé aujourd’hui par bien des grands du genre, Misja Fitzgerald Michel se livre à une exploration très personnelle d’une musique qui possède toutes les caractéristiques de l’intemporalité.
Dans ce CD essentiellement solo, le jeu si rapidement identifiable du guitariste donne à écouter des mélodies ciselées, limpides. La virtuosité est là au service de la simplicité, et c’est toute la différence. Les invités interagissent dans le même esprit et l’ensemble est un joyau.
Oui je sais, ce n’est pas tout à fait du jazz. Mais le jazz est une musique de liberté et Misja Fitzgerald Michel est libre comme un jazzman : donc ce disque est jazz. CQFD.

. ::Yves DORISON ::.

> Liens :

JP RAILLOT Quartet : « Sweet Chili »

JP RAILLOT Quartet : « Sweet Chili » -  voir en grand cette image
JP RAILLOT Quartet : « Sweet Chili »
REV Production / www.jpraillot.com

> REV Production - à commander sur www.jpraillot.com et par courriel.

Jp Raillot : guitare, compositions / Brice Moscardini : trompette / Hugo Barré : contrebasse / Nicolas Charlier : batterie

01. Tit for tat / 02. None neun / 03. Booblues / 04. Gandahar Cat / 05. Chili radio interlude / 06. H Touch / 07. Nept use / 08. Sweet chili / 09. Montmartre

Le guitariste Jean-Philippe Raillot, alias JP Raillot, a cuisiné son second album avec des ingrédients de qualité et l’appui d’une brigade de talent où l’on repère, par exemple, le jeune batteur Nicolas Charlier (qui met souvent ses toms et cymbales au service du très étoilé Didier Lockwood).
Jp aime les épices mais il a la sagesse de les adoucir : ce Soft Chili est un album de jazz mesuré, équilibré qui saura séduire des palais curieux (et les oreilles en éveil)... mais laissera peut-être sur leur faim ceux qui préfèrent des cuisines plus créatives, inventives, imprévisibles.
Nous tenons cependant à saluer cette production de qualité dans laquelle la sonorité ronde et chaleureuse de la guitare s’accommode fort bien du cuivré velouté de la trompette de Brice Moscardini.
L’écoute est agréable : mettez-vous à table !

. ::Thierry GIARD ::.

> Lien :

Csaba TOTH BAGI : « Aved Ivenda »

Csaba TOTH BAGI : « Aved Ivenda » -  voir en grand cette image
Csaba TOTH BAGI : « Aved Ivenda »
ENJA / Harmonia Mundi

> ENJA ENJ- 9579 2 - distribution Harmonia Mundi - (paru le 07/02/2012)

Csaba Toth Bagi : guitare, voix / Al Di Meola : guitare / Butch Thomas : saxophone/ Fausto Beccalossi : accordéon / Vasil Hadzimanov : piano, claviers / Laszlo Mathe : basse / Gumbi Ortiz : conga / Akos Kertesz : percussions / Ernie Adams : batterie / Dave Weckl : batterie

01. Aved Ivenda / 02. Cudo Da Vidis / 03. Lotus / 04. Balkan Mafia / 05. Esovel megyek el / 06. Chkin’ and Waffles / 07. Laura’s Song / 08. Srpsko Makedonsko / 09. Volt nékem szeretom / 10. Alphabet city / 11. Grandfather’s Rocking chair / 12. Si Zaljubi

Dès le premier titre, la couleur est annoncée : c’est Dave Weckl qui fait trembler la batterie sous une frappe de boxeur à l’entraînement pendant que Al DiMeola donne la réplique à Csaba Toth Bagi, guitariste serbo-hongrois qui perpétue une esprit « fusion » inter-culturel.
Le garçon a, de toute évidence, un solide bagage technique et il chante aussi, avec cœur et ferveur une musique qui emprunte ses volutes mélodiques à la culture balkanique. Tout autour de lui, les musiciens impliqués dans le projet donnent beaucoup et l’ensemble y trouve une force indéniable.
De là à nous captiver, il y a un grand pas. Mais c’est encore une question de goût(s) et de sensibilité et il faut bien reconnaître que ce disque mérite toutefois l’attention des amateurs du genre. En cela, l’appui de Weckl et DiMeola prend tout son sens... Mis sur orbite, le jeune guitariste s’en sort très bien sans eux, au fil des plages !

. ::Thierry GIARD ::.

> Liens :

Kim WON-SONG, ARNITO : « In a homely way »

Kim WON-SONG, ARNITO : « In a homely way » -  voir en grand cette image
Kim WON-SONG, ARNITO : « In a homely way »
Auto production / www.myspace.com/arnitofrance

> Auto production - commander via www.myspace.com/arnitofrance

Kim Won-Song : guitare / Arnito : guitare

Deux guitaristes et compositeurs, se rencontrent à Tokyo et font un bout de chemin ensemble.
Enregistré en France à Annecy, en Novembre 2011, ce disque s’articule autour de compositions respectives des deux musiciens. Une belle alchimie se dégage de l’ensemble, mais on regrette une linéarité un peu trop marquée qui nuit à quelquefois l’écoute et entraîne un début de lassitude.
Ce n’en est pas moins un disque de qualité qui séduira les adeptes de la six cordes et les amoureux de mélodies simples et belles, ne serait-ce que pour la belle technicité qui s’en dégage et sens du placement évident.
À suivre assurément.

. ::Yves DORISON ::.

> Lien :

Portfolio


[1Kip HANRAHAN : « At home in anger which could also be called imperfect, happily »

Dans la même rubrique

26 décembre 2012 – Petit voyage en Suisse

18 décembre 2012 – La vitrine de décembre 2012 : 9 disques.

13 décembre 2012 – [retour sur...] Jérôme SABBAGH : « Plugged in »

6 décembre 2012 – [Disques] Les ÉTOILES de l’année 2012.

6 décembre 2012 – [retour sur...] Anne PACEO : Yôkaï