« Le jazz tisse sa toile... »
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Joëlle LÉANDRE... en 7 disques.

Le choix de Joëlle...

D 3 octobre 2013     H 11:11     A Jean Buzelin    


La contrebassiste Joëlle Léandre semble infatigable, toujours présente dans l’actualité des musiques vives et inventives.
Ce mois-ci, elle va sillonner la pointe bretonne en tant que « résidente » de l’Atlantique Jazz festival avec de nombreux projets.
Jean Buzelin s’arrête sur certains de ses disques récents.

Il y a quelques semaines, je recevais un petit « camion » de disques, selon le mot de l’expéditrice elle-même qui m’avait prévenu de l’arrivage, Joëlle Léandre.
Joëlle Léandre, musicienne singulière, à la fois centrale et excentrée, familière et surprenante, bien « présente » et insituable…
Joëlle Léandre ! Quand elle débarqua avec sa contrebasse plus grande qu’elle, personne dans le milieu “jazz“, y compris d’avant-garde comme on disait, ne la connaissait. D’où venait-elle ?
Si ma mémoire est bonne, ça s’est passé en 1982 au Théâtre Dunois. Dunois, que de souvenirs ! Un ancien hangar désaffecté dans le fin fond villageois du 13e arrondissement de Paris (rasé depuis par l’urbanisation qui accompagna la construction de la Grande Bibliothèque), devenu haut lieu du jazz contemporaine et de l’improvisation libre, vivier de la recherche où tout ce qui comptait de musiciens expérimentateurs français et européens venait présenter ses travaux — j’ai repris les programmes de l’époque : un who’s who impressionnant. C’est à Dunois qu’ont commencé à s’organiser les rencontres, les échanges, les confrontations entre les musiciens européens et leurs homologues français, jusque-là plutôt à l’écart des grands mouvements.

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Joëlle Léandre au Triton le 22 septembre2013 (avec Denis Charolles...)
© Florence Ducommun

Joëlle Léandre, qui n’appartient à aucun groupe, à aucun milieu, j’allais dire à aucune chapelle, n’est pas la dernière à se glisser dans les divers projets qui s’élaborent à Dunois. Et Jean Rochard, qui venait de créer son label, Nato, l’enregistre avec Lol Coxhill et Tony Coe, ses chouchous de l’époque et, accessoirement, deux très grands saxophonistes britanniques.
Mais d’abord, un premier « album », comme on dit, arrive des Etats-Unis en 1983. Il a été réalisé au mois de novembre précédent à Cincinnati, à partir de bandes enregistrées en France par Daniel Deshays en 1981, et produit par Liben, un petit label local. Il s’appelle « Contrebassiste », on ne peut être plus clair, et contient un morceau fameux, Taxi, dans lequel Joëlle raconte les mésaventures, parfois cocasses, du musicien obligé de trimbaler un instrument aussi volumineux. On ne pouvait pas deviner que ce disque, attendu et qui a fait son effet dans notre petit monde, soit le premier d’une longue et impressionnante série.
En juin 1983, le Théâtre Dunois lui organise une « Carte blanche » (le bon temps où un lieu parisien offrait son plateau pendant une semaine à un musicien). Joëlle Léandre invite Derek Bailey, George Lewis, Annick Nozati, Barre Phillips, Ernest Reyseger et Irène Schweizer, pas moins, pour une série de duos et trios variés dont une douzaine fait l’objet d’un disque Nato intitulé « Les Douze Sons » (qui vient d’être réédité en CD). La machine est lancée, elle ne s’arrêtera plus… Rencontres marquantes pour la contrebassiste qui entretient avec la plupart (deux nous ont quitté depuis) des liens toujours serrés. Cette même année, Bailey l’invite à participer à sa « Company ».
Toujours à Dunois, en janvier 1984, le saxophoniste Daunik Lazro est enregistré par la marque suisse Hat Hut ; George Lewis et Joëlle le rejoignent le temps d’un trio. En février, elle inaugure ensuite un autre label suisse, Intakt, dont le premier disque est placé sous la direction de la pianiste Irène Schweizer. Et c’est un troisième label suisse, Plainisphare, qui publie son second album en solo en 1985.
Je m’arrête là et remets ces disques sur leurs étagères… Pour la suite, j’invite le lecteur désireux d’en savoir plus sur la riche carrière de Joëlle Léandre, à aller faire un tour sur Wikipédia ou sur son site très bien fait.

Joëlle Léandre, musicienne atypique, n’est pas facile à appréhender. Elle ne vient pas d’une tradition jazz, même free, n’arrive qu’après la grande vague de la Nouvelle musique européenne, et s’installe à une place pas vraiment occupée. Contrairement à l’Allemagne (Peter Kowald), aux Pays-Bas (Maarten Altena), au Royaume-Uni (Barry Guy), il n’y a pas de « pur » contrebassiste de free music en France à cette époque, même si un certain nombre d’entre eux se montrent à l’aise dans ces formes d’expression. (Cela dit, y a-t-il un musicien français moins “hexagonal“ que Joëlle Léandre ?). Ses références ne sont donc pas “jazzistiques“, encore moins afro-américaines, ce qui ne l’empêche pas de se retrouver sur un terrain de parfaite entente avec George Lewis, Anthony Braxton (Cf. Culturejazz - Traversée de l’Atlantique, 17/12/2009) ou William Parker, avec lesquels elle entretient des relations durables, comme elle en entretient avec tous les gens disponibles, comme elle l’est elle-même constamment.
Pas de passé ? Si : conservatoire, orchestres de chambre et symphoniques, en particulier dans le domaine contemporain et ce qu’il a de plus « aléatoire », John Cage, Morton Feldman, Giacinto Scelsi, Maurice Kagel… là où l’improvisation n’est pas loin. Le pas est alors vite franchi et, apparemment, sans difficulté ; si l’instrument est encombrant, le bagage musical pas du tout.
Pas de futur ? Autrement dit : sa musique évolue-t-elle après plus de trente ans de pratique ? Mauvaise question : contrairement à un compositeur, un improvisateur n’évolue pas, il trouve son langage, tous les plus grands solistes de jazz sont dans ce cas.
Donc le présent, ce laps de temps insaisissable et éphémère où l’artiste monte sur scène et entre en communion avec son ou ses partenaires du moment. Demain un autre présent…
Joëlle Léandre est de ces artistes performers qui ne bâtissent pas une œuvre dans laquelle on peut piocher pour établir un choix, une sélection, un florilège. Comment, en effet, choisir, ne serait-ce que dix disques, parmi les quelque 160 publiés ? Comment faire ressortir dix « incontournables » ? Il faudrait déjà en avoir la collection complète, ce qui n’est pas à la portée de beaucoup. Donc, autant de choix, autant de listes différentes. Avec ce paradoxe que Joëlle Léandre, à quelques exceptions près, ne prépare pas, ne compose pas, ne fait pas de disques. Le nombre considérable de ceux-ci vient de ce que beaucoup de ses concerts, de ses performances (et elle se produit beaucoup), sont enregistrés live. Il s’agit donc de témoignages bruts, d’instants fugaces préservés et diffusés, donc proposés à l’auditeur qui n’a pas assisté à la prestation. Ce qui veut dire que tout pourrait être enregistré et publié ! Et c’est là que la notion d’œuvre prend un autre sens. Comme on l’entend chez un peintre par exemple — je pense à Geneviève Asse dont j’ai vu récemment une exposition à Beaubourg —, l’œuvre c’est le tout, et chaque pochade sur une feuille du carnet de croquis en fait partie. On peut déchirer, jeter, élaguer, ne garder que l’essentiel, on peut tout garder.
L’essentiel, pour Joëlle Léandre, c’est l’instant, le moment. C’était celui d’hier, c’est celui de demain. Et un instant qui dure depuis plus de 30 ans, ça fait une œuvre !...

Il est temps d’écouter les disques choisis par la musicienne. Tous enregistrés en public, ils demandent évidemment une écoute attentive, surtout pour ceux qui ont besoin du support visuel, nécessaire selon eux pour bien comprendre et apprécier ces musiques difficiles car l’improvisation absolue, sans « règles » ni repères, reste déroutante. J’ajouterai, peut-être encore plus maintenant qu’il y a trente ou quarante ans, car les jeunes oreilles sont formées à l’écoute de musiques beaucoup plus « confortables », rentrées dans le rang de la tonalité. Présentons ces disques chronologiquement.

Live in Israel

Joëlle Léandre : « Live in Israel » -  voir en grand cette image
Joëlle Léandre : « Live in Israel »
Kadima Collective
« OUI ! On aime ! »
« OUI ! On aime ! »

« Live in Israel » présente, sur deux CD, un échantillonnage de formules diverses, allant du solo — le seul de la série — aux formations à géométrie variable, sextette, trio et duo. La performance soliste fait l’objet d’une maîtrise parfaite de la contrebassiste, y compris dans ses débordements, dans ses « excès ». On sent l’implication, mais aussi la concentration de la musicienne, l’exploration introspective au cœur de l’essence de la musique même. Derrière un pizzicato, on peut parfois deviner une mélodie sous-jacente en arrière-plan. Mais, j’allais dire, son outil de prédilection reste l’archet avec lequel elle maltraite les cordes de son instrument : raclements, frappes, grincements, on a l’impression que Joëlle Léandre fait peu de cas de la rondeur du son et de l’ampleur naturelle de la contrebasse. On peut dire qu’elle ne la caresse pas dans le sens du poil !
Trois plages en sextette, entourée d’excellents musiciens du cru, font entendre la contrebassiste dans un environnement plus free jazz parfois débridé mais extrêmement stimulant ; on a presque l’impression d’entendre Joëlle jouer le tempo (ce qui est rare !) au sein d’une improvisation collective. Les trois plages suivantes, en trio, la mettent face à un second bassiste, J.C. Jones, autour du saxophoniste Steve Horenstein, et les deux dernières la font dialoguer avec le joueur de oud Sameer Makhoul dans des sortes de mélopées plus « orientales » assez fascinantes. Il résulte de tout cela un double CD varié, passionnant et très recommandé.

Journey

Joëlle Léandre / India Cooke : « Journey »  -  voir en grand cette image
Joëlle Léandre / India Cooke : « Journey »
NoBusiness

« Journey », enregistré à Denver dans le cadre de la conférence annuelle de la Society of Improvised Music, est un duo entre la contrebassiste et la violoniste afro-américaine India Cooke, dont les disques, à l’opposé de ceux de Joëlle Léandre, se comptent sur les doigts de la main. Elle apparaît notamment en 1990 au sein de l’une des dernières moutures de l’Arkestra de Sun Ra (deux CD). Les deux musiciennes avaient déjà joué ensemble au festival du Mans en 2005. Elles se retrouvent donc sur un autre terrain où tout semble avoir besoin d’être défriché. On pourrait s’amuser à dire que les deux musiciennes rivalisent en couinements et en grincements ! En tout cas elles nous frottent et décrassent les oreilles tout au long d’un spectre qui va de la frappe du bois de la contrebasse aux suraigus vertigineux du violon. Quatre duos totalement différents, dont un accompagné d’interventions vocales (ce dont Joëlle est familière), et un solo chacun constituent un disque secouant et vivifiant.




Last Seen Headed

Léandre / Houle / Strid : « Last Seen Headed » -  voir en grand cette image
Léandre / Houle / Strid : « Last Seen Headed »
Ayler Records / Orkhêstra

Sous-titré Live at Sons d’Hiver, « Last Seen Headed », est un enregistrement France Musique. Il met en présence la contrebassiste, le clarinettiste canadien François Houle et le batteur suédois Raymond Strid. Il s’agit d’une construction musicale en sept parties, exercice d’équilibre sonore qui demande beaucoup d’écoute et d’attention réciproques. On remarquera particulièrement le côté acide du jeu de clarinette, une large utilisation de l’archet, ainsi que l’extrême précision et la finesse du jeu de percussions.








Live at the Ulrichsberger Kaleidophon

Joëlle Léandre : « Live at the Ulrichsberger Kaleidophon » -  voir en grand cette image
Joëlle Léandre : « Live at the Ulrichsberger Kaleidophon »
Leo Records / Orkhêstra
« OUI ! On aime ! »
« OUI ! On aime ! »

Moment fort de notre panorama, « Live at the Ulrichsberger Kaleidophon » est un double CD qui comprend notamment une pièce pour tentette commandée à Joëlle par le festival d’Ulrich et la ville de Linz, Capitale Européenne de la Culture 2009 (Autriche) : Can You Hear Me. La composition instrumentale du groupe comprend une moitié jazzy : trompette, trombone, saxo alto-clarinette basse, saxo ténor-clarinette, guitare électrique, et une moitié de chambre : violon, alto, violoncelle, contrebasse, percussions-vibraphone. La pièce ne comprend qu’une partie de 54 minutes, jouée d’une traite, composée, c’est-à-dire agencée entre passages orchestraux et improvisations en une longue progression vers sa résolution finale. La richesse des timbres, la justesse des musiciens, la précision incroyable du jeu, et l’exceptionnelle clarté de l’ensemble aboutissent à un résultat absolument somptueux. Chacun pourra savourer l’intelligence et la beauté formelle de la musique, sa résonance profonde, et l’amateur de jazz appréciera les passages en tempo ternaire et le phrasé du ténor. Une œuvre rayonnante !
Le lendemain, Joëlle Léandre retrouvait le percussionniste Kevin Norton auquel s’ajoutait le pianiste John Tilbury pour une improvisation de très grande qualité également. Trois bons quarts d’heure d’une musique tout en retenue, parfois méditative, où l’on remarquera la musicalité du piano, la légèreté des percussions qui n’apparaissent que tardivement, ce dont joue la contrebassiste qui fait notamment « remonter » les basses de son instrument par un jeu en pizzicato. À la fois légère et délicate, et profonde et impliquée, cette pièce, intitulée simplement Trio, est, à mon sens, une belle réussite dans une formule qu’affectionne Joëlle Léandre.

Before After

Léandre / Mitchell / Van der Schyff : « Before After » -  voir en grand cette image
Léandre / Mitchell / Van der Schyff : « Before After »
RogueArt

On retrouve cette figure triangulaire dans « Before After », combinaison en quatre parties jouée à Vancouver en compagnie de la flûtiste afro-américaine Nicole Mitchell et du batteur sud-africain résidant au Canada Dylan van der Schyff. Parties contrastées où, après un démarrage en douceur, la vivacité prend le dessus avec les vigoureux coups d’archet de la contrebassiste et le piccolo nerveux et virevoltant. Puis chacun s’exprime en solo, l’archet « balaye », le batteur « swingue » avec un jeu up-tempo, des duos émergent…
On se retrouve dans une ambiance free music et l’auditeur n’a aucun mal à constater le plaisir de jouer des trois musiciens.








Live at Vision Festival

Stone Quartet : « Live at Vision Festival »  -  voir en grand cette image
Stone Quartet : « Live at Vision Festival »
Ayler Records / Orkhêstra

Contrairement aux réunions exceptionnelles qui ont fait l’objet des disques précédents, le Stone Quartet (Cf. Culturejazz - Le Free d’Amérique, 06/04/2009) est l’un des groupes fixes et réguliers dont fait partie Joëlle Léandre (au même titre que les Diaboliques ou le MMM Quartet (Cf. Culturejazz - Leo Records Panorama #2, 04/06/2012). Autant dire que les musiciens se connaissent bien, en particulier Joëlle et Marilyn Crispell. « Live at Vision Festival » présente deux parties d’inégales longueurs comprenant échanges, allers-retours, rebondissements, mise en avant de chacun alternativement, etc. Dans des formes de jazz plus traditionnelles, on dirait : « voilà un groupe qui tourne ! ». Ce que savent toujours faire les grands musiciens américains comme Roy Campbell et Mat Maneri.




The Bill has been Paid

Steve Dalachinsky / Joëlle Léandre : « The Bill has been Paid » -  voir en grand cette image
Steve Dalachinsky / Joëlle Léandre : « The Bill has been Paid »
DarkTree / Orkhëstra

À ce « choix de Joëlle », j’ajouterai un dernier disque, tout récemment paru : « The Bill has been Paid » dans lequel elle « accompagne » trois longs poèmes de Steve Dalachinsky récités par lui-même (les textes, en anglais, sont imprimés dans le livret). Alors que son tempérament la pousse habituellement plutôt vers l’énergie, la contrebassiste joue ici la sobriété. Accompagnant attentivement et discrètement, ce qui n’exclue pas la présence, elle montre une grande musicalité. Trois interludes instrumentaux complètent ce disque très bien composé.

Puisse cette simple chronique, qui n’a pas l’ambition d’être une « critique musicale » en bonne et due forme, susciter l’envie de se mettre à l’écoute de ces disques, ou de bien d’autres, de cette grande musicienne contemporaine qu’est Joëlle Léandre.
Notons que la plupart des livrets comprennent un texte informatif intéressant, et n’oublions pas la participation active et permanente de l’ingénieur du son-musicien Jean-Marc Foussat.






Les références :

> Joëlle Léandre : « Live in Israel » – Kadima Collective KCR 17
CD 1 : JL (b solo).
CD 2 : Sextet : JL (b), Assif Tsahar ‘bcl), Ariet Shibolet (ss), Albert Beger (ts), Daniel Sarid (p), Haggai Fershtman (dm) ; Trio : Steve Horenstein (bs, ss, fl), JL, J.C. Jones (b) ; Duo : Sameer Makhoul (oud, vo), JL (b).
Jérusalem ?, novembre 2007.

> Joëlle Léandre / India Cooke : « Journey » – NoBusiness NBCD 18
India Cooke (vln), JL (b).
Denver (Colorado), 6 décembre 2008.

> Léandre / Houle / Strid : « Last Seen Headed » – Ayler Records AYLCD-096 – distribution Orkhêstra
JL (b), François Houle (cl), Raymond Strid (perc).
Le Kremlin-Bicêtre, 24 janvier 2009.

> Joëlle Léandre : « Live at the Ulrichsberger Kaleidophon » – Leo Records CD LR 594/595 – distribution Orkhêstra
CD 1 : Tentet “Can you hear me ?“ : JL (b), Lorenz Raab (tp), Bertl Mütter (tb), Susanna Gartmayer (as, bcl), Boris Hauf (ts, cl), Burkhard Stangl (g), Thomas Wally (vln), Elaine Koene (avln), Melissa Coleman-Zielasko (cello), Kevin Norton (vib, perc).
CD 2 : Trio : JL (b), John Tilbury (p), Kevin Norton (vib, perc).
Ulrich (Autriche), 30 avril & 1er mai 2009.

> Léandre / Mitchell / Van der Schyff : « Before After » – RogueArt ROG-0032
JL (b), Nicole Mitchell (fl, afl, pic), Dylan van der Schyff (dm, perc).
Vancouver (Canada), 3 juillet 2009.

> Stone Quartet : « Live at Vision Festival » – Ayler Records AYLCD-124 – distribution Orkhêstra
JL (b), Roy Campbell (tp, fl), Marilyn Crispell (p), Mat Maneri (avln).
New York, 28 juin 2010.

> Steve Dalachinsky / Joëlle Léandre : « The Bill has been Paid » – DarkTree DT03 – distribution Orkhêstra
Steve Dalachinsky (vo), JL (b).
Paris, 27 mai 2012.


> À lire : Joëlle Léandre, À voix basse, entretiens avec Franck Médioni (Ed. MF, 2009)
(je ne l’ai pas lu !!!)


> Liens :