« Le jazz tisse sa toile... »
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Chanter le jazz au féminin.

What’s new ?

D 13 juin 2012     H 16:38     A Thierry Giard    


Sommaire :

Quatre disques, quatre chanteuses que beaucoup d’entre-nous découvrirons peut-être.

Patricia BONNER & trombones : « What is there to say »

Patricia BONNER & trombones : « What is there to say » -  voir en grand cette image
Patricia BONNER & trombones : « What is there to say »
Teranga production

> Teranga production T-1101 / www.patriciabonner.com (paru le 03/05/2012)

Patricia Bonner : Chant / Jean-Marc Fritz : arrangeur, chef d’orchestre / Alex Tassel : bugle / Hervé Meschinet : flûte / Michael Joussein : trombone / Guy Figlionlos : trombone / Jerry Edwards : trombone / Lionel Segui : trombone basse / Dany Doriz : vibraphone / Pierre Christophe : piano / Hugo Lippi : guitare / Gilles Naturel : contrebasse / Sydney Haddad : percussions / François Laudet : batterie / Jean - Michel Proust : direction artistique

01. What is there to say / 02. The best is yet to come / 03. Waiting for you / 04. Prelude in E minor / 05. Sometimes i’m happy / 06. Just one of those things / 07. Whatever Lola wants / 08. Charade / 09. That old feeling / 10. In the wee small hours of the morning / 11. S’wonderful / 12. All of you / 13. It’s all right with me / 14. Just in the time / 15. Until it’s time for you to go

Pour Patricia Bonner, ce disque est un peu une balise lumineuse sur un parcours de vie fait d’héritages, d’expériences multiples et de rencontres fructueuses. Une mère qui fut chanteuse avant de devenir peintre, une passion pour Gerry Mullignan et le trombone de Bob Brookmeyer, divers métiers qui vous forgent une vraie vie et la rencontre avec le saxophoniste et directeur artistique Jean-Michel Proust, un homme qui a des relations dans le jazz parisien. Tout cela permet un jour de réaliser un disque comme celui-ci. La vie et le jazz, comme on dit ici : sa vie est sans doute le jazz !
Une voix chaude qui porte ce qu’il faut de graves pour équilibrer le chant, une solide équipe de musiciens de grand talent et en particulier une section de trombones aux petits oignons sont les ingrédients essentiels d’un disque qui reste résolument ancré dans ce que certains appelleront le « vrai » jazz, plus tourné vers l’histoire que vers les explorations aventureuses. « Risque 0 » aurait-on envie de dire avec un directeur artistique qui veille au (bon ?) grain du swing, un chef d’orchestre arrangeur (Jean-Marc Fritz) qui sont au service d’une musique qui nous renvoie vers le jazz des années 50-60 du côté de la West-Coast en particulier.
Et alors ?, « What is there to say » est un disque sans doute abouti mais qui ne surprend à aucun moment. Ce qui sera pour beaucoup une qualité mais qui, pour nous serait plutôt un handicap. L’écoute en est agréable mais est-ce suffisant dans le flot des productions actuelles ?

Nous ajouterons que l’option artistique de la pochette nous laisse quelque peu songeur... Une image du jazz dans le velours qui ne correspond guère à notre vision de cette musique aujourd’hui.

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Stéphanie LEMOINE : « Sweet talk »

Stéphanie LEMOINE : « Sweet talk » -  voir en grand cette image
Stéphanie LEMOINE : « Sweet talk »
Autoproduction / MVS

> Mix Up Jazz / MVS distribution – Anticraft (paru le 11/06/2012)

Stéphanie Lemoine : voix / Leïla Olivesi : piano / Zacharie Abraham / Gautier Garrigue : batterie / invités : Loic Réchard : guitare ( plages 3, 5, 8 ) et Julien Pontvianne : contrebasse ( plages 3, 6, 9 )

01. Sweet talk / 02. Fly away / 03 ; Why / 04. The fall / 05. Motownmania / 06. 500 miles high / 07. feel love / 08. Black crow / 09. Tierra : 10. When I fall in love

La parité, c’est possible ! Ce quartet y trouve peut-être une partie de son équilibre : la voix de leader de Stéphanie Lemoine, le piano de Leïla Olivesi soutenus par une rythmique masculine solide et efficace (cliché ?).
« Sweet Talk » est le premier vrai disque de la chanteuse après quelques « EP » qui lui ont permis d’ouvrir quelques portes. On y entend non seulement une chanteuse qui possède d’indiscutables qualités vocales acquises avec le soutien de Sara Lazarus ou Michele Hendricks entre autres (belles références !) mais aussi une compositrice qui cherche encore un peu sa voie(voix) entre le jazz ternaire et swinguant et la tentation binaire ou funky qui devient vite plus banale.
Une production qui se distingue par son honnêteté, un plaisir évident de jouer la musique (sa musique) en toute complicité avec ses acolytes. Cette musique aura sans doute besoin de mûrir, de s’aérer un peu pour s’épanouir comme en atteste une interprétation trop bavarde et « pressée » du très beau thème de Joni Mitchell, Black Crow. Il faut laisser à l’oiseau le temps de prendre son vol pour qu’il capte totalement notre attention...
Une voix à découvrir sur scène, sans aucun doute.

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Dayna KURTZ : « Secret Canon Vol.1 »

Dayna KURTZ : « Secret Canon Vol.1 » -  voir en grand cette image
Dayna KURTZ : « Secret Canon Vol.1 »
Kismet Records / Modulor

> Kismet Records KIS1006 / The Orchard / Modulor (parution le 25/06/2012)

Dayna Kurtz : guitare et voix / Randy Crafton : batterie (sauf 3 et 9)/ Dave Richards : contrebasse (sauf 3 et 9) / Peter Vitalone : piano et orgue Hammond B3 (sauf 3 et 9) / George Porter Jr. : basse électrique (3) / David Torkanowski : piano (3) / Terrance Houston : batterie (3) / Jack Williams : guitare et voix (9) // Enregistré à New-Yok et à La Nouvelle-Orléans

01. Do I Love You / 02. Don’t Fuck Around WIth Love / 03. Not the Only Fool in Town / 04. I’ll Close My Eyes / 05. Sweet Lotus Blossom / 06. Your Fool Again / 07. If Yesterday Could Only Be Tomorrow / 08. Come In Out of the Rain / 09. Dayna Kurtz with Jack Williams - Call Me Darling / 10. Take Me in Your Arms

Six des dix plages de ce disque on été enregistrées lors d’une soirée marathon dans un studio du New-Jersey entre quatre heures de l’après-midi et trois heures du matin. Le type de performance live qui doit bien convenir à cette forte personnalité que semble être Dayna Kurtz.
Nous ignorions tout de cette chanteuse-guitariste américaine avant d’écouter ce disque gorgé de blues, parfois tendre, parfois râpeux et toujours plein de vie... Ce qui manque souvent dans bien des productions actuelles plus sophistiquées.
Dayna Kurtz est fascinée par la musique et le son de l’Amérique des années 50-60 tout en restant en phase avec son époque. Elle dit devoir beaucoup aux DJs et à internet pour lui permettre de retrouver des trésors du passé qu’elle s’approprie pour les faire revivre à sa façon. De fort belle manière, dirons-nous, car ce disque qui a tout l’aspect d’un authentique 30cm du siècle passé (réduit au format digipack !) est une découverte simple et sobre mais qui ne manque ni de caractère ni d’élégance.
Une voix à retenir, de celles qui s’épanouissent dans la sombre profondeur de la nuit, entre jazz et blues sur un répertoire inusable.
On imagine qu’il y aura un « Secret Canon vol. 2 » ?

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Lisa WAHLANDT : « Wowowonder »

Lisa WAHLANDT : « Wowowonder » -  voir en grand cette image
Lisa WAHLANDT : « Wowowonder »
Yellowbird / Harmonia Mundi

> Yellowbird YEB 9715 – 2 / Harmonia Mundi (paru le 12/04/2012)

Lisa Wahlandt : voix / Walter Lang : piano / Sven Faller : basse / Gerwin Eisenhauer : batterie

01. Wonder of Love / 02. She Devil From The Suburbs / 03. Little Boy Child / 04. Umbrella / 05. Birdy / 06.Love Of The Common People / 07.Our Castle Turns To Sand / 08. Where´s My Love Gone / 09. A Star Is Falling / 10. Kiss Me Gently / 11. Oh, Sister / 12. He Was My Brother / 13.Norwegian Wood / 14. Ocean

Ça commence plutôt bien, disons très agréablement. La charmante Lisa Wahlandt, née en Bavière, s’exprime avec agilité, jouant fort bien de sa voix chaleureuse qui affectionne les phrasés syncopés. La formule instrumentale met en valeur le son des instruments acoustiques et des instrumentistes tout à fait respectables (Walter Lang, tout en finesse au piano)...
Tout va bien, mais trop bien sans doute car au bout de quelques plages, on perçoit la dérive vers un pop-jazz assez conventionnel donc sans grande originalité. Décidément une tendance forte de certains labels germaniques ?
On retiendra quelques plages assez réussies comme Little Boy Child, composition swinguante de la chanteuse où la voix se faufile dans les boucles de la mélodie.
Un disque qui plaira sans doute mais que nous risquons d’oublier assez vite. Malgré notre bonne volonté nous avons du mal à trouver ce qui fait la différence entre Lisa Wahlandt et tant de chanteuses actuelles.

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