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Guylaine COSSERON, chanteuse d’avant les mots

La chanteuse- vocaliste donne de la voix.

D 7 septembre 2014     H 08:13     A Jean-Louis Libois    


La chanteuse- vocaliste Guylaine Cosseron est loin d’être une inconnue pour les spectateurs bas-normands qui ont eu l’occasion, depuis la création en 2002, de découvrir son quartette “Le Jaseur de Bohème” .
Alors même que les institutions régionales bas-normandes peinent à reconnaître l’originalité de sa formation, à la tournée américano -canadienne de l’an passé, a succédé dès cet été une tournée au Japon constituée de 10 dates tandis qu’une tournée avec le comédien Denis Lavant se profile à l’horizon 2015.
Sans compter tous les autres projets que la chanteuse a dans son sac.

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Guylaine Cosseron (voix)
Photo © Christian Ducasse - 2010

DES EXPÉRIENCES ET DES PROJETS…

Jean-Louis Libois. Tout avait commencé par des études de cinéma à l’Université de Caen, non ?

Guylaine Cosseron . En effet, je pensais à cette époque plutôt travailler dans le monde du cinéma.. Et puis Il y a eu mes études dans la classe de Jazz du Conservatoire de Caen avec Richard Foy et Martial Pardo parallèlement à mes cours de chant à l’IACP donnés par Sarah Lazarus avec laquelle, j’ai appris le “scat” et mon apprentissage de la technique vocale avec Michele Hendricks. J’ajouterai enfin un stage avec Joëlle Léandre en compagnie de laquelle nous avons formé un trio il y a moins d’un mois avec Régis Huby au violon.

JLL. Et vous fondez alors votre premier groupe “Le jaseur de Bohème” ?

GC. Avant cela , je participe à la formation de la chanteuse Annette Banneville, “Les Babouches noires”. Je crée alors “Le Jaseur de Bohème” qui allie compositions originales et musiques improvisées et je contribue à la création de Bohème Express qui existe toujours. Associant musique des Balkans et jazz, le groupe est constitué d’Emmanuel Ricart aux percussions, d’Emmanuel Héraud au saxophone, de Gary Grandin à la guitare, d’Hugues Letort à la contrebasse et d’Olivier Riquart à l’accordéon. Nous préparons en ce moment la réalisation d’un clip.

JLL. En revanche “Les Grandes gueules”, c’est fini ?

G.C . J’ai quitté le groupe avec lequel nous avons enregistré “Vocal Extrem” et qui m’a surtout appris, grâce à Bruno Lecossois. Cela a été aussi l’occasion de rencontres avec des musiciens tels que Louis Sclavis, Laurent Dehors, Médéric Collignon… et de développer un vocabulaire sonore plus riche et un langage imaginaire plus libre. Pour la petite histoire, la musique du générique de fin du film « Maison de la Radio » de Nicolas Philibert est extraite de ce disque des Grandes Gueules.

…AU FIL DES RENCONTRES.

JLL. Les rencontres depuis lors se multiplient ?

GC. Disons que je ne fais plus que de la musique improvisée. Mon groupe régional demeure Bohème Express mais il est vrai que les formations se constituent au fil des rencontres…

JLL. …et elles sont nombreuses et variées ?

GC. C’est vrai que chaque rencontre débouche sur des projets . Par exemple avec le trio que je forme en 2011 avec les musiciens anglais John Russell et Phil Minton ; même s’il n’est pas très facile de trouver des dates communes compatibles avec nos emplois du temps respectifs.

Guylaine COSSERON, John RUSSELL et Phil MINTON -  voir en grand cette image
Guylaine COSSERON, John RUSSELL et Phil MINTON
© www.guylainecosseron.com

Mais pour l’instant je m’apprête , dans quelques semaines, à une série de dix dates au Japon avec mon trio RHRR avec lequel nous avions déjà joué l’an passé au Canada dans les villes de Montréal et de Toronto ainsi qu’aux Etats Unis et en particulier à New-York,. Ce trio avec Xavier Charles à la clarinette et Fréderic Blondy au piano préparé existe depuis deux ans et combine musique improvisée et musique contemporaine, un peu dans l’esprit du label ECM. 
Nous serons également à Munich en octobre. Par ailleurs, nous avons enregistré un disque au Carré bleu de Poitiers en début d’année.

JLL. Mais il y a aussi XYZZ, OP’UP…. ?

GC. XYZZ a été crée cette année avec Michel Doneda au saxophone et Toma Gouband qui joue des « pierres sonnantes » et autres instruments naturels. On essaie de retrouver des sons de la nature avec ce trio. Un disque est prévu en octobre prochain. Quant au trio OP’UP formé avec Joëlle Léandre à la contrebasse et Régis Huby au violon, il est tellement récent qu’il ne s’est pas encore produit en public... J’ai eu envie de combiner jazz , musique contemporaine et textes de poètes contemporains. On pourrait parler de « poésie sonore » à son propos.

Cécile DUVAL – Guylaine COSSERON : « Démesurrrrrément moyens » -  voir en grand cette image
Cécile DUVAL – Guylaine COSSERON : « Démesurrrrrément moyens »
Petit Label Blanc / Les Allumés du Jazz et www.petitlabel.com

À vrai dire mon premier pied dans la poésie sonore, je l’ai mis lors du festival « La voix est libre » en 2012 au théâtre des Bouffes du Nord avec la comédienne Cécile Duval et le metteur en scène –décédé depuis lors- du théâtre libertaire Alain Astruc. Mon second disque avec cet autre « trio », Démesurrrrrément moyens à a été enregistré pour le Petit Label en 2012.

AUX LIMITES DE LA MUSIQUE

JLL. Les formations se multiplient ainsi que les expériences, y compris aux limites de la musique ?

GC. C’est vrai de ma collaboration avec la danseuse-chorégraphe caennaise Sophie Quesnon qui propose une création autour du personnage Erik Satie avec les danseurs Sébastien Laurent et Yohan Alex ainsi que Sam Wats dans le rôle de Satie jeune. Cette expérience sera visible lors de « La plateforme régionale » qui présente des groupes régionaux de théâtre et danse . Cette manifestation se tiendra à la rentrée au Centre Chorégraphique National de Caen.

JLL. Sans oublier votre toute nouvelle expérimentation avec Julien Bloit, ingénieur à l’IRCAM…

GC. Il s’agit d’un duo voix et percussion en lien avec un logiciel qui réagit au son et crée des images tandis que nous sommes situés en ombre devant l’écran. Inspiré aussi bien du peintre Miro que du cinéaste Méliés, ce spectacle a été conçu pour des jeunes enfants et les bébés. Ce concert-spectacle sera présenté à Rennes à la rentrée. Nous espérons pouvoir le faire tourner ensuite dans les festivals de sciences.

JLL. Il ne faudrait pas oublier votre solo qui vaut presque comme profession de foi, « Avant les mots » qui a fait l’objet de votre premier enregistrement par Le Petit Label en 2010 .

Guylaine COSSERON : « Avant les mots » -  voir en grand cette image
Guylaine COSSERON : « Avant les mots »
Le Petit Label / Les Allumés du Jazz.

GC. C’est avec ce spectacle présenté lors du festival Musique Libre à Besançon que j’ai d’ailleurs rencontré le comédien Denis Lavant. Il m’ a ainsi proposé de collaborer avec lui à l’occasion du salon du livre de Caen en mai dernier où il était invité à lire « Les fourmis » de Boris Vian. Cette expérience commune lui ayant plu, nous avons en projet une tournée à partir des textes d’Henri Michaux pour le début janvier 2015.

Avis aux amateurs et …aux professionnels qui souhaitent contribuer à ces différents projets et qui pour ce faire peuvent s’adresser à www.guylainecosseron.com ; la responsabilité de la diffusion incombant presque exclusivement à la dynamique chanteuse, ce qui n’est une mince affaire, on l’aura deviné.

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Propos recueillis par Jean-Louis Libois (juin 2014)


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