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SCHWAB - SORO : histoire de potes.

Un duo singulier qui réveille des souvenirs...

D 21 mai 2014     H 04:20     A Pierre Gros    


Il y a de nos jours dans le jazzosphère, pléthore de duos de toutes sortes. Beaucoup de piano-quelque chose. On pourrait croire que c’est uniquement la faute à la crise financière mais ce serait faire fi, pour le jazz, de son histoire. La formule a toujours existé et certes le jazz, musique caméléon, a toujours su s’adapter à son époque mais le duo est avant tout une histoire de potes.

SCHWAB – SORO : « Schwab Soro » -  voir en grand cette image
SCHWAB – SORO : « Schwab Soro »
Neuklang / Abeille Musique
« OUI ! On aime ! »
« OUI ! On aime ! »

Et le jazz une histoire de rencontres.
Ici les deux protagonistes en question, Raphael Schwab et Julien Soro s’investissent dans de nombreux domaines et formations, tous deux étant entre autres « machinistes » chez Ping [1]. Du big band au minimalisme il n’y a qu’un pas allègrement franchi, encouragé par Fred Maurin, Maître Ping et producteur de ce CD.

Ce retour à la simplicité, tant instrumentale que musicale, la contrebasse et le saxophone étant des instruments monodiques, force l’imagination comme une écriture sous contrainte. Dans de telles circonstances le travail du musicien se doit d’échapper à la performance et se concentrer avant tout sur la musique toute seule. Il faut faire appel aux mélodies fortes et aux rythmes forts et aux mille champs des nuances.

L’on ressort de l’écoute de cet enregistrement avec l’envie d’y retourner pour n’en rater aucunes des saveurs : du contrepoint (Choral de bienvenue) à la ballade, de la valse subtile jusqu’aux moments rageurs, sans oublier la déconstruction reconstruction du Confirmation de Charlie Parker, seule reprise du disque, toutes les autres compositions étant de Raphaël Schwab.

Julien Soro s’affirme ici comme un excellent mélodiste et accompagnateur (un plus pour un saxophoniste) et Raphaël Schawb (en plus d’être un bon compositeur) comme un excellent contrebassiste plus proche d’un Dave Holland que d’un Eddie Gomez.

Quoiqu’il en soit un disque bien agréable à mettre entre toutes les oreilles.

Quelques exemples de duos monodiques contrebasse-quelque chose à écouter ou à suivre :

Deux plages de Don Byas sax ténor avec Slam Stewart le contrebassiste fredonnant, sur I got Rythm et Indiana. La limite du swing et du bebop avec une évidente joie de jouer dans tous les sens du terme.

I Concentrate on you superbe dialogue entre Lee Konitz et Red Mitchell sur les thèmes de Cole Porter, un classique pour la forme et un éternel pour l’esprit. Red Mitchell a renouvelé l’expérience avec Warne Marsh (2 cd).

Autre chose Phase Space avec Steve Coleman et Dave Holland, formidable duo plein d’urbanité dans l’esprit des deux musiciens.

Dans le premier enregistrement sous son nom, A Sip of Your Touch, Riccardo Del Fra a multiplié l’expérience avec soit Art Farmer et Dave Liebman ou encore avec la chanteuse Rachel Gould.

Plus proche de nous le merveilleux Wood de Sébastien Boisseau et Matthieu Donarier.


> SCHWAB – SORO : « Schwab Soro »

> Neuklang NCD4090 / Abeille Musique (paru le 12/04/2014)

Julien Soro : saxophone alto / Raphaël Schwab : contrebasse

01. Choral de bienvenue / 02. Carre / 03. Marche vers l’avant / 04. Les gens / 05. Interlude / 06. Valse-farandole / 07. Approches / 08. Confirmation / 09. Sarabande / 10. Les gens // Enregistré aux Bauer Studios de Ludwigsburg (Allemagne) le 28 janvier 2013.

> Liens :


[1La grande formation Ping Machine ! NDR

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